"Une vraie amélioration de la qualité ces 20 dernières années" : les AOC des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits fêtent leurs 60 ans

Publié le
Écrit par Lisa Guyenne

Longtemps éclipsées par les grands crus de Côte-d'Or, les appellations des Hautes-Côtes de Nuits et de Beaune ont fini par gagner leurs lettres de noblesse en Bourgogne. Ces AOC étaient célébrées, ce dimanche, pour leurs 60 ans.

Vivez le Festival Interceltique : Le Festival Interceltique de Lorient 2022

Avant 1961, "les Hautes-Côtes étaient déjà des grands vins mais moins reconnus qu'aujourd'hui", explique Manuel Olivier, vigneron à Nuits-Saint-Georges. Ce dimanche 24 juillet, il était l'un des ambassadeurs des 60 ans des Appellations d'origine contrôlée Hautes-Côtes de Nuits et de Beaune (officiellement, la date anniversaire était l'an dernier, mais les festivités ont été annulées à cause du covid). Deux appellations, pour des vins qui sont longtemps restés à l'ombre de leurs cousins des basses côtes, plus prestigieux.

Une montée en gamme depuis l'obtention de l'AOP

Les Hautes-Côtes, ce sont 1600 hectares de vignes réparties sur les hauteurs de 40 communes allant de Gevrey-Chambertin à la Saône-et-Loire, entre 320 et 450 mètres d'altitude. "Il y a toujours eu des vignes, mais il y a 200 ans, on avait à peu près une fois et demi la surface de vigne d'aujourd'hui", détaille Manuel Olivier. Le phylloxéra, ce champignon dévastateur pour le raisin, est passé par là. "Fin 1800, il y avait environ 5000 hectares de vignes sur les Hautes-Côtes. On a perdu 80% de la surface à cause du phylloxéra." Puis, année après année, les vignes ont été replantées.

En 1961, les Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits obtiennent leur appellation. "Ce décret a amené des règles et a conduit les Hautes-Côtes à aller de plus en plus vers la qualité", indique Manuel Olivier.

"Les 20 dernières années ont vu une vraie amélioration de la qualité de ces vins."

Manuel Olivier, vigneron à Nuits-Saint-Georges

Les raisons du succès

Plusieurs critères expliquent cette montée en popularité, selon Nicolas Thévenot, viticulteur à Marey-lès-Fussey et président du syndicat des Hautes-Côtes. "D'abord, un rapport qualité-prix imbattable sur les vins de Bourgogne et plus particulièrement de Côte-d'Or. Ensuite, une qualité qui s'est accrue. Et aussi parce que dernièrement, on a des années plus chaudes, et c'est plutôt bénéfique au raisin des Hautes-Côtes, même si par ailleurs, c'est un phénomène très inquiétant."

"L'avenir des vins des Hautes-Côtes est plutôt radieux"

Nicolas Thévenot, viticulteur à Marey-lès-Fussey

"Les Hautes-Côtes combinent à la fois le plaisir, car accessibles par leur prix et leur dégustation - ils sont plutôt frais, avec de la rondeur et du fruit - et le prestige, car on est sur de l'élevage bourguignon, en fût de chêne."

► Des animations et des visites guidées du vignoble des Hautes-Côtes étaient organisées toute la journée de ce dimanche, à la Karrière de Villars-Fontaine.