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Bitcoin : qui est le Bourguignon Mark Karpelès, né à Chenôve, qui risque 10 ans de prison au Japon ?

Mark Karpeles est accusé d’abus de confiance découlant de manipulation de données informatiques dans le cadre de la faillite de la plateforme d'échange de bitcoin MtGox.
Mark Karpeles est accusé d’abus de confiance découlant de manipulation de données informatiques dans le cadre de la faillite de la plateforme d'échange de bitcoin MtGox.

Mark Karpelès est né et a grandi dans l’agglomération de Dijon. Celui qui est décrit comme un génie de l’informatique est poursuivi par la justice japonaise pour la faillite de la plateforme d'échange de bitcoin MtGox.
 

Par avec AFP

Un enfant surdoué qui n'aimait pas l'école


Mark Karpelès a 33 ans. Il a vu le jour à Chenôve, dans la banlieue de Dijon.

Sa mère se souvient qu’il n'aimait pas l'école. En revanche, il se passionnait pour l'ordinateur et les dinosaures en pixels qu'elle lui créait. "Enfant, il n'arrivait pas à trouver un copain qui puisse parler comme lui d'informatique, de physique quantique", dit-elle dans un documentaire tourné en 2017.

Mark Karpelès a lui aussi raconté dans une émission de Canal+ consacrée aux accros des PC qu’il passait des journées entières rivé devant son écran à ingurgiter n'importe quoi.

En 2005, Mark Karpelès découvre le Japon lors d’un bref séjour. Il se dit séduit par la  qualité de vie de ce pays et le fait qu'il s'y sente en sécurité.
De retour en France, il se fâche avec son employeur, la société Linux Cyberjoueur. Celle-ci porte plainte contre lui. Absent du territoire français, le Bourguignon écope d'un an d'emprisonnement avec sursis pour "accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données" et "modification frauduleuse de données".
 
Mark Karpeles au tribunal de Tokyo mardi 18 juillet 2017.
Mark Karpeles au tribunal de Tokyo mardi 18 juillet 2017.

 

Mark Karpelès a-t-il été victime d’un piratage ?


Mark Karpelès vit au Japon depuis 2009. Il y a créé une société, à qui il a donné le nom de son chat, Tibanne.

En 2011, il achète une société appelée MtGox, dont l'acronyme signifie "Magic : The Gathering Online eXchange".
Il s’agit d’une plateforme d'échange de cartes "Magic" très prisées des "otaku" (les personnes qui consacrent tout leur temps à des activités d'intérieur comme l'informatique, les mangas ou les jeux vidéo).

Sous le pseudonyme "Magical tux" ("Pingouin magique"), Mark Karpelès fait grossir cette petite entreprise qu'il transforme en Bourse de bitcoin. Le bitcoin est ce qu’on appelle une cryptomonnaie", qui permet d’effectuer des paiements en ligne directement. d'un tiers à un autre sans passer par une institution financière.

MtGox était la principale Bourse de bitcoin, avec 80% des transactions mondiales de cette monnaie virtuelle. Mais la disparition soudaine de 650 000 bitcoins a mis l'entreprise à terre. Mark Karpelès assure avoir été victime d’un piratage.

En août 2015, après plus d'un an d'enquête, l’informaticien est emprisonné. Un an plus tard, il est libéré sous caution. Depuis, il attend que tombe le verdict du tribunal prévu vendredi 15 mars 2019.




 
MtGox, une plateforme d'échanges de bitcoins (une monnaie virtuelle), était installée à Tokyo.
MtGox, une plateforme d'échanges de bitcoins (une monnaie virtuelle), était installée à Tokyo.

 

"Je jure devant Dieu que je ne suis pas coupable"



Mark Karpelès est accusé d’abus de confiance découlant de manipulation de données informatiques et de détournement de fonds commerciaux "dans le but de couvrir des frais personnels, avec manquement aux obligations découlant de sa charge", selon l'acte d'accusation. La somme qui a disparu s’élève à 341 millions de yens (2,7 millions d'euros).

Le parquet dit avoir les preuves d'un usage illicite d'argent via un jeu complexe de virements bancaires. "La façon dont M. Karpelès a procédé est extrêmement vicieuse et il a totalement anéanti la confiance dans la Bourse d'échanges", a déclaré le procureur au tribunal en requérant 10 ans de prison contre le jeune loup de l'internet.

"Je jure devant Dieu que je ne suis pas coupable", a plaidé le natif de Chenôve lors de la première audience, en juillet 2017.
Mais, il doute d'avoir totalement convaincu ses juges. "Ce que je peux espérer, c'est une condamnation légère qui m'évitera de retourner en détention et de faire des travaux forcés", a confié Mark Karpelès au quotidien Les Echos paru mercredi 13 mars 2019.

S'il est jugé coupable le 15 mars, Mark Karpelès pourra faire appel et rester en liberté en attendant une nouvelle décision.

 

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