Affaire Grégory : les avocats de Murielle Bolle veulent faire annuler sa mise en examen

Murielle Bolle en 1993 au tribunal de Dijon pour le procès de Jean-Marie Villemin, jugé à l'époque pour le meurtre de Bernard Laroche. Celui-ci, assassiné en 1985, était le cousin de Jean-Marie et beau-frère de Murielle Bolle. / © Vincent Lesage/MAXPPP
Murielle Bolle en 1993 au tribunal de Dijon pour le procès de Jean-Marie Villemin, jugé à l'époque pour le meurtre de Bernard Laroche. Celui-ci, assassiné en 1985, était le cousin de Jean-Marie et beau-frère de Murielle Bolle. / © Vincent Lesage/MAXPPP

Murielle Bolle, témoin clé dans le meurtre du petit Grégory, a été placée sous contrôle judiciaire dans la Nièvre depuis cet été. Ses avocats vont déposer une requête en nullité de sa mise en examen pour enlèvement.

Par Beatrice de Lavergne

La mise en examen de Murielle Bolle est-elle "irrégulière" ?

Murielle Bolle est aujourd’hui âgée de 48 ans. Il y a 32 ans, alors qu’elle était adolescente, elle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche du rapt du petit Grégory Villemin, retrouvé mort dans la Vologne en 1984. Elle s’était ensuite rétractée.

Lors d’un énième rebondissement pour tenter de résoudre cette affaire, Murielle Bolle a été mise en examen pour enlèvement suivi de mort et placée en détention le 29 juin 2017. Puis le 4 août, elle a été libérée et placée sous contrôle judiciaire strict dans la Nièvre.

Sa mise en examen "est irrégulière" en raison notamment "de l'absence d'indices graves et concordants", estime Jean-Paul Teissonnière, un de ses avocats. Selon lui, il n'y a pas de charges nouvelles à l'encontre de sa cliente, déjà suspectée dans le passé. Cette requête sera examinée par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon, dont la présidente Claire Barbier instruit l'affaire.

L'arrivée de Muriel Bolle à la cour d'appel de Dijon le 28/07/2017
L'arrivée de Muriel Bolle à la cour d'appel de Dijon le 28/07/2017

Que veulent obtenir les avocats de Murielle Bolle ?


Les conseils de Murielle Bolle comptent aussi demander "l'annulation de la garde à vue des 2 et 3 novembre 1984 (lors de laquelle elle avait incriminé Bernard Laroche) et de tous les actes qui en sont la conséquence",  préciseMe Jean-Paul Teissonnière.

Ils invoqueront également la nullité des "actes illicites réintroduits en fraude dans le dossier par le président Simon", magistrat instructeur de 1987 à 1990, a ajouté le conseil, qui envisage un pourvoi en cassation en cas de rejet.

Selon l'accusation, la jeune fille de 15 ans était bel et bien présente lors de l'enlèvement de Grégory et son revirement s'explique par des violences familiales subies à l'époque.



Les époux Jacob, aujourd'hui septuagénaires, sont quant à eux soupçonnés d'avoir été les "corbeaux" de l'affaire Grégory et d'avoir fomenté le rapt de l'enfant dans le cadre d'un "acte collectif". 

Le grand-oncle du petit Grégory, Marcel Jacob, dont la mise en examen avec sa femme Jacqueline, mi-juin, avait relancé cette affaire vieille de près de 33 ans, a demandé de son côté une révision de son contrôle judiciaire. Cette demande sera examinée le 25 octobre par la chambre de l'instruction de Dijon, a indiqué son avocat, Me Stéphane Giuranna.

D'abord placé en détention, le couple accusé d'enlèvement et séquestration suivis de mort avait été remis en liberté quelques jours plus tard sous contrôle judiciaire strict, avec obligation de résider séparément.

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