Affaire Grégory : Murielle Bolle reste en prison

Jean-Paul Teissonnière, l'avocat de Murielle Bolle, devant la presse à Dijon le 29 juin 2017. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP
Jean-Paul Teissonnière, l'avocat de Murielle Bolle, devant la presse à Dijon le 29 juin 2017. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP

Murielle Bolle - témoin clé de l'affaire du petit Grégory tué il y a  32 ans - restera en prison. C'est ce que vient de décider la  chambre de l'instruction de Dijon réunie ce mardi 4 juillet 2017. Pour combien de temps ?

Par B.L.

Murielle Bolle avait pris "une sacrée volée"

En 1984, on avait retrouvé le corps du petit Grégory Villemin pieds et poings liés dans la rivière la Vologne, dans les Vosges.

Murielle Bolle, qui avait 15 ans à l'époque, avait accusé son beau-frère Bernard Laroche du rapt de l'enfant. Puis, elle s’était brusquement rétractée. Pourquoi ? C'est ce que les enquêteurs veulent savoir. La piste d'un crime "collectif" est étudiée de près.

Murielle Bolle aurait "subi des pressions" après l'inculpation de Bernard Laroche. Le procureur général avait évoqué la semaine dernière un "témoignage récent" et "très précis" d'un "parent" affirmant avoir "vraiment vu ce qui s'est passé" le soir du 5 novembre 1984.

Cet homme de 54 ans, qui se présente comme un cousin germain de Murielle Bolle, a répété mardi au quotidien Le Parisien qu'elle avait pris "une sacrée volée" ce soir-là. Dans le dossier judiciaire, d'autres témoins indiquaient depuis longtemps que Murielle aurait été "malmenée". Mais celui qui s'est exprimé au lendemain de la mise en cause des Jacob ne figurait nulle part.

Trois décennies après cette volte-face, l'accusation veut démêler le vrai du faux dans les déclarations de Murielle Bolle pour tenter de résoudre l'une des plus grandes énigmes judiciaires en France. Une analyse scientifique du dossier a permis de déceler de nouvelles incohérences.

 



Murielle Bolle a été "malmenée" en prison

L’avocat de Murielle Bolle avait demandé un contrôle judiciaire strict, comme celui qui a été accordé il y a quelques jours aux époux Jacob, le grand-oncle et la grand-tante de Grégory.
Selon maitre Jean-Paul Teissonnière les conditions de détention de Murielle Bolle sont difficiles. "Elle a été malmenée par ses co-détenues", dit-il.

Mais, la chambre de l'instruction de Dijon a décidé de maintenir Murielle Bolle en détention. 
"Murielle Bolle est maintenue en détention, la présidente (de la chambre de l'instruction, ndlr) ayant précisé que l'intention de la cour n'était pas de la garder longtemps", a déclaré Jean-Paul Teissonnière.
"Le problème qui n'a pas pu être surmonté, c'est la question de l'hébergement". "Notre objectif dans les semaines qui viennent, le plus rapidement possible, c'est de trouver une proposition qui convienne à la cour et nous ferons à ce moment-là une nouvelle demande de remise en liberté", a précisé l'avocat de Murielle Bolle. 



La décision de la cour est "tout à fait appropriée" car "il s'agit d'éviter les risques de pression sur les témoins et le danger de concertation frauduleuse entre les co-mis en examen", estime pour sa part maître Thierry Moser, avocat des parents de Grégory.

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