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Agressions contre les pompiers : la Bourgogne-Franche-Comté parmi les régions les plus touchées

Un camion de pompiers du Doubs dénonce les agressions avec cette inscription à la peinture : "On n'est pas des cibles". / © France 3
Un camion de pompiers du Doubs dénonce les agressions avec cette inscription à la peinture : "On n'est pas des cibles". / © France 3

Les pompiers sont de plus en plus pris à partie par les personnes qu’ils viennent secourir. Le nombre de sapeurs-pompiers agressés est particulièrement élevé en Bourgogne-Franche-Comté. Témoignages en Côte-d'Or.
 

Par avec AFP

Des personnes en détresse sociale, d’autres qui consomment de la drogue ou de l’alcool, d’autres encore qui sont en rébellion contre l’autorité…
Voilà le profil de ceux qui agressent les pompiers venus leur porter secours.

Le nombre d'agressions déclarées par les pompiers en intervention ne cesse d’augmenter : +17,6% en 2016 et + 23% en 2017 indique l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) du ministère de l'Intérieur mercredi 19 décembre 2018.

En 2017, 2 813 pompiers ont été victimes d’agression en France (soit en moyenne 6 pompiers agressés pour 10 000 interventions).

Le nombre de sapeurs-pompiers agressés pour 10 000 interventions a été le plus élevé en Nouvelle-Aquitaine (14), en Bourgogne-Franche-Comté (13), dans le Grand Est (9) et les Hauts-de-France (8).

L’année 2018 suit la même tendance.


 
 

"Des gens insatisfaits, aux comportement de consommateurs"


Ces hausses "reflètent ce que l'on perçoit dans les interventions à travers le territoire. On est moins respectés lors des opérations de secours, avec des gens insatisfaits, aux comportement de consommateurs, des réactions épidermiques très fortes", explique Eric Florès, directeur de la communication de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF).

Les pompiers sont souvent le dernier recours face à la détresse humaine ou aux "pétages de plombs" : 84% de leurs interventions sont des secours à la personne, à la ville comme à la campagne.

Les agressions n'augmentent pas nécessairement dans les quartiers urbains sensibles "où on sait faire, on intervient si nécessaire avec des forces de l'ordre".

Les agresseurs sont soit les personnes qu'ils viennent secourir, soit leurs proches, soit des témoins qui passaient par là.
"Des gens qui se rebellent ou veulent en découdre avec les pompiers et s'en prennent à eux physiquement ou verbalement", ajoute le capitaine Guillaume Fresse, de la BSPP (Brigade de sapeurs-pompiers de Paris). Certains incidents ont eu lieu récemment avec des "gilets jaunes" postés à des carrefours ou des péages.

En septembre 2018, pour la première fois depuis près de 10 ans, un pompier est mort poignardé par la personne qu'il était venu secourir dans le Val-de-Marne.

Revoir le reportage France 3 d'Anne Berger et Damien Rabeisen, avec 

  • Matthieu Brégand​​​​​​, sapeur-pompier professionnel
  • Lieutenant-colonel Olivier Roy; officier de communication du SDIS 21
  • Paul Herman, sapeur de 2ème classe


Paroles de pompiers de Côte-d’Or


« Les chiffres sont à relativiser. Certains agents évoquent par oral des agressions physiques ou verbales, mais n’osent pas les déclarer ».

« Ca ne se limite plus aux aux quartiers identifiés comme à risques. Ca peut arriver en milieu rural, là où nous connaissons personnellement les habitants auxquels nous portons secours ».

« Le paradoxe, c’est que nous sommes le service public préféré des français »

« Les formations apprennent maintenant comment gérer des personnes agressives, parce qu’elles sont en urgence sociale ».

« On a le sentiment que les secours, ce n’est pas un droit, mais un dû ».

« Il m’est arrivé d’intervenir pour une ouverture de porte. La personne qui était derrière a fait traverser un sabre. Heureusement, il n’y a pas eu de blessé ».  

« Au centre de traitement des alertes, nous sommes prévenus des cas sensibles, comme lorsqu’il s’agit d’interpellations ».

« Des collègues ont vu leur véhicule caillassé. Nous voyons les traces des projectiles sur la carrosserie. Cette fois-ci, il n’y a eu que des dégradations matérielles ».
 

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