Centre 15 de Dijon : Vive tension chez les urgentistes du CHU de Dijon

Le service des Urgences du CHU de Dijon / © NZ / France 3 Bourgogne
Le service des Urgences du CHU de Dijon / © NZ / France 3 Bourgogne

Du côté du CHU, officiellement on se félicite du transfert des appels du centre 15 de la Nièvre sur celui de Dijon : l'opération est présentée comme un succès. Mais au Centre Hospitalier Régional Universitaire les médecins urgentistes sont en grève illimitée depuis le 1er Octobre. 

Par Caroline Jouret

Les urgentistes du C.H.R.U. de Dijon, n'en peuvent plus. Ils sont surchargés de travail, ils le disent, mais ils ont le sentiment de n'être pas entendus. Les appels ne cessent d'affluer au SAMU-Centre 15 et l'Accueil des Urgences est à la limite de la saturation, engorgé de patients jour et nuit. 

Annoncé et préparé depuis longtemps, le transfert d'appels du Centre 15 de la Nièvre sur celui de Dijon est devenu effectif le 2 octobre. Dans un communiqué, la direction du C.H.R.U. se félicite du succès de cette opération, "fruit d’un travail collaboratif et d’une mobilisation exemplaire des équipes du SAMU 21 de près de douze mois". Elle souligne que "ce transfert participe à garantir un service public de médecine d’urgence de qualité et sécurisé en tous points du territoire de la Bourgogne-Franche-Comté."

Une satisfaction que ne partagent pas les médecins urgentistes du C.H.R.U. Le transfert d'appels du Centre 15 de la Nièvre au centre de réception et de régulations des appels du C.H.R.U. de Dijon devrait, selon leurs estimations, se traduire par un surcroît d'activité de 30% alors qu'il manque du personnel médical.

La veille du transfert d'appels, ils ont déclenché un mouvement de grève et ils se tournent vers les élus pour tenter de faire bouger les choses en leur faveur. Une lettre ouverte a été adressée à François Patriat, sénateur de la Côte d'Or et président du groupe L.R.E.M. au Sénat, et une délégation de médecins urgentistes a été reçue par le maire de Dijon, Président du Conseil de Surveillance de l’hôpital afin de l’informer en détail sur la réalité de la situation.

L'association des médecins urgentistes de France (A.M.U.F.) s’est jointe au mouvement aux côté de la C.G.T. : Elle demande l’arrêt du projet de suppression d’une ligne de garde de nuit début novembre. La direction du C.H.R.U. a en effet décidé de réduire d'un tiers le personnel médical seniors aux urgences entre minuit et 8h. Cela va créer un embouteillage aux urgences avec des délais d'attente de plusieurs heures alors qu'en cette saison, il faut déjà s'attendre à la réapparition de virus avec des pics d'épidémie et leur cortèges de patients aux urgences du C.H.U.

Les médecins urgentistes pointent aussi le sous-effectifs chronique dans le service qui compte des postes de titulaires non remplacés, mais aussi 4 temps pleins non pourvus à la régulation suite au transfert du centre 15 de la Nièvre, ce qui augmente parfois le délai d’attente pour délivrer l’avis médical.

Enfin, selon l'A.M.U.F. et la C.G.T., la direction du C.H.R.U. multiplie le nombre de tentatives pour briser la grève : assignations abusives et non réglementaires. Elle fait part également de menaces, de pressions, et d'intimidations à l’encontre du personnel gréviste. Elle aurait refusé de négocier avec l’organisation dépositaire du préavis de grève. Cependant le mouvement de grève est très suivi par les praticiens du service.

Lundi 1er octobre, une proposition faite par la direction a été rejetée par une large majorité de grévistes en assemblée générale, car elle ne tenait pas compte du manque d’effectif médical et proposait le  « gel » de la décision de suppression de la 3ème ligne.de garde.





 

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