Coronavirus Covid-19 : "Il y aura un vide après la crise" - une cellule d'écoute mise en place

Le CHU de Dijon et le Centre Hospitalier La Chartreuse collaborent dans la gestion de crise pour faire face à la pandémie de Covid-19. Une plateforme téléphonique de soutien psychologique a été mise en place.
 

A Dijon, le CHU et le Centre Hospitalier La Chartreuse collaborent dans la mise en place d'une plateforme téléphonique de soutien psychologique. Au bout du fil, une vingtaine de psychologues qui sont là pour répondre à tout le monde (usagers, soignants, patients) pour surmonter les conséquences psychologiques de cette crise sanitaire.
A Dijon, le CHU et le Centre Hospitalier La Chartreuse collaborent dans la mise en place d'une plateforme téléphonique de soutien psychologique. Au bout du fil, une vingtaine de psychologues qui sont là pour répondre à tout le monde (usagers, soignants, patients) pour surmonter les conséquences psychologiques de cette crise sanitaire. © Bruno Levesque / MAXPPP
Elle est active depuis le lundi 23 mars dernier. La plateforme téléphonique compte déjà de nombreux appels. Un "succès" qui témoigne de la nécessité des usagers d’avoir des interlocuteurs pour répondre à leurs besoins psychologiques, en cette période difficile.

Cette ligne est joignable du lundi au vendredi, de 8h à 18h, au 03.80.42.48.05. Les psychologues de la plateforme d’écoute et de soutien psychologique seront joignables les 1er et 8 mai entre 8h et 18h.

La supervision de cette plateforme est assurée par le Docteur Pierre BESSE (Président par intérim de la Communauté Médicale du Centre Hospitalier La Chartreuse) et le Professeur Irène FRANCOIS-RUSSEL (Référente Régionale de la Cellule d’Urgence Médico Psychologique Bourgogne-Franche-Comté est Coordonateur du Centre Référent Régional du Psychotraumatisme de Bourgogne-Franche-Comté).

Une écoute pour tous


L’objectif est d’"offrir à la population une écoute libre" et de répondre à des questions concernant toutes les conséquences liées au confinement, aux craintes, aux inquiétudes et à toutes les questions pratiques concernant la famille ou les enfants. 

Cette ligne est aussi ouverte aux patients suivis dans les services de psychiatrie. Le Docteur BESSE rappelle que les CMP (Centres Médico-Psychologiques) n’ont pas fermés et que des permanences téléphoniques sont assurées, avec toujours la possibilité d’être orienté ou de répondre à toutes les formes d’anxiété. 

La cellule d’aide est composée d’une vingtaine de volontaires, tous psychologues. "Des agents aguerris, professionnels, qui ont l’habitude de travailler sur ces problématiques et qui ont une grande expérience de l’écoute" rassure le Docteur BESSE

"Nous ne nous substituons pas aux différentes cellules déjà mises en place sur l’épidémie." rappelle le Docteur BESSE. Au bout du fil, les psychologues peuvent répondre à des questions concernant le Covid-19, tout en réorientant les usagers vers les services plus adéquats. 

Le Professeur FRANCOIS-PURSELL assure la formation des agents. "Les psychologues sont d’ordinaire formés à des entretiens thérapeutiques. Mais dans ce cadre-là, ils font plutôt une évaluation de l’état psychique des personnes. Les entretiens sont davantage ciblés sur la souffrance du moment." L’idée est de travailler sur le vécu de cette crise, du confinement, en mettant tout en place pour mieux vivre la période
Les psychologues de la plateforme sont coordonnés par des médecins et des psychiatres. 

« Ça va changer la vie de chacun »


Ce travail permet aussi de préparer l’après Covid-19. Le Docteur BESSE et le Professeur FRANCOIS-PURSELL anticipent les conséquences de cette période.

Tout le monde ne sera pas concerné, bien évidemment. Mais il y a des personnes pour qui ce sera plus difficile. Ca va changer la vie de chacun. Chacun va se construire sa propre histoire.  


Le confinement prononcé en réaction à l’épidémie du coronavirus marquera une forme "de rupture" selon les professionnels de la santé mentale. Même si tout le monde sera très content de pouvoir sortir de nouveau, il pourra y avoir une forme de vide qui s’installera. 

Par exemple, l’annulation des JO à Tokyo était un moment collectif, qui aurait permis à beaucoup de se rassembler. De plus en plus de manifestations sont annulées et laisseront un espace vide dans le quotidien des personnes une fois que la crise sera terminée.


Et puis il y aura aussi les endeuillés. Ceux qui ont perdu ou qui vont perdre des proches devront être accompagnés. "Il y aura peut-être une forme de culpabilité. De ne pas avoir pu être assez présent par exemple."

« Les soignants vont avoir besoin de soutien »


Evidemment, tous les personnels soignants peuvent aussi joindre cette plateforme téléphonique. "Tous les soignants, du professeur qui encadre le service jusqu’à l’ASH, en passant par les cuisiniers et les infirmières."

En première ligne dans cette crise sanitaire, "il est important qu’ils puissent témoigner de leurs difficultés et être rassurés." Mais il est important d’anticiper chez eux aussi la période post-coronavirus.

Ils sont épuisés mais ne veulent pas lâcher. Ils ne le peuvent pas. Ils vivent des choses extrêmement fortes et ils doivent sauver des vies.
- Professeur Irène FRANCOIS-RUSSEL

   

Les autres dispositifs sont toujours valables


"Cette plateforme téléphonique ne se substitue pas aux autres numéros d’appel existants, notamment les numéros verts en place au niveau national et sur la ville de Dijon."
Les proches et aidants des personnes concernées par un trouble psychique peuvent contacter l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques Côte-d’Or au 03 80 49 78 45, 7 jours sur 7 de 8h à 20h

Au niveau national, le numéro vert qui répond aux questions sur le coronavirus Covid-19 est le suivant : 0 800 130 000


 
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