Coronavirus Covid-19 : le monde du spectacle vivant très inquiet face aux annulations en série

Le cellier de Clairvaux à Dijon, où se déroule le Festival Italiart / © FTV François Latour
Le cellier de Clairvaux à Dijon, où se déroule le Festival Italiart / © FTV François Latour

Depuis que l'interdiction de rassemblement de plus de 1000 personnes a été mise en place dimanche 8 mars, les annulations ou reports de spectacles et concerts se multiplient dans la région. Une situation qui inquiète les professionnels du spectacle.

Par François Latour

Le monde du spectacle vivant est en émoi, depuis que l'interdiction des rassemblements de plus de 1000 personnes a été décidée. Les artistes, comédiens, techniciens sont dans l'angoisse d'annulations probables de spectacles et de représentations.

Un festival d'art italien à Dijon qui résiste : Italiart

Du 2 au 31 mars se déroule le 14ème festival Italiart à Dijon: théâtre, expositions, performances, musique... ce festival fait résonner l'Italie sous toutes les formes artistiques.
Vincenzo Cirillo, est metteur en scène et comédien. Il produit plusieurs pièces de théâtre qui sont au programme du festival.
Selon Vincenzo, "il faut remercier les dijonnais", car pour le moment, le public dijonnais a répondu à l'appel, et les premières journées du festival ont rencontré un vif succès.
Alors, à la question "est-ce une double peine que d'être artiste italien de spectacle vivant ?", Vincenzo est très solidaire du monde du spectacle, à la fois en Italie et en France.
Coronavirus Covid-19 : le monde du spectacle vivant très inquiet

De même, Andrea Guidotti est musicien, saxophoniste, dans le groupe "Clan'destin trio". Ce saxophoniste et clarinettiste participe aussi au Festival Italiart. Pour lui, le monde du spectacle est économiquement en danger.
Coronavirus Covid-19 : le spectacle vivant inquiet face aux annulations de spectacles
 

Les associations et syndicats de spectacle vivant sur le pont

Les syndicats de spectacle vivant sont en alerte depuis la recrudescence d'annulations de représentations et de spectacles.
Pour certains, c'est un état d'urgence qui est décrété. Par exemple, le Syndicat des Cirques et Compagnies de Création (SCC) a lancé un formulaire pour recenser les annulations rencontrées par les compagnies. 
Ils souhaitent ainsi chiffrer le préjudice subi pour les annulations.
Le Syndicat du cirque et des compagnies de création lance un recensement des annulations de représentations, pour quantifier les pertes des compagnies / © SCC
Le Syndicat du cirque et des compagnies de création lance un recensement des annulations de représentations, pour quantifier les pertes des compagnies / © SCC

Côté patronat, c'est aussi une situation de crise. Ainsi, pour le syndicat national du spectacle et de la variété, le Prodiss, qui regroupe producteurs et promoteurs de spectacles de musique et variétés (environ 90% des spectacles), c'est aussi une situation inédite.
En France, le spectacle musical et de variété organise chaque année 65 000 représentations auxquelles assistent 30 millions de spectateurs, en employant près de 120 000 personnes.
C'est un secteur peu subventionné, qui est composé essentiellement de TPE/PME et de microentreprises.
Concernant les grands spectacles (salles de plus de 5000 personnes), cela représente un peu plus de 90 salles dans la période allant de mars à juin 2020. Ces grands spectacles, essentiels à toute l’économie du secteur, sont annulés ou reportés, au cas par cas.

Baisse des ventes

Le secteur connait une baisse des ventes supérieure à la période de 2015 (post-attentats) :  selon le Prodiss, "les remontées de nos producteurs font état de baisses qui atteignent 50% par rapport à la même période l’an dernier. Cette chute est supérieure à celle des attentats de 2015."
Un "effet cascade" est redouté par le Prodiss, selon le syndicat, cette crise aura des effets sur :
- les revenus des artistes qui proviennent essentiellement de la scène ;
- la partie de la taxe fiscale prélevée sur la billetterie des spectacles, qui aide annuellement à soutenir les artistes en développement, et le nouveau Centre National de la Musique (CNM) ;
- les tournées internationales d’artistes français.


L'association "Tous pour la musique" a publié un communiqué ce mercredi 11 mars, en rapport avec l'interdiction de rassemblement de plus de 1000 personnes.
Ainsi, l'ensemble des professionnels de la musique et du spectacle font part de leur profonde inquiétude : "...les effets sont aujourd’hui dévastateurs pour des dizaines de milliers de professionnels en France : les artistes, les festivals, les producteurs de spectacles, les entrepreneurs de tournées, les auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, les techniciens, les salles de concerts, les producteurs phonographiques, les manageurs, les prestataires techniques, les professionnels de la facture instrumentale et plus largement l’ensemble des personnes dont les revenus dépendent de la scène, de la création et de la diffusion d’œuvres musicales.
L’association Tous Pour la Musique appelle à une aide économique et financière exceptionnelle des pouvoirs publics pour les professionnels du spectacle vivant dont les revenus et les emplois sont lourdement menacés : il est urgent de renforcer les dispositifs de soutien aux entreprises, d’indemniser les salariés se retrouvant sans salaire et d’adapter temporairement les règles d’indemnisation chômage des intermittents du spectacle."
 

Le plus difficile à gérer demeure l'organisation des annulations de spectacles, où 400 entrepreneurs (producteurs, promoteurs, opérateurs de spectacles) font la même chose au même moment : trouver des salles disponibles d'ici juin, en espérant que l'épidémie ne soit plus aussi contraignante qu'actuellement.


 

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