Covid-19 : "L'heure n'est pas au relâchement", prévient le préfet de Bourgogne-Franche-Comté

Alors que les commerces jugés non-essentiels peuvent rouvrir dès samedi 28 novembre, le préfet de région, le directeur de l'ARS et les recteurs des académies de Dijon et Besançon ont fait un point sur la situation de l'épidémie de Covid-19 dans notre région. Voici ce que l'on peut en retenir.
Les autorités ont tenu une conférence de presse ce vendredi 27 novembre pour faire un point sur l'épidémie de Covid-19 dans la région.
Les autorités ont tenu une conférence de presse ce vendredi 27 novembre pour faire un point sur l'épidémie de Covid-19 dans la région. © Préfecture de Côte-d'Or
Samedi 28 novembre sonne pour certains comme un déconfinement avec la réouverture des commerces non-essentiels et les sorties autorisées plus loin et plus longtemps. "Si la pression épidémique diminue, je crois qu'il faut bien avoir en tête qu'elle reste forte. Le virus tue toujours beaucoup trop, la situation est fragile", a tempéré le préfet de Côte-d'Or et de la région Bourgogne-Franche-Comté Fabien Sudry à l'occasion d'une conférence de presse par téléphone ce vendredi 27 novembre.

"Il est bien prématuré de parler de déconfinement, nous n'en sommes pas là, a-t-il poursuivi. Il ne faut pas baisser la garde. Rien ne serait pire que de le faire, au contraire, alors que nous commençons à avoir quelques résultats il faut vraiment poursuivre dans la durée."
 

Le confinement a produit la preuve de son efficacité. Il a permis de freiner sensiblement la circulation du virus […] L'heure n'est pas au relâchement, mais toujours à la vigilance et à la responsabilité

Fabien Sudry, préfet de la Côte-d'Or et de la région Bourgogne-Franche-Comté



Après avoir détaillé le protocole en vigueur pour une ouverture en sécurité des commerces, il a annoncé autoriser exceptionnellement en Côte-d'Or "l'ouverture des commerces de détail ce dimanche et les quatre dimanches du mois de décembre, pour permettre à la fois un élargissement des plages de fréquentation et aussi faciliter l'activité de nos commerces".

Le préfet de Saône-et-Loire, Julien Charles, a annoncé dans un communiqué la prise d'un arrêté similaire dans son département.
   

"La situation est ici encore plus fragile qu'ailleurs"

Les chiffres de circulation du Covid-19 sont à la baisse dans notre région depuis le début du mois de novembre. "Le taux d'incidence, donc le nombre de nouvelles contaminations rapporté à la population, est un peu au-dessus de 200 pour 100 000 habitants selon les derniers chiffres de Santé publique France. C'est 120 points de moins que la semaine dernière", a rappelé Pierre Pribile, le directeur général de l'Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté. 
 

"Même chose que le taux de positivité des tests, on est à un peu plus de 15%, près de trois points de moins que la semaine précédente. Pour autant, cela reste une circulation virale très élevée. Donc il faut à la fois se réjouir de cette amélioration mais ne pas perdre de vue que le virus circule encore de manière très intense dans notre région."
 

Mais pour les personnes âgées de plus de 65 ans, les plus fragiles face au virus, les chiffres de dépistage sont toujours mauvais. "Malheureusement, on continue à observer dans notre région une incidence supérieure parmi la population des personnes de plus de 65 ans à ce qu'elle est dans la population générale, a expliqué Pierre Pribile. Elle est autour de 250, soit 50 points de plus."

Alors que les commerces vont rouvrir leurs portes samedi, le directeur général de l'ARS appelle chacun à la prudence. "Il faut bien comprendre qu'à partir de demain [samedi] les habitants de la région vont bénéficier des mêmes allègements des mesures de confinement qu'ailleurs, alors que la situation est ici encore plus fragile qu'ailleurs. Ça nous oblige à être tous encore plus vigilants et plus rigoureux qu'ailleurs dans le respect des mesures en vigueur et des gestes barrières."
 

Il est beaucoup trop tôt pour crier victoire face à cette deuxième vague.

Pierre Pribile, directeur général de l'Agence régionale de santé


Concernant la situation à l'hôpital, le nombre d'hospitalisations simultanées "a atteint un plateau assez élevé depuis maintenant une dizaine de jours, depuis le 16 novembre. On est autour de 1600 patients, dont à peu près 250 en réanimation. Ce plateau commence à s'incliner à la baisse."

"Nous n'avons plus besoin de faire depuis de nombreux jours maintenant de transferts de patients de médecine. Nous en avons fait beaucoup pendant cette deuxième vague. 219 exactement, essentiellement depuis la Saône-et-Loire et le Jura. Nous poursuivons les transferts de patients en réanimation."

 
 

Peu de cas de Covid-19 dans les écoles

Le recteur de l'académie de Besançon, Jean-François Chanet, a ensuite fait le point sur la situation épidémique dans les écoles, collèges et lycées des quatre départements de Franche-Comté. "Pour la semaine écoulée, nous avons constaté 324 cas de Covid confirmés parmi les élèves. C'est presque moitié moins que la semaine précédente. Le vendredi 20 novembre, nous avions 633 élèves cumulés sur les sept derniers jours, cette semaine 324. Cela représente 0,13% des élèves de l'académie de Besançon", a-t-il indiqué.

"La tendance est la même et plus accentuée encore pour les personnels. Nous avions sur les sept jours avant le 20 novembre 79 personnels cas confirmés. Cette semaine, nous en avons 26. C'est-à-dire 0,11%. Cette diminution n'empêche pas qu'il y ait ici ou là des situations plus compliquées. Nous avons 13 classes fermées alors que nous n'en avions que 7 la semaine dernière. Mais cela s'explique par la situation dans un seul établissement, le collège de Marnay, où nous avons 10 classes fermées", a-t-il poursuivi.

Dans l'académie de Dijon, on compte cette semaine seulement "deux classes fermées dans l'Yonne, une en école, une en collège", selon le point fait par la rectrice Nathalie Albert-Moretti. "298 élèves cas Covid confirmés, contre 536 cas la semaine d'avant. Et 23 personnels de l'Education nationale cas Covid confirmés. Ils étaient 52 la semaine d'avant."
 
© Ministère de l'Education nationale
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