Crise à Casino : après la vente des hypermarchés, quid des supérettes ? "Faut garder espoir et continuer de travailler"

Alors que 288 supermarchés et hypermarchés Casino ont été cédés à la concurrence, et que 25 autres devraient prochainement l'être, nous nous sommes posés la question de l'avenir des supérettes du groupe. A Dijon (Côte-d'Or), les boutiques de proximité ne semblent pas concernées par la crise du groupe. Mais certains gérants sont inquiets.

C’est un géant en crise. Le distributeur Casino, en proie à de graves difficultés financières, a récemment cédé 288 de ses 313 magasins à ses concurrents Auchan et Intermarché. 25 autres devraient être repris par Carrefour. Près de 12 800 salariés ont ainsi changé d’employeur. Fin 2022, Casino en employait 50 000.

Ces magasins cédés, ce sont intégralement des enseignes de grande taille, des hypermarchés et supermarchés. Mais qu’en est-il des petites supérettes de quartier ? Les Casino Shop.

Cette semaine, ceux qui ont emprunté l’avenue du Drapeau à Dijon (Côte-d’Or) ont pu se rendre compte de la fermeture d’une de ces petites boutiques. Rideaux baissés, portes fermées et un mot sur une vitre, écrit à la main : "fermeture temporaire et indéterminée. La direction".

Une fermeture avant de trouver des gérants

Un lien avec les difficultés de l’ensemble du groupe ? Selon plusieurs sources, non. "Ils manquent de personnel et cherchent des gérants", nous dit-on. Information confirmée par le groupe Casino. Les anciens gestionnaires avaient deux magasins. Ils ont laissé la gestion de la supérette située avenue du Drapeau. De nouveaux gérants sont attendus.

Mais les petites supérettes pourraient-elles vivre le même sort que les supermarchés et hypermarchés ?En France, on recense 761 Casino Shop. "Inscrits au cœur des villes et des quartiers, ils proposent un commerce à visage humain", décrit le groupe dans son rapport d’activité de l’année 2021.

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Derrière sa caisse, pull rayé rouge, blanc et noir, cheveux courts, Thierry indique que les supérettes Casino ne sont pas en danger. Il est installé en centre-ville de Dijon. "C’est compliqué oui. Il y en qui change de franchise, d’autres qui ferment. Mais nous ça va. On garde notre magasin. On reprend la gestion totale mais ça restera un Casino", décrit-il.

Du côté de la communication du groupe, on nous assure que les petites supérettes de quartier ne font pas partie de la liste des magasins impactés par ces sessions.

Faut garder espoir et continuer de travailler.

Un gérant de Casino Shop à Dijon

Dans les rayons, peu avant midi, peu de monde dans la supérette de Thierry. Sur certaines étales, beaucoup d’offres promotionnelles s’affichent. L’une des manières d’attirer des clients et de résister la concurrence des plus grosses structures. "On arrive à tenir comme ça, en maintenant nos prix, en proposant des offres. A partir d’un certain nombre d’articles, on applique par exemple des réductions".

Le gérant confie tout de même certaines inquiétudes. "On a peur quand même. Le contexte n’est vraiment pas bon pour Casino. On craint vraiment le chômage ! Mais bon, faut garder espoir et continuer de travailler".

Les enseignes de proximité, 18 % du chiffre d'affaires de Casino en 2021

500 mètres plus loin, près des Halles, une autre petite boutique de l’enseigne. Quelques clients sont en boutique et une petite file d’attente se forme même au moment de passer en caisse. La gérante, à la différence de Thierry, est, elle, sereine. "On n’est vraiment pas inquiet. On a une clientèle de fidèles et d’habitués. Le commerce fonctionne. La crise Casino, elle ne concerne que les grandes surfaces, pas les supérettes".

Mais signe que la situation du géant de la grande distribution inquiète, une cliente nous interpelle directement après avoir entendu notre échange. "Moi, si ça fermait, ça m’embêterait ! J’ai une supérette à côté de chez moi et je n’ai aucune envie d’aller dans ces grandes surfaces bondées et qui font des marges énormes. C’est important de maintenir ces commerces de proximité", lance cette femme à la retraite.

En 2021, ces petites enseignes de proximité représentaient 18 % du chiffre d’affaires de Casino. Une enseigne qui devrait être fixée sur son avenir le 26 février. La procédure de sauvegarde accélérée du groupe a été étudiée lundi 12 février par le tribunal de commerce de Paris. Ce dernier rendra donc sa décision en fin de semaine prochaine.

Si le plan est accepté, Casino pourrait être racheté par les milliardaires Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière d’ici les mois de mars et avril.

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