"Darmanin violeur dégage" : à Dijon, des associations manifestent contre la venue du ministre de l'Intérieur

Une trentaine de personnes ont manifesté ce vendredi matin contre la venue à Dijon de Gérald Darmanin. Elles dénoncent sa nomination au poste de ministre de l'Intérieur, alors qu'il est visé par une plainte pour viol. Un nouveau rassemblement est prévu ce soir, place de la Libération.

A Dijon, des manifestants protestent contre la nomination au ministère de l'Intérieur de de Gérald Darmanin qui est accusé de viol.
A Dijon, des manifestants protestent contre la nomination au ministère de l'Intérieur de de Gérald Darmanin qui est accusé de viol. © Antoine Marquet
Jean Castex, Premier ministre et Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, étaient attendus ce vendredi 10 juillet à Dijon, dès 8h30.
 
C'était sans compter sur un comité d'accueil venu à vélo. Les associations féministes et de lutte contre les inégalités de genre (Collectif du 25 novembre, Les Orageuses et Gang Reine) avaient annoncé leurs actions dès la veille au soir sur les réseaux sociaux. 

Alors que les forces de l'ordre filtrent l'accès au commissariat place Suquet, quelques manifestants réussissent à se frayer un chemin. Ils ne sont qu'une poignée. Les policiers effectuent un contrôle d'identité "classique" nous rapporte un des manifestants arrêté.
L'accès étant interdit (sauf pour ceux qui habitent dans le quartier et qui peuvent le justifier), les manifestants sont raccompagnés à l'angle de la rue Tivoli et de la rue de la Manutention. Mais plus loin, dans la rue du Transvaal, une dizaine d'autres manifestants, masqués et munis de pancartes, sont eux aussi repoussés par les forces de l'ordre. 

Ils-elles contestent la nomination de Gérald Darmanin

"Anti, anti patriarcat !", "violeur à l'intérieur, complice à la justice" scandent les manifestants. Certains récupèrent des poubelles dans la rue, tapent dessus pour accompagner leurs chants. Ils agitent leurs pancartes : "remaniement de la honte", "un Etat à la gloire des violeurs", "la culture du viol en marche".

Une manifestante interrogée sur place, qui préfère rester anonyme, explique le regroupement :

On est là aujourd’hui parce qu’ont été nommés deux ministres lors du dernier remaniement ministériel : Gérald Darmanin qui a été accusé de viol, dont l’affaire a été relancée le 12 juin 2020.

Une manifestante à Dijon, le 10 juillet 2020

En effet, la cour d'appel de Paris a ordonné le mois dernier la reprise des investigations, trois ans après une plainte visant Gérald Darmanin. Sa nomination à la place Beauvau provoque l'indignation et la colère des associations féministes sur les réseaux sociaux depuis lundi.
 
"La culture du viol en marche", "un Etat à la gloire des violeurs" pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants féministes ce vendredi 10 juillet.
"La culture du viol en marche", "un Etat à la gloire des violeurs" pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants féministes ce vendredi 10 juillet. © Antoine Marquet / France Televisions

Mais quid de la présomption d'innocence ?

Gérald Darmanin accusé, mais pas condamné. Depuis le début des enquêtes en 2017, il y a eu trois décisions de justice : deux enquêtes préliminaires ont été classées et un non-lieu a été rendu par deux juges d'instruction. 

"Peu importe" pour les manifestants à Dijon. "Il a le droit à sa présomption d'innocence mais il n'a pas le droit d'être ministre alors qu'il est accusé de viol."

Une manifestation qui se déroule dans le calme

Les premiers manifestants refoulés place Suquet finissent par rejoindre leurs collègues rue du Transvaal. Ils sont finalement une trentaine à exprimer leur incompréhension et leur colère. Les chants s'élèvent dans la rue, certains riverains s'agacent, d'autres apportent leur soutien aux revendications. "Vous manifestez contre le ministre violeur ?" demande un cycliste qui passe par là. "Viens avec nous !" invitent les manifestants. 

Pas de dégât, pas de confrontation frontale avec les forces de l'ordre. Vers 9h30, les manifestants décident de rebrousser chemin. Gérald Darmanin et Jean Castex ont quitté le commissariat pour se rendre aux Grésilles. "On va là-bas ?" s'interroge le groupe. Finalement, chacun rentre chez soi mais ils se retrouveront très bientôt.
 

Eric Dupond-Moretti aussi dans le viseur des manifestants


Le choix d'Eric Dupond-Moretti comme nouveau ministre de la Justice est aussi vivement critiqué par les associations. A Dijon, même si le nouveau garde des Sceaux n'est pas présent, les manifestants ont un message pour lui :
 

Eric Dupond-Moretti s’illustre par sa misogynie et son anti-féminisme dans la presse depuis des années. On leur demande de démissionner.

Une manifestante à Dijon, le 10 juillet 2020

Nouvelle manifestation ce vendredi 10 juillet à 19 heures


En France aujourd'hui, de nombreux regroupements féministes sont organisés pour manifester contre les nominations de Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti dans le gouvernement Castex.

A Dijon, le rendez-vous est maintenu : 19 heures place de la Libération, et les organisateurs préviennent : toutes et tous devront être masqué-e-s.
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