Grandes surfaces en Bourgogne : paroles de consommateurs !

© Olivier Quentin
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Les hypermarchés doivent s'adapter à la demande des consommateurs. Ils ont réduit leurs effectifs, leurs surface et mis au point de nouveaux modèles. Quelles grandes surfaces recherchent les consommateurs et qu'en attendent-ils ? Pour le savoir, nous sommes allés à leur rencontre .

Par Fatima Larbi et Dalila Iberrakene

L’hypermarché n’a plus la côte auprès des consommateurs. Ce modèle lancé par l’enseigne Carrefour au lendemain de la sSeconde Guerre Mondiale s’essouffle.

Ce concept est né pendant les 30 glorieuses dans une période de croissance économique avec un chômage quasi inexistant. A cette époque, les français ont encore confiance dans la grande distribution et les produits qui leurs sont proposés. Depuis les choses ont bien changé !
 

► L’hyper consommation ne fait plus rêver

Le modèle économique n’est plus à la forte croissance, le chômage touche 460 000 Français. Le changement n’est pas uniquement économique. Désormais, de nombreuses personnes s’interrogent sur l’impact de la consommation sur l’environnement et leur santé. L’hyper consommation fait beaucoup moins rêver !

La grande distribution est  fragilisée par ce phénomène de société et le développement du commerce en ligne. Elle a du s’adapter, le groupe Casino a fermé 118 magasins, Auchan en a mis en vente 21 et Carrefour a licencié 2 400 personnes.

Mais la tentative d’adaptation aux nouveaux besoins de consommation  ne se fait pas qu’en terme de réduction d’effectifs. Les hyper réduisent aussi leurs surfaces de vente.

C’est le cas du magasin Carrefour de la Toison d’Or à Dijon qui l’a réduite de 3 000 m2, en supprimant des rayons qui ne proposaient pas d’alimentaire pour donner plus de places aux produits frais. La grande surface teste aussi de nouvelles formules.

Les caisses qui délimitaient l’entrée du magasin ont disparu. Il n’y a plus de frontière physique entre la galerie marchande et la grande surface, le consommateur se retrouve sans s’en rendre compte dans la " Fresh avenue", là où se trouvent les produits frais.
Les produits locaux sont mis en évidence, l’espace bio s’est développé et la restauration doit servir à attirer une clientèle active, plus jeune.
Les réactions des premiers clients que nous avons rencontrés semblent valider le changement.

  On a l’impression d’être dans un grand marché, de se promener sous des halles. Ça change du format traditionnel, on se rapproche plus d’une formule épicerie.


Le groupe Casino expérimente des changements d'amplitude horaire. Dans le supermarché de la rue d’Auxonne à Dijon, les clients peuvent aller faire leurs courses dès 6 heures du matin et jusqu’à minuit, sept jours sur sept.
Seules restrictions : ils ne peuvent payer qu’avec leur carte bleue car il n’y a plus de caissiers et ils ne peuvent plus acheter d’alcool.
© Dalila Iberrakene
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► Quels sont les nouveaux modes de consommation et qu’attendent les consommateurs ?


Nous sommes allés à leur rencontre sur les parkings de deux supermarchés de la région. L’un est le leader du hard discount(LIDL), l’autre (Casino) vient de se défaire de plusieurs magasins.

Nous avons croisé des femmes, des hommes, des jeunes, des seniors, des parents avec leurs enfants. Tout le monde va en course, pas uniquement les mères de famille. Les clichés sont remis en cause  et le classique profil "ménagère de moins de 50 ans" est mis à l’épreuve.
© Dalila Iberrakene
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♦ Rémy fait les courses en moto


Rémy est un jeune retraité de 63 ans dont les enfants ne vivent plus à la maison. Il n’a pas d’enseigne favorite mais déteste aller dans les très grandes surfaces. Il préfère les moyennes avec une envie de consommer bio. Aujourd’hui il avait un rendez-vous dans le coin et est venu en moto dans cette enseigne de hard discount.

Je n’ai pas d’enseigne préférée mais je déteste aller dans les trop grandes surfaces. Ici ça va plus vite on n’est pas tenté par des achats inutiles. 

Se rendre dans un magasin hard discount n’empêche pas Rémy de rechercher des produits de qualité.

Comme j’essaie d’acheter bio, ce que je ne trouve pas ici je l’achète dans un magasin spécialisé en bio. 

A chaque fois, Rémy n’achète que quelques produits et il a une excellente raison.

Je viens en moto et il faut que mes courses puissent tenir dans mon coffre. 

Et pour les produits qui ne sont pas alimentaires il préfère les acheter sur internet.
© Dalial Iberrakene
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♦ Marcelle  fait les courses au centime près


Marcelle est une ancienne commerçante de 88 ans qui s’est beaucoup investi dans une association de défense des consommateurs. Elle se souvient de ce que lui disait sa mère :

Le meilleur bénéfice que tu peux avoir c’est l’achat.

Elle ne vient pas par hasard dans cette enseigne de hard discount. Tout d’abord, elle apprécie le sentiment de sécurité que lui procure le parking. Ensuite, avec sa petite retraite, elle essaie de trouver les meilleurs prix. 
Quand à ce qu’elle ne trouve pas ici,  elle va le chercher dans des magasins d’autres enseignes mais de même taille. Pour elle, les hypermarchés ne sont pas "à hauteur humaine" et elle se sent perdue dans le nouveau Carrefour sans caisse.
© Dalila Iberrakene
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♦ Pierrick fait les courses avec le drive


Pierrick est un père de famille de 2 jeunes enfants. S’il est là en compagnie de sa fille Louise c’est parce qu’il a décidé au dernier moment de faire une recette dont il n’avait pas les ingrédients. La proximité a joué car il n’habite pas loin d’ici.
D’habitude Pierrick utilise le drive pour faire ses courses une fois par semaine.

On utilise le drive car cela prend moins de temps. On le fais une fois par semaine cela représente une centaine d’euros. 

Pierrick n'aime pas les hypermarchés trop grands,  mais il lui arrive parfois d’y aller.

Il nous arrive d’aller dans le grand Carrefour de la Toison d’or à Dijon quand on veut se promener dans la galerie marchande

© Dalila Iberrakene
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♦ Lucie fait les courses rapidement en respectant la qualité.


Lucie est une jeune mère de famille qui ne veut pas perdre son temps à faire les courses.

Dans ce magasin je sais ce qu’il y a ou cela se trouve et je n’ai pas de tentations. Cela va vite. 

Mais ce besoin d’aller vite et de trouver les meilleurs prix ne l’empêche pas d’avoir des exigences.

Dans ce magasin discount, mon caddie me coûte deux fois moins cher.  J’essaie de choisir des produits de qualité, produits en France. Quand ce n’est pas le cas, comme pour certains fruits et légumes, je vais les acheter ailleurs. 

Lucie a aussi une petite faiblesse, les bons d'achat. Pour la satisfaire elle n'hésite pas à aller dans une autre enseigne.
 

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