Ce samedi 17 février, la ligne TER Dijon - Nevers reprend du service, après plus de 7 mois de travaux. Un premier tronçon avait été remis en service entre Nevers et Le Creusot le 23 décembre, maintenant toute la ligne est réouverte. Les travaux de modernisation de la ligne ne font pas gagner de temps, par contre la ligne gagne en confort.

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La ligne était fermée depuis le 20 juillet dernier, pour d'importants travaux de modernisation au niveau du confort et de la sécurité : remplacement des rails, remplacement du ballast, rénovation des passages à niveau et travaux d'accessibilité en gare.

Fin des cars de substitution

SNCF Voyageurs avait mis en place des cars de substitution pour les 2000 passagers quotidiens, la fin d'un système qui rallongeait les temps de trajet. Une voyageuse, qui part travailler au Creusot depuis Dijon, explique comment elle devait composer pendant les travaux : "je devais aller à Chalon prendre le car, c'était très bien mais ça mettait deux heures, et le samedi matin, il n'y avait pas de possibilité de partir le matin. Je devais prendre le train à Chalon et de prendre un Mobigo hors SNCF pour pouvoir arriver à l'heure pour travailler. Là, c'est la fête ! 53 minutes de trajet par rapport à deux heures, ce n’est rien !"

La contrôleuse de bord, Alice Roland, présente ce matin dans le train Nevers-Dijon explique qui sont les passagers : "Ce sont beaucoup d'abonnés de travail et des scolaires. Principalement entre Le Creusot et Beaune, principalement des abonnés de travail, et après on a beaucoup de scolaires les vendredis et les lundis qui rejoignent Dijon ou Nevers, des pôles stratégiques pour les études."

Une autre voyageuse rappelle sa façon dont elle devait organiser ses voyages avec les services de substitution, à raison d'un trajet aller-retour tous les 15 jours environ : "il fallait anticiper, parfois il arrivait qu'un trajet retour soit annulé par le conducteur, donc ça a posé quelques tracas pour le boulot le lundi."

La fin d'une situation temporaire avec ses inconvénients

Le maire de Nevers, Denis Thuriot (REN) était scandalisé par la longue coupure de la ligne : "C'est certain que cela a dissuadé, notamment les étudiants, même si on a une université de proximité à Nevers, on n'a pas toutes les années ni toutes les filières, certains étudiants se sont dit 'je pars à Clermont directement'."

Le maire de Nevers et président de l'Agglomération de Nevers défend l'importance de la ligne Dijon - Nevers : "C'est une ligne qui nous rapproche de Dijon, notamment dans l'axe ligérien, parce qu'on est beaucoup plus tournés vers le centre Loire, par exemple à Nevers, la Cour d'Appel, c'est Bourges, ce n’est pas Dijon. C'est une façon d'être encore plus éloignés de la capitale régionale."

Denis Thuriot estime que la coupure totale de la ligne a éloigné certains publics des transports en commun : "Couper une ligne ainsi pendant des mois et des mois, c'est un handicap pour beaucoup, ça n'est pas l'incitation à la prise des transports collectifs".

Le maire de Nevers estime que ces travaux sont une première étape, car une volonté de réduire le temps de trajet entre les deux capitales départementales est pour lui toujours d'actualité :"La suite, c'est l'électrification de la ligne ! Je me bats pour qu'on ait des Nevers-Dijon en deux heures à peu près. Faire 180 kilomètres au 21ème siècle en deux heures et demie, ou un grand deux heures vingt, c'est de trop et c'est dissuasif ! Ça doit passer par l'électrification. On ne l'a pas, ce sont des travaux très coûteux, qui avaient été validés dans le cadre du Grand Débat en 2016, il y a aussi l'hydrogène, on n'a pas de réponses là-dessus." 

Le Conseil Régional se félicite des travaux

Michel Neugnot, vice-président (PS) du Conseil Régional en charge des transports, se félicite de "l'énorme effort" fait par la SNCF pour ces travaux. Sur les 137 Millions d'Euros de travaux, 62 Millions sont co-financés par l'Etat et la région Bourgogne-Franche-Comté et 75 Millions par la SNCF.

Michel Neugnot rappelle combien il était important de faire les travaux : "Des parties de la ligne n'avaient pas été touchées depuis 70 ans, c'est un retard considérable d'investissement qui a été comblé, et il reste encore à faire. Cela permet d'avoir des trains plus confortables et de montrer les avantages du train."

Parmi les avantages mis en avant par Michel Neugnot, c'est "une durée de parcours plus compétitive par rapport à la voiture, deux heures dix-sept en train contre deux heures cinquante en voiture, je tiens à mettre en avant cela. Le temps en train n'est pas du temps perdu, alors qu'en voiture, en auto solis, ce n'est pas ça."

Pour s'opposer à la course contre la montre, et la volonté de vouloir réduire le temps de trajet aux alentours de deux heures, comme Denis Thuriot maire de Nevers le souhaiterait, l'élu aux transports de la Région répond : "Ce qui compte, c'est d'avoir des trains réguliers, à l'heure, fiables, avec un temps de transport meilleur que la voiture, ce qui est le cas.[...] Pour réduire ce temps de trajet, il faudrait supprimer des arrêts, et je ne suis pas sûr que les communes traversées soient d'accord avec cela."

Pour la suite, le vice-président de la Région affirme que "ce n'est pas fini. Il y a eu un tel retard d'investissement sur les travaux, il reste encore une centaine de millions d'euros de travaux à réaliser, c'est ce qui nous attend pour les prochaines années."

La ligne a repris du service, après le plus gros chantier ferroviaire en Bourgogne sur une ligne absolument essentielle pour les voyageurs. Entre 8 et 9 trajets chaque jour sont prévus entre Nevers et Dijon.

► Avec Mélanie Leblanc