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Matrice patrimoine en escale à Dijon : quoi de neuf ?

© Groupe IN'SITE / MATRICE
© Groupe IN'SITE / MATRICE

De retour dans la capitale des Ducs le lundi 18 mars, les étudiants de la matrice patrimoine ont présenté leurs projets devant un jury d'experts. Surprises et nouveautés au programme...

Par Antoine Marquet

Nous n’avions pas revu la matrice patrimoine depuis le hackathon de janvier, entre les murs de l’École 42, à Paris. A l’issue de cette session, six équipes sont nées, avec des problématiques et des enjeux bien différents. Les profils se sont mélangés pour créer des teams riches et polyvalentes.

L’ensemble de la matrice a effectué une escale à Dijon le lundi 18 mars. Ils ont retrouvé les parties prenantes au projet : les équipes de l'Abbaye de Fontenay et du Château du Clos de Vougeot mais aussi la Région Bourgogne-Franche-Comté. La journée s'est clôturée avec une présentation des projets par chacune des équipes. Projets qui ont eu le temps de mûrir, voire de totalement muter depuis que nous les avons laissé à Paris il y a plusieurs semaines…
 

ETINCELLE s’est éteinte pour laisser place à AGANTIO


Isabelle a décidé de quitter MATRICE. Le projet ne correspondait pas à ses attentes et la jeune étudiante s’est rendue compte qu’elle ne pourrait pas mettre en place ce qu’elle souhaitait. Nathan et Juliette forment alors le duo AGANTIO. « Voyage, en langue celte gauloise » nous précise Juliette. Un clin d’œil direct aux racines historiques de la Bourgogne. « Et ça sonne plutôt bien, non ? »

Le projet évolue naturellement. AGANTIO pense à une application hybride, proposant une carte interactive qui permettrait aux visiteurs de préparer leur séjour en Bourgogne. Le duo veut installer deux modes : découverte (opter pour un itinéraire thématique, selon des préférences comme la durée du séjour ou le budget), et le mode aventurier (les visiteurs composeraient eux-mêmes leur propre parcours).
 


La carte serait interactive grâce à des capsules temporelles : des points d’intérêt à visiter dans le périmètre de la position de l’utilisateur. Comme dans un jeu vidéo, les capsules s’activeraient avec la géolocalisation et se composeraient de textes, de vidéos et même de sonores. Certaines capsules seraient éphémères, pour créer une véritable temporalité autour de leur application.
 
Le trio ETINCELLE a perdu une de ses membres. Juliette et Nathan forment désormais la team AGANTIO. / © Antoine Marquet
Le trio ETINCELLE a perdu une de ses membres. Juliette et Nathan forment désormais la team AGANTIO. / © Antoine Marquet


Le carnet de voyage proposé au hackathon de janvier n’a pas été complètement écarté puisque la personnalisation du voyage est une part importante de l’application d’AGANTIO. Chaque touriste pourrait ainsi ajouter ses propres photos et souvenirs.

Une mascotte pour rendre l’application plus ludique ? AGANTIO y a déjà pensé. « Pourquoi pas faire revivre un duc de Bourgogne ou un moine cistercien ? »
 

Le son au coeur du projet


Rappelez-vous de VISITCH qui voulait installer des capteurs dans certains secteurs, qui déclencheraient des animations sonores ou lumineuses. Le groupe a élargi son idée à une application de parcours sonore géolocalisé recensant tous les lieux adhérant à l’application. Les utilisateurs pourront créer leur propre parcours. Benjamin nous explique sur leur offre s’adresse principalement aux institutions culturelles et à « tout autre créateur de contenu, comme des artistes ».
 


Ces dernières semaines, VISITCH en a profité pour rencontrer des professionnels qui ont souligné des problèmes de business model (la représentation synthétique des aspects majeurs de l’activité d’une organisation). L’équipe est actuellement en train de travailler sur la charte graphique de leur application, baptisée EXOSON, ainsi que sur la création des premiers parcours sonores.

Deux groupes n’ont pas résisté aux charmes de la Bourgogne...



HOMI, composé de Thibaud, Adelaïde et Sauvanne, n’est resté que deux jours sur nos terres. Ils se sont entretenus avec Pascal Minguet, Chargé de mission Numérique et usages au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Au total, l’équipe a mené cinq entretiens avec des experts de Matrice sur différents aspects : le business, l’art du pitch ou encore la création graphique.
HOMI s’est agrandi : Jules, tout droit venu de 42, a rejoint l’équipe. Les quatre collègues ont pu travailler sur leur cible, le design et les options pour le business model.
 
Le groupe HOMI en pleine réflexion pendant le sprint créatif, à Paris, en janvier dernier. / © Antoine Marquet
Le groupe HOMI en pleine réflexion pendant le sprint créatif, à Paris, en janvier dernier. / © Antoine Marquet


IN’SITE est devenu IN'SCAPE a « énormément travaillé » ces dernières semaines. Comme d’autres groupes, l’équipe s’est attaquée à des phases plus « terre à terre » mais essentielles : business plan, enjeux juridiques, recherche de subventions. « Un projet c’est aussi cette partie qui nous fait vite retomber sur terre », confie Caroline. La CCI (Chambre du Commerce et de l’Industrie) du Val-de-Marne prête main-forte à IN’SITE par son expertise et son expérience.

« Cette période c’est également celle de la gestion d’équipe ». Les membres commencent à mieux se connaître. D’ailleurs, Léna a rejoint Caroline, Alexis, Maud et Emma. La nouvelle équipe se réjouit de créer leur start-up dans un contexte comme celui de MATRICE. « On est porté par une dynamique de groupe et la bienveillance de chaque matricien ! »
 
Maud et Emma en plein repérage pour l'installation de leur inscape game à l'intérieur de l'Abbaye de Fontenay et du Château du Clos de Vougeot. / © Groupe IN'SITE / MATRICE
Maud et Emma en plein repérage pour l'installation de leur inscape game à l'intérieur de l'Abbaye de Fontenay et du Château du Clos de Vougeot. / © Groupe IN'SITE / MATRICE

Le nom de l’équipe changera bientôt mais elle tient à préciser que le concept de l’inscape game, lui, ne change pas. Le concept a été déposé et le travail se fait désormais sur la personnalisation du jeu.

Caroline, Alexis, Léna ont rejoint Maud et Emma, étudiantes dijonnaises, du 26 au 28 février. Ensemble, ils ont pu lier l’utile à l’agréable en testant un escape game dans la capitale des Ducs. Un moyen de voir ce qui fonctionne ou non dans ce type d’exercice. IN’SITE s’est ensuite rendu à l’Abbaye de Fontenay et au Château du Clos de Vougeot pour du repérage.

Voyage dans le temps


La team Bernaaard nous a aussi fait un retour. Basile, Ignacia, Sherylin et Clara avaient prévu une petite surprise pour l’escale du lundi 18 mars à Dijon. Les quatre collègues se sont réunis sous l'étiquette "dinooo studiooo", un studio de création en lien avec la culture et le patrimoine. "Bernaaard" est donc le premier projet mis en place par dinooo studiooo.

Bernaaard, c’est ce petit compagnon, « ton pote de l’histoire ». Le projet a évolué par rapport à ce qui avait été proposé au sprint créatif du mois de janvier. Les enseignants et le ministère de l’Education sont aujourd’hui des beta testeurs du programme pédagogique imaginé par le groupe.  
Les familles et les enfants de 7 à 12 ans sont les cibles du projet. L’expérience se fera toujours en trois étapes : avant la visite, pendant la visite et après la visite.
 
Ignacia et Shérylin, de la team Bernaaard mettent au point un projet pédagogique autour de leur mascotte. / © Antoine Marquet
Ignacia et Shérylin, de la team Bernaaard mettent au point un projet pédagogique autour de leur mascotte. / © Antoine Marquet


Là où la team Bernaaard a réfléchi, c’est sur l’étape avant. Ils imaginent désormais une mallette d’enquêteur, achetable sur internet ou dans certains points de vente partenaires. L’enquête sera « géante » et « transmédia ». Les quatre cofondateurs ont imaginé tout un scénario… Dans le futur, le monde a perdu toutes ses archives et son histoire. Alors le ministère du Temps envoie ses agents dans le passé pour récupérer l’histoire de l’humanité. Bernard est le dernier agent envoyé dans le passé par le ministère. Bernard devient Bernaaard à son retour et sa mission est de partager l’histoire et le patrimoine des endroits visités aux enfants.

Les familles trouveront dans la mallette une maquette à monter, des jeux à faire en famille, un badge d’enquêteur…

Pendant la visite, un boîtier vocal sera à disposition des enfants après l’achat de billets pour la visite d’un lieu : l’Abbaye de Fontenay par exemple. La voix de Bernaaard guidera l’enfant durant toute la visite et à la fin, lui indiquera si la mission est complète ou non. 
 


Peu de difficultés rencontrées par les quatre collègues qui ont déjà rencontré un creative designer d’UBISOFT. Ils ont ainsi pu se former aux rudiments du game design. Basile, Ignacia, Clara et Sherylin reconnaissent la pluridisciplinarité qui émerge de leur collaboration. Si besoin, ils feront appel à un étudiant de l’École 42 quand ils attaqueront la partie développement informatique et codage.  

ian., une expérience personnelle

Klaus et Corino forment le duo "ian." et proposent une expérience personnelle à leurs utilisateurs. / © Antoine Marquet
Klaus et Corino forment le duo "ian." et proposent une expérience personnelle à leurs utilisateurs. / © Antoine Marquet
Ils avouent ne pas avoir eu le temps de se pencher sur leur business model. D'abord un trio, la team ian. est finalement composée de Klaus et Corino. Ils ont étudié le marché et ont constaté que lorsque les utilisateurs cherchent à voyager, des applications tierces comme TripAdvisor proposent des listes phénoménales de lieux à visiter. Beaucoup trop de lieux. Avec humour, Klaus rappelle qu'un choix trop important peur finalement amener à se résigner et ne pas sortir. "Moi quand je veux aller au restaurant, je sors dans la rue pour choisir". Perdu dans l'océan de suggestions des applications... 
 


Ce stress et cette déprime orchestrée par un trop plein d'informations et de propositions, la team ian. en a conscience. Leur application demanderait aux utilisateurs de rentrer leurs préférences : ce qu'ils aiment faire par un temps de pluie, ce qu'ils recherchent au travers de leur sortie. Toutes les données seront comparées à celles d'utilisateurs ayant pratiquement les mêmes centres d'intérêt et les mêmes envies. L'objectif final est d'afficher une seule proposition. La plus adaptée. La plus personnelle.

Un pas en avant

Le jury d'experts en patrimoine et numérique a prêté une oreille attentive aux six propositions. Malgré quelques défauts et quelques incohérences, le jury se tient à dispotion des matriciens pour les aider à avancer dans leurs projets. François-Xavier Petit, directeur de MATRICE a annoncé quelques surprises. Des fonds seront débloqués pour aider les étudiants à mettre en place leurs idées et commencer à avoir une structure juridique. D'anciens matriciens seront aussi appelés pour prêter main forte aux actuels. 
 
Prochaine escale en Bourgogne pour la MATRICE patrimoine : le 18 juin 2019. / © Antoine Marquet
Prochaine escale en Bourgogne pour la MATRICE patrimoine : le 18 juin 2019. / © Antoine Marquet


Le 18 juin prochain, MATRICE sera de retour en Bourgogne, au Château du Clos de Vougeot. D'ici-là, ils auront la possibilité de travailler avec une classe d'école primaire de Nuits-saint-Georges pour tester leurs idées.

La date officielle de fin d'aventure a aussi été dévoilée : le 13 septembre 2019. À la veille des journées du patrimoine, les étudiants de la matrice Bourgogne seront présents à l'Abbaye de Fontenay et au Château du Clos de Vougeot pour présenter officiellement leurs solutions dans l'enceinte des deux lieux historiques.
 

9 mois d’aventure

Matrice patrimoine, c’est une aventure humaine et professionnelle qui débute en décembre 2018 à Paris. Elle réunit une trentaine d’étudiants issus de neuf écoles différentes autour d’une problématique : comment mettre les nouvelles technologies au service du patrimoine ? Ils ont jusqu’en septembre 2019 pour y répondre et installer leurs expériences dans l’enceinte de deux lieux emblématiques de la région Bourgogne : l’Abbaye de Fontenay et le Château du Clos de Vougeot.

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