Succès du lait 100 % Côte-d'Or : "pour les éleveurs, une différence de 10 centimes, c'est beaucoup"

Le lait 100 % Côte-d'Or a été lancé en 2022 au salon de l'agriculture. Deux ans après, le résultat est là, selon ses créateurs.

La brique de lait 100 % Côte-d'Or avait été lancée en grande pompe au salon de l'agriculture 2022, à l'initiative de la fromagerie Delin basée à Gilly-lès-Cîteaux. Deux ans plus tard, France 3 Bourgogne est retournée au salon rencontrer Philippe Delin, le patron de la fromagerie, et Pascal Martens, l'un des fournisseurs de lait, pour connaître le bilan de cette initiative. 

Un million de litres par an

Au départ, c'est un lait 100 % Bourgogne-Franche-Comté qui avait été lancé. Mais l'initiative, trop généraliste, n'a pas tout à fait connu le succès escompté. Puis Delin a donc lancé son lait côte-d'orien. Et cette proposition plus spécifique, à l'échelle départementale uniquement, a porté ses fruits. "Quand on a commencé avec le lait de BFC, on était entre 2 000 et 4 000 litres par semaine. Depuis qu'on a lancé le lait de Côte-d'Or, on est à plus de 25 000 litres par semaine !" se réjouit Philippe Delin. Soit un bon million de litres par an.

Aujourd'hui, la fromagerie s'approvisionne auprès de six producteurs-éleveurs de Côte-d'Or, dont les photos sont d'ailleurs affichées sur ces briques au design très reconnaissable, des taches noires et blanches pour représenter la vache prim'holstein. 

Quelle rémunération pour les éleveurs ? 

Depuis qu'ont éclaté les mouvements de colère agricole ces dernières semaines, de nombreux producteurs de lait dénoncent les prix d'achat par les centrales laitières, trop faibles selon eux pour vivre décemment. Au salon de l'agriculture 2024, le stand Lactalis a d'ailleurs été plusieurs fois ciblé par des actions de colère des syndicats agricoles.

Comment le lait 100 % Côte-d'Or rémunère-t-il ses éleveurs ? "C'est simple, depuis qu'on a changé de laiterie, on est passé à peu près de 42 centimes du litre à 52 centimes", détaille Pascal Martens. Cet éleveur de vaches brunes et de montbéliardes possède environ 65 vaches laitières dans l'exploitation qu'il gère avec ses filles à Essarois (Châtillonnais).

"Pour les éleveurs, une différence de 10 centimes du litre, c'est beaucoup. Quand vous êtes à la limite, vous êtes à 1 ou 2 centimes près."

Pascal Martens

éleveur à Essarois et fournisseur de lait 100 % Côte-d'Or

Pascal Martens voit aussi un autre bénéfice à ce lait côte-d'orien : "Il y a aussi le côté humain et le respect du producteur. Ce n'est pas qu'une histoire de prix. C'est aussi une récompense du travail fait par l'éleveur. Pour moi, c'est un partenariat et c'est quelque chose de très, très fort. On a quitté l'ancienne laiterie à cause de cela. Aujourd'hui, ça roule très bien."

"Il faut rester raisonnable avec les consommateurs"

Le lait 100 % Côte-d'Or est vendu dans tout le département, "que ce soit dans les collectivités, la grande distribution, les épiceries et la restauration", précise Philippe Delin.

"Nous avons 40 centimes de coût de conditionnement par brique, ainsi que les coûts de transport et de distribution", indique Philippe Delin. En supermarché, la brique d'un litre s'achète autour de 1,10 à 1,20 euro. "C'est sûr qu'on serait très content de le vendre plus cher, mais c'est un prix juste", estime Pascal Martens. "Il faut rester raisonnable avec les consommateurs."

La fromagerie Delin produit également "Côte-d'Or le fromage", qui comme son nom l'indique est fabriqué exclusivement à base de lait du département. Ce fromage a reçu une médaille de bronze au concours général agricole, lors de cette 60e édition du salon de l'agriculture.