"On ne peut pas laisser trop de soignants non vaccinés" Le Pr Fischer, Monsieur vaccin répond aux soignants

Il étaient près de 200 professionnels de santé de Bourgogne Franche-Comté à participer à ce webinaire. Ce vendredi 5 mars, durant une heure, le professeur Alain Fischer, désigné "Monsieur vaccin" du gouvernement a répondu à leurs questions. Et encouragé fermement leur vaccination. 

Le professeur Alain Fischer, lors d'une conférence de presse le 25 février dernier
Le professeur Alain Fischer, lors d'une conférence de presse le 25 février dernier © Stéphane de Sakutin / Maxppp

"Les soignants pourraient-il avoir le choix du vaccin avec lequel ils seront vacciner ?" C'est par cette question que le débat est arrivé lors de ce wébinaire réunissant médecins, cadres de santé, personnels hospitaliers, pharmaciens et le Monsieurs vaccin du gouvernement. L'objectif serait ainsi d'encourager les soignants à se faire vacciner. Pour l'instant, au niveau national, moins d'un tiers d'entre eux ont reçu une première injection.

"C'est une fausse solution" répond le Professeur Fischer. L'octroi de tel ou tel vaccin est fait d'abord en fonction de la disponibilité locale dans chacun des lieux de vaccination. "Est-ce que deux vaccins sont disponibles ? Cela peut être le cas à un moment donné, mais pas forcément" estime-t-il. 

 

Des vaccins tous efficaces 

Le président du conseil d’orientation de la stratégie vaccinale rejette le choix par les soignants de leur vaccin comme "une fausse solution". Il défend l'efficacité de tous les vaccins, comme semblent l'indiquer les dernières remontées d'informations. "Il faut arrêter avec les faux bruits concernant les vaccins Astra Zeneca. Ces produits sont, in fine, interchangeables en terme d’éfficacité". Pour l'instant, c'est surtout le vaccin Astra-Zenecca qui est administré aux équipes soignantes et aux personnels médicaux. C'est le même que le vaccin utilisé par les médecins de ville. En revanche, pour les personnes agées ou prioritaires, les vaccinations dans les Ehpads ou dans les centres de vaccination se font avec des doses de vaccin Moderna ou Pfizer. Certains représentants des professions de santé souhaiteraient pouvoir se faire vacciner avec un autre produit que celui fourni par le laboratoire Astra-Zenecca, dont les effets secondaires sont jugés plus importants. De nombreux patients vaccinés ont pu présenter des "syndromes gripaux de forte intensité" jusu'à 48 heures après l'injection. 

"La question de la tolérance, elle est quasiment résolue par l’utilisation du paracétamol systématique" répond le Professeur Fischer qui milite pour faire acte de pédagogie auprès des soignants. "Ce qu’il faut faire, c’est informer, expliquer. Ce sont les faits scientifiques, médicaux qui indiquent que ces vaccins sont, les uns comme les autres, efficaces. Ils sont bien tolérés si on les utilise de la bonne façon."

 

Appel à l'exemplarité des soignants

Selon lui, il est indispensable que les professionnels de santé adhèrent à la stratégie vaccinale. Dans le cas contraire, "ce qui pourrait arriver, c'est une obligation vaccinale" avertit Alain Fischer. L'hypothèse a été évoquée ce jeudi 4 mars par le ministre de la Santé, Olivier Véran. Le ministre a également annoncé qu'il allait écrire à l'ensemble des personnels soignants pour les encourager à se faire vacciner. 

De son coté, le Professeur Fischer en appelle à l'exemplarité des personnels soignants. "Nous, soignants devons montrer l’exemple au reste de la population sur la vaccination et son importance dans le contexte de cette pandémie. Ceci est vraiment indispensable."

"On ne peut pas se permettre que les professionnels de santé ne soient pas vaccinés."

Pr Alain Fischer

 

Autre argument selon le coordinateur de la stratégie vaccinale, la vaccination est non seulement efficace contre le risque de contamination. Selon les dernières études, elle permettrait également de réduire significativement le risque de transmission du virus, notamment les infections nosocomiables, qui se produisent au sein des établissements de santé. Les dernières données, "laissent suggérer que les vaccins pourraient agir sur la transmission et donc éviter les infection nosocomiales" constate-t-il tout en reconnaissant qu'il fallait rester prudent à ce stade. "C'est quand même une responsabilité majeure des soignants."

La vaccination obligatoire ?

Ce n'est pour l'instant qu'une hypothèse. Mais elle doit être prise au sérieux si le taux de vaccination des personnels soignants n'augmente pas affirment les autorités de santé. "Il faut dire les choses calmement, estime Alain Fischer. Nous sommes tous vaccinés par le vaccin contre l’Hépatite B parce que c’est obligatoire pour les professionnels de santé, ce qui est une mesure sage. Espérons que les explications, la pédagogie, la mise en face des responsabilités de chacun suffiront. Mais si ca suffit pas, on ne peut pas laisser trop de professionnels de santé non vaccinés."  

Aujourd'hui, à peine 30 % des personnels soignants se sont déjà fait vacciner. Mardi, seulement 25% des doses de vaccin AstraZeneca reçues avaient été utilisées comme l'expliquent nos confrères de franceinfo.  "Je considère que c’est inadmissible" répond le Pr Fischer. Il conclut : "Pédagogie, pédagogie, pédagogie ! Et on verra après." La persuasion avant l'obligation ? 

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