Réécriture de l'article 24 : "le gouvernement recule sous la pression médiatique", estime Alliance Police Dijon

Le syndicat de police Alliance et la LDH de Côte-d'Or tirent des enseignements différents de l'annonce de la réécriture de l'article 24 de la loi de "sécurité globale". Article qui stipulait que la diffusion malveillante d'images montrant des policiers pouvait être sanctionnée. 
© Joël PHILIPPON - maxPPP
L'article 24 de la loi de "sécurité globale" va être réécrit. "Ce n’est ni un retrait ni une suspension mais une réécriture totale du texte", a annoncé hier Christophe Castaner, président du groupe LREM à l'Assemblée nationale.

Après une semaine de protestations de l'opposition et le défilé de centaines de milliers de personnes en France ce week-end, le gouvernement a décidé de réécrire cet article qui visait à pénaliser la diffusion malveillante d'images de policiers.

Du côté des défenseurs comme des détracteurs de la loi, on reste prudent après les déclarations de l'ancien ministre de l'Intérieur sur l'article à venir. "On ne sait pas encore ce qu'il va contenir", disent en substance Paul Garrigues de la Ligue des droits de l'homme de Dijon et Cédric Bovrice, du syndicat Alliance Police. C'est bien le seul point sur lequel les deux hommes se rejoignent.

"D'autres choses posent problème dans cette loi comme le recours aux drones pour surveiller certaines manifestations"

Paul Garrigues, LDH Dijon

"Il existe déjà des lois pour protéger les policiers", estime Paul Garrigues en espérant que l'article 24, et la loi Sécurité globale dans sa totalité, soient abandonnés. "D'autres choses posent problème dans cette loi comme le recours aux drones pour surveiller certaines manifestations", ajoute le militant.

Concernant l'article 24, il juge qu'il aurait été un frein à la médiatisation de certaines violences policières : "Evidemment tous les policiers ne dérapent pas mais trop sont couverts par leur hiérarchie. Le problème est politique et systémique et ne concerne pas juste quelques éléments. C'est parce qu'il y a des images que certains actes ont pu être condamnés".

Une nouvelle manifestation dans les jours qui arrivent ? 

Le débat est mal posé selon l'antenne locale du syndicat policier Alliance Police qui regrette que "le gouvernement recule sous la pression médiatique". "L'article 24 n'était pas destiné à interdire de filmer les policiers. Il existait des garde-fous pour préserver la liberté de la presse. En revanche, c'était un outil supplémentaire très précis pour encadrer la diffusion malveillante d'informations sur les policiers", argumente Cédric Bovrice.

Le policier assure que sous certaines vidéos, montrant ses collègues, diffusées sur les réseaux sociaux, des internautes diffusent des renseignements personnels, voire des appels au meurtre ou au viol. Il espère donc que "sa réécriture ne videra pas de sa substance l'article 24".
  Une manifestation pourrait avoir lieu dans les prochains jours à Dijon, organisée notamment par la LDH, pour protester à nouveau contre la loi Sécurité globale.
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