Rétention des notes du bac : le bras de fer avec une partie des correcteurs se poursuit

Tous les ans, c'est l'épreuve de philosophie qui donne le coup d'envoi du bac. / © Pierre HECKLER / MAXPPP
Tous les ans, c'est l'épreuve de philosophie qui donne le coup d'envoi du bac. / © Pierre HECKLER / MAXPPP

Les résultats du bac 2019 doivent être communiqués vendredi 5 juillet. Mais, des correcteurs refusent toujours de rendre les notes des copies qu’ils ont corrigées. Si une note manque, on en mettra une « provisoire », dit le ministre de l’Education.
 

Par B.L.


Les épreuves du baccalauréat ont débuté  le 17 juin dans un climat tendu.
Des enseignants se sont mis en grève et ont refusé de surveiller l'épreuve de philosophie. Certains refusent aussi de saisir les notes des candidats ou de rendre les copies. Ils veulent forcer le gouvernement à rouvrir des négociations sur les réformes du lycée et du bac.

"On se mobilise contre une réforme qui va avoir des conséquences très importantes sur le lycée notamment et qui va accentuer les inégalités entre les établissements. Une réforme qui va accentuer le rôle de tri social de l’école et cela nous préoccupe beaucoup. En fait, on lutte pour les élèves prioritairement", déclare Christophe Cailleaux, co-secrétaire SNES-FSU Côte-d’Or.

"C’est une décision très difficile de faire grève pendant cette période d’examens. Cela vient du fait qu’il y a eu une absence de dialogue pendant un long moment. Ce qu’on peut dire aux parents, c’est que leur inquiétude concerne le très court terme et on la partage, mais elle concerne aussi le moyen et le long terme."

 
Christophe Cailleaux, co-secrétaire SNES-FSU Côte-d’Or
 

Jusqu’où ira le bras de fer avec le ministère de l’Education nationale ?

Le ministère de l'Education nationale a décidé de repousser jusqu'à mercredi 3 juillet en fin de journée (au lieu de mardi après-midi), la saisie informatique des notes du bac par les correcteurs.

"J'ai bien dit aux quelques professeurs qui ont décidé de jouer ce jeu-là, qui est tout à fait contraire à tous les principes du service public, que les sanctions financières seraient très importantes", a menacé Jean-Michel Blanquer. Le ministre a évoqué des sanctions allant "jusqu'à quinze jours de retrait de salaire".

Jusqu’à quand les enseignants poursuivront-ils leur mouvement de rétention des notes ?
"L’idéal serait que Monsieur Blanquer nous entende et que, plutôt que des sanctions, il puisse y avoir un véritable dialogue, soyons fous, même une abrogation des différentes lois qu’il essaie de mettre en place", répond Christophe Cailleaux, co-secrétaire SNES-FSU Côte-d’Or.


Après avoir dit qu’il y avait un "risque" que certains élèves n'aient pas leurs résultats ce jour-là, le ministre de l’Education assure finalement que « si une note manque », on mettra « une note provisoire ».
"Si d'aventure une note manque, ce que nous faisons par exemple lorsqu'il y a une perte de copies, nous mettons la note de la moyenne dans la discipline concernée, a détaillé le ministre. Ce sera une note provisoire. Quand, ensuite, on aura la note définitive, on pourra prendre la meilleure des deux notes, de façon à ce que l'élève ne soit pas lésé", a assuré Jean-Michel Blanquer. Tous les candidats au bac 2019 auront leurs résultats vendredi 5 juillet, promet le ministre de l'Education. 

 

Reportage de Noémie Gobron, Hélène Assekour et Rachel Nectoux avec :
-Maud Vu Vn Kha, professeure de sciences économiques et sociales à Dijon
- Mathieu Fontaine, professeur de philosophie à Auxerre
- Bruno Ecard, président des Parents d’Élèves de l’Enseignement Public (PEEP)


Des associations de parents d’élèves dénoncent cette forme d’action et ont organisé un rassemblement de protestation devant le rectorat de Dijon lundi 1er juillet, au moment même où les enseignants manifestaient pour être reçus en audience au ministère de l'Education nationale afin d'exposer leurs revendications. . 
 

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