Retraites et 49.3 : syndicats et citoyens, quelle suite sera donnée à la contestation à Dijon ?

Après le passage en force du gouvernement sur la réforme des retraites, tous les regards se portent sur la rue. À Dijon, tandis que l'intersyndicale s'est réunie pour discuter de la grève déclarée du jeudi 23 mars, les appels à manifester indépendamment se multiplient.

Jeudi 16 mars, après l'annonce de l'utilisation du 49.3 pour faire passer la réforme des retraites, un premier rassemblement s'est organisé dans la foulée à Dijon, avec des débordements à la clé : poubelles incendiées, arrêts de tram vandalisés... Le lendemain, ce vendredi, un nouvel appel citoyen était lancé à Dijon et a réuni quelques dizaines de personnes place de la République. Mais l'on peut s'attendre à de nouveaux rassemblements spontanés, non encadrés par les syndicats, dans les jours qui suivent. Comment les syndicats envisagent-ils la suite ? Nous leur avons posé la question.

"Ça ne nous étonne pas"

À la sortie de l'intersyndicale qui s'est réunie ce vendredi 17 mars à Dijon, dans les locaux de Force Ouvrière, Théo Contis, co-secrétaire du syndicat Solidaires 21, n'est pas surpris par les appels aux manifestations citoyennes qui émergent à Dijon et ailleurs. 

"On a vu passer plusieurs messages sur les réseaux sociaux sans être sollicités de façon officielle, mais cet appel ne nous étonne pas au regard de la violence du passage en force du gouvernement, hier, avec le 49.3."

"Des mouvements spontanés comme cela, on a pu en apercevoir jeudi soir à Rennes, avec pas loin de 5 000 personnes. On les comprend carrément car il y a beaucoup de colère à exprimer."

Théo Contis

Solidaires 21

Fidèle à son ADN contestataire, Solidaires 21 appelle sans ambiguïté ses membres à y prendre part, comme le fait le syndicat pour toutes initiatives de contestation de ce genre. Mais l'essentiel des discussions de l'intersyndicale, cet après-midi, a porté sur l'organisation de la prochaine grève nationale prévue jeudi 23 mars. "Pour le coup, il y a un vrai consensus sur le mouvement du 23 mars", précise Théo Contis. "On ira tous unis sous la bannière de l'intersyndicale."

Selon nos informations, en Côte-d'Or, les points de rassemblement annoncés pour les manifestations du jeudi 23 mars sont :

  • 10h porte Saint-Nicolas à Beaune
  • 14h place de la Libération à Dijon
  • 15h place Gambetta à Montbard

Des mouvements diffus en attendant le 23 mars

Avant cette date, d'autres appels à manifester ont été lancés de manière plus diffuse. Solidaires 21 appelle par exemple à des rassemblements les samedi 18 mars à 15h et lundi 20 mars, place de la République. FO et la FSU devraient y participer, selon nos informations.

Côté CGT, toujours selon nos informations, des actions et opérations de blocage pourraient éclater dès lundi dans les entreprises et zones d'activités. "On va faire tout un tas d'actions avant jeudi pour envoyer les messages qu'il faut au gouvernement et au Medef", explique Frédéric Pissot, secrétaire général de la CGT 21.

La CFDT joue la discrétion après les débordements à Dijon

De son côté, la CFDT, syndicat réformiste, se montre plus mesurée. Jeudi 16, lors du rassemblement spontané à Dijon, quatre mannequins à l'effigie d'Emmanuel Macron et des membres du gouvernement ont été brûlés sur la place de la République.

Le leader national de la CFDT, Laurent Berger, a condamné cet agissement dans un tweet. Il continue par ailleurs à appeler au retrait de la réforme.

► À LIRE AUSSI : Réforme des retraites et 49.3 : au lendemain des manifestations sauvages, la ville de Dijon et l'État portent plainte

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