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Science : des chercheurs dijonnais ont découvert des fossiles exceptionnels et une biodiversité inattendue

Des chercheurs dijonnais du CNRS et de l'Université de Bourgogne ont trouvé aux Etats-Unis des fossiles exceptionnels. En les étudiant, ils ont découvert que la biodiversité a repris très vite du poil de la bête après un cataclysme majeur intervenu il y a 252 millions d'années.

Par Maryline Barate

Ces chercheurs, menés par le paléontologue Arnaud Brayard, ont publié leurs conclusions dans la prestigieuse revue Science Advances ce mercredi 15 février 2017. Depuis, ils ne cessent d'être sollicités par les journalistes du monde entier.


Quelles découvertes ?

Depuis 2008, Arnaud Brayard et ses collègues explorent un gisement de fossiles près de Paris, dans l'Etat de l'Idaho, aux Etats-Unis. Ce canyon offre des fossiles exceptionnels de la fin de l'ère primaire. Une époque charnière très intéressante ! Il y a 252 millions d'années, d'immenses éruptions volcaniques ont décimé  90 % des espèces qui peuplaient la planète, en l'occurrence essentiellement des êtres vivants marins. C'est la plus vaste extinction de tous les temps. Il était communément admis jusqu'à présent qu'il avait fallu plusieurs dizaines de millions d'années pour que la biodiversité se reconstitue.

Ces chercheurs battent en brèche ce scénario. D'après les fossiles qu'ils ont retrouvés, moins de 1,5 million d'années après cette crise écocide, la nature avait repris ses droits. La faune présentait même une diversité surprenante et spectaculaire. Cet écosystème englobe des éponges qu'on pensait déjà disparues et des espèces de calamars qu'on estimait plus tardives.

A quoi ça sert ?

« Ces recherches fondamentales peuvent aider les décideurs politiques et associatifs à préserver notre planète. Cela n'a pas de valeur prédictive mais quand même. Lors de cette extinction de masse de l'ère primaire, on a assisté à un réchauffement climatique marqué, une acidification des océans et une baisse de leur teneur en oxygène. Quels organismes vont survivre plus facilement ? Quelles zones géographiques vont être plus ou moins atteintes ? Après tout, de nos jours également, ce genre de questions peuvent se poser ? », analyse Arnaud Brayard. 

Une équipe internationale et plurisdisciplinaire

Au fil du temps, l'équipe s'est étoffée et internationalisée. Le projet est toujours piloté par le laboratoire Biogéosciences du CNRS et de l'Université de Bourgogne, cinq laboratoires français y participent ainsi que des chercheurs américains et européens (Suisse, Suède, Pays de Galles et Luxembourg). Ils représentent une vaste palette de spécialistes nécessaire à ce genre d'études. Les financeurs sont également multiples : la région Bourgogne-Franche-Comté, le CNRS et l'Agence Nationale pour la Recherche.

Le reportage de M. Barate et R. Liboz avec :
  • Arnaud Brayard, paléontologue CNRS au laboratoire biogéosciences et coordinateur des équipes 
  • Emmanuel Fara, paléontologue et directeur du laboratoire biogéosciences de l'Université de Bourgogne
  • Christophe Thomazo, géochimiste au laboratoire biogéosciences de l'Université de Bourgogne
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