Stage obligatoire en seconde : un chemin de croix pour de nombreux lycéens, faute de places en entreprises

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À cinq jours du début des stages de seconde, comment les établissements se sont-ils organisés ? ©Emmanuel Pinsonneaux et Theo Collet / France Télévisions

Les stages de seconde débuteront dans toute la France lundi 17 juin. Pour beaucoup de lycéens, faute d'avoir trouvé une entreprise, il va falloir s'occuper. Un défi très compliqué pour les établissements et les équipes pédagogiques.

Les élèves de seconde doivent entamer leur stage dans moins de 4 jours. Du 17 au 28 juin, les lycéens devraient tous être en entreprise afin d'observer et s'immerger dans le monde professionnel. Mais pour les jeunes comme dans les établissements scolaires, cette réforme issue du décret du 29 novembre 2023 laisse un goût amer.

"J'en connais qui ont eu leur stage seulement cette semaine"

Clara, du Lycée Simone Weil à Dijon fait partie des chanceux qui ont réussi à trouver un stage. Elle raconte le chemin de croix pour y parvenir : "Ça a été compliqué, j’ai vraiment mis beaucoup de temps à trouver un stage qui me plaisait et dans ce que je voulais faire. J'en connais qui ont eu leur stage seulement cette semaine. Je vais aller en classe Ulis dans une école primaire." Comme pour son stage de troisième. De quoi conforter son choix : "Ça va nous permettre de nous aider, de vraiment continuer dans la filière qu’on veut et si ça nous plaît de rester dans cette filière". 

Axell, sa camarade a pu compter sur sa famille : "Ça a été assez compliqué, mes parents m’ont beaucoup aidé. Ma mère m’a parlé de son ancien travail et j’ai demandé là-bas. Mais j’ai aussi demandé à beaucoup d’endroits et personne ne m’a répondu. J'ai deux amies qui n’ont pas réussi à avoir de stage et qui n’ont eu que des réponses négatives."

Des difficultés pour les professeurs

Du côté des équipes pédagogiques, le mécontentement contre le décret ne faiblit pas.

Delphine Loyer, proviseure du Lycée Simone Weil, rappelle les problèmes auxquels le corps enseignant a dû faire face  : "le nombre d’entreprises était insuffisant par rapport au nombre d’élèves en seconde. La difficulté qu’on a rencontrée était surtout dans le fait de pouvoir trouver une solution à chaque jeune. Que chaque jeune puisse avoir un stage. Mais aussi faire coïncider les périodes de formation en milieu professionnel. En fin d’année, nous avons peu de professeurs présents sur l'établissement en raison des examens, donc en fonction des établissements, certains ont réorganisé les emplois du temps. C'est très lourd parce qu’on est aussi sur les phases d’orientation, de préparation de rentrée..."

"Mettre du sens à ce stage"

Sans surprise, de nombreux jeunes se retrouvent aujourd'hui sans entreprise. Si certains établissements s'organisent encore pour les accueillir, la proviseure dijonnaise explique avoir choisi une mise en place différente dans son lycée.

"Il faut pouvoir mettre du sens à ce stage, donc il faut aussi pouvoir dire aux élèves les raisons pour lesquelles ce stage est mis en place. Nous on a travaillé essentiellement sur le développement durable, les compétences psychosociales, puisque l’établissement a des formations spécifiques. L’idée c’était d’envoyer les élèves vers les entreprises en menant une réflexion, soit sur l’impact du développement durable ou la prise en charge sociale des personnes dans l’entreprise. Que les élèves aient vraiment une problématique, qu’ils reviennent pour construire une réflexion autour de ce stage."

Pour les élèves moins chanceux qui n'ont pas réussi à obtenir un stage, il faut espérer que les établissements auront réussi à s'organiser pour les accueillir dans de bonnes conditions.

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