• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ÉCONOMIE
  • DÉCOUVERTE
  • JUSTICE
  • SPORT

Violences contre les femmes : que faire pour leur venir en aide ?

Les familles et les proches des victimes tuées par leur conjoint ou ex-compagnon demandent des mesures concrètes et rapides pour endiguer le fléau des féminicides. / © FRANCOIS DESTOC / MAXPPP
Les familles et les proches des victimes tuées par leur conjoint ou ex-compagnon demandent des mesures concrètes et rapides pour endiguer le fléau des féminicides. / © FRANCOIS DESTOC / MAXPPP

Près de 100 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou compagnon depuis le début de l'année 2019. En Bourgogne, elles sont 4. L'appel à l'aide d'une femme, à Dijon, filmé par des voisins, a provoqué des très nombreuses réactions. Que faire face à cette situation dramatique ? 
 

Par B.L.

"Arrête ! S'il vous plaît à l'aide"


C'est une vidéo bouleversante qu'un voisin a filmée. Une cage d'escalier où l'on entend des cris. L'appel au secours d'une femme qui demande de l'aide face à son compagnon violent. C'est une scène récurrente. Le témoin décide de la diffuser sur les réseaux sociaux pour alerter les autorités.

Les images ont suscité de vives réactions, dont celle de Marlène Schiappa, Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.
"Merci aux voisins qui ont tourné cette vidéo pour leur engagement et leur vigilance. Dès hier soir mon équipe en a pris connaissance grâce à votre tweet et a contacté les autorités à Dijon qui se sont mobilisées", dit-elle.

De son côté, la préfecture de Côte-d’Or assure suivre cette affaire. "La police nationale est parfaitement informée de la situation de ce couple et elle déjà intervenue plusieurs fois pour des conflits n’ayant donné lieu à aucun dépôt de plainte, comme ce fut le cas hier", dit-elle.

 


Les scènes de ce genre sont loin d'être isolées. Elles tournent parfois au drame. Il y a quelques mois, par exemple, Razia, 34 ans, avait été poignardée par son mari en pleine rue à Besançon. Cette mère de trois enfants avait porté plainte 7 fois. 

En octobre 2018, Marlène Schiappa a lancé un plan de lutte contre les violences conjugales, qui comprend notamment une campagne de sensibilisation pour inciter les témoins à agir, ainsi que la création d'une plateforme de signalement en ligne pour faciliter le dépôt de plainte. 

Mais, pour les proches des victimes cela ne suffit pas. Ils demandent toujours "des mesures concrètes et rapides" pour endiguer le fléau des féminicides.

En 2018, 121 femmes ont été tuées en France lors de violences conjugales, soit une tous les trois jours. L'année 2019 s'annonce encore plus terrible, comme en témoigne le terrible décompte effectué par le collectif "Féminicides par compagnon ou ex".

 



 

Au mois d'août 2019, on recense déjà 94 femmes mortes sous les coups de leur mari ou compagnon. C’est 10% de plus que l’an dernier à la même époque.


"C'est une situation insupportable", a déclaré Anne Joseleau, directrice de l'association Solidarités Femmes en Côte-d'Or, à France 3 Bourgogne mardi 20 août 2019.


 

1-Les forces de l’ordre ont-elles les moyens suffisants pour intervenir ?

Je ne pense pas, pas en nombre en tous cas. En zone gendarmerie peut-être. En zone police, je pense qu’il faudrait qu’ils soient plus nombreux et mieux formés au niveau de la brigade de la famille qui est en charge de ces questions pour être plus réactifs et à l’écoute de ces femmes qui viennent.

Il faut savoir que c’est extrêmement difficile de venir déposer plainte. Donc, Il faut prendre le temps de les écouter, de les entendre. Certains font cela très bien. On a vraiment des policiers et des gendarmes qui font un très bon travail, mais je pense qu’ils ne sont pas assez nombreux.
 

2-Que faire quand on entend des appels à l’aide ?

Parmi les bons réflexes, il y a le numéro d'appel contre les violences faites aux femmes, le 3919. Mais, ce n’est pas un numéro d’urgence, c’est un numéro d’écoute, qui donne aussi de bons conseils. Les femmes peuvent appeler mais les proches aussi, les voisins, pour avoir les bons conseils à mettre en œuvre dans ce type de situation.

Mais, si on entend des cris dans une cage d’escalier, des appels à l’aide, il faut appeler la police, le 17. Un danger, on ne peut pas le mesurer. On a des forces de l’ordre qui sont formées pour ça. Il faut vraiment les appeler.
 

3-Les décisions d’éloignement sont-elles trop rares ?

Le moment de la séparation est le plus dangereux dans les violences conjugales. C’est un moment principal de passage à l’acte. Il faut être extrêmement vigilant.

Il faudrait qu’il y ait des mesures de précaution qui soient prises, ce qu’on ne fait pas suffisamment. Il faut mettre à l’abri les femmes et il faut que l’agresseur soit surveillé, qu’il ait des comptes à rendre. Et ça on ne le fait pas.
 

4-Les téléphones mis à la disposition des femmes battues, est-ce que ça marche ?

Ça peut fonctionner, mais c’est un peu long et c’est le procureur qui peut délivrer un téléphone d’urgence.

C’est pourquoi dès qu’il y a un signalement, il faudrait des mesures contraignantes pour les auteurs de violence. Comme un principe de précaution : il vaut mieux éloigner, il vaut mieux suspendre l’autorité parentale pendant un temps



Association Solidarités Femmes en Côte-d'Or : Téléphone : 03 80 67 17 89 


 
Reportage d’Anne Berger, Loïc Blache et Carlos Zappalá.

Voici le témoignage d'une femme victime (accompagnée par l'association Solidarité Femmes) que nous appellerons Christine. Cette jeune maman a quitté son compagnon en novembre 2017. Elle tente aujourd'hui de se reconstruire. Elle aurait aimé que des voisins préviennent la police quand elle était battue ou que la police qu'elle a contactée intervienne plus rapidement.


 

A lire aussi

Sur le même sujet

Quel avenir pour la maison Colette de Besançon ?

Les + Lus