Violences à Dijon : l'organisation d'un rassemblement contre le préfet ne fait pas l'unanimité

Même si le calme est revenu dans le quartier des Grésilles à Dijon, l'écoeurement des habitants ne retombe pas. Témoins des affrontements, ils se plaignent d'une trop faible réaction des forces de l'ordre et certains appellent à la démission du préfet, qu'ils accusent d'avoir laissé faire. 

Le marché des Grésilles, le 18 juin 2020
Le marché des Grésilles, le 18 juin 2020 © D.Rabeisen

Un appel à "une manifestation pacifique"

Selon nos sources, un appel circule sur les réseaux, invitant à un rassemblement "pacifique" le samedi 20 juin après-midi à Dijon "pour la démission du préfet". Dans cet appel il est reproché au représentant de l'Etat d'avoir "sciemment empêché la police de protéger les habitants" de la vendetta tchétchène pendant les trois nuits de violences qui ont eu lieu dans le quartier et à Chenôve. Il est aussi question "d'union" et d'un rassemblement "pour cela ne se reproduise plus jamais."

Hamid El Hassouni, adjoint au maire de Dijon et élu des Grésilles, s'est rapidement désolidarisé de cet appel.

 

Reportage : Marie Jolly, Damien Rabeisen

Avec : Youssef Drissi El Bouzaidi, organisateur du rassemblement

La colère des habitants des Grésilles

 

Cet appel intervient alors que la police a procédé à six interpellations au sein de la communauté tchétchène ce jeudi 18 juin dans plusieurs villes de France. 

Un sentiment "d'abandon"

Ces trois nuits ont été vécues comme un traumatisme par les habitants du quartier. Pour beaucoup, des sentiments d'indignation et de colère prédominent. Plusieurs "anciens" n'ont effectivement pas compris l'attitude de la police et  évoquent "l'impunité" dont auraient bénéficié les membres de la communauté tchétchène. Ils ont dénoncé la passivité et l'attitude des forces de l'ordre.

Des membres de la communauté tchétchène aux Grésilles le 15 juin 2020
Des membres de la communauté tchétchène aux Grésilles le 15 juin 2020

 

Les violences de la "horde sauvage" ne resteront "pas impunies"

Ces violences commises à Dijon à la suite d'une expédition punitive menée par des membres de la communauté tchétchène ne resteront "pas impunies", a déclaré mercredi 17 juin Christophe Castaner, en dénonçant une "horde sauvage." Le ministre de l'Intérieur a affirmé qu'il avait demandé aux services de police en charge des investigations d'identifier "les auteurs de ces exactions commises dès samedi". 

Il a salué l'action des forces de l'ordre et justifié la stratégie d'ordre public pour "faire en sorte qu'il n'y ait pas d'échauffourées bande contre bande. Il n'y avait pas eu d'anticipation en matière de renseignement", a-t-il admis, "et pourtant les forces de sécurité intérieure qui n'étaient pas numériquement en capacité de faire face ont répondu présent".

"Ce qui s'est passé est totalement inacceptable où que cela soit en France, nous ferons reculer ces pratiques de voyous", a déclaré M. Castaner, au lendemain de la visite à Dijon de son secrétaire d'Etat, Laurent Nuñez. 


    

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