Les premières consultations de SOS Médecins ont commencé à Châtillon-sur-Seine : "c'est une solution d'appoint"

À Châtillon-Sur-Seine, des médecins dijonnais viennent au secours des patients. Pour lutter contre la désertification médicale, SOS Médecins s'est installée dans la maison de santé. À raison d'une fois par semaine, le mardi, un praticien assure une permanence.

"Je suis super contente car ici, on est vraiment dans un désert médical. On en a vraiment besoin". Cette habitante affiche un large sourire qui contraste avec le lieu dans lequel elle se trouve : la salle d'attente d'un cabinet médical. Comme elle, de nombreux patients venus, ce mardi matin, se réjouissent de l'arrivée de SOS Médecins dans leur ville.

"Il y a un vrai manque généraliste sur le Châtillonais, d'autant plus dans le milieu rural. J'habite un village et on n'a pas de médecin à moins de 30 kilomètres", souligne une autre femme présente dans la maison de santé. "Mon médecin traitant ne travaille pas le mardi et j'ai un problème urgent à traiter qui ne peut pas attendre."

Dix médecins pour 20.000 habitants

À 10h, heure d'ouverture du cabinet, Rémi Bonnin accueille son premier patient du jour. "Alors qu'est-ce qui vous amène ?" demande le généraliste de SOS Médecins. "Les patients sont ravis d'avoir une oreille attentive à leurs problèmes", confie le trentenaire, arrivé ce matin de Dijon.

Il reçoit un homme de 73 ans qui vient consulter pour une intense fatigue. Après examen, le septuagénaire confirme que "c'est la galère pour avoir un rendez-vous". Il regrette que la désertification médicale n'ait pas été anticipée plus tôt : "tout le monde savait que les médecins qu'on avait ici allaient partir en retraite. Il aurait fallu faire quelque chose il y a quinze ans. Maintenant les médecins préfèrent s'installer sur la Côte d’Azur plutôt que dans nos campagnes."

Agacé par la situation, il vient d'apprendre qu'il n'est pas certain de revoir le même généraliste de SOS Médecins d'une semaine à l'autre : "je vais revenir et on va devoir reprendre le dossier de A à Z", soupire-t-il.

"On ne fait pas de suivi on est là sur du ponctuel. C'est une solution d'appoint."

Rémi Bonnin, médecin généraliste (SOS Médecins)

Rémi Bonin fait partie des 17 généralistes de l'association SOS Médecins Dijon qui collaborent avec la maison de santé de Châtillon. Il assure également des consultations de soins non programmés dans plusieurs antennes comme à Auxonne (Yonne) ou encore à Nevers (Nièvre). "On espère faire un appel d’air pour que d’autres collègues viennent s’installer ici", précise le praticien, conscient des effets limités d'un tel dispositif. "On peut faire de la petite chirurgie s'il y a besoin, des sutures, c'est principalement de l'aigu. On ne fait pas de suivi, on est là sur du ponctuel - c'est une solution d'appoint."

Susciter des vocations

Une quarantaine de rendez-vous médicaux par semaine seront ainsi assurés avec cette nouvelle permanence à la maison de santé de Châtillon. L'occasion de soulager les médecins généralistes titulaires en repos et d'assurer la continuité des soins.

Ici, il faut parfois attendre un mois et demi pour espérer décrocher un rendez-vous. "Les généralistes ont énormément de travail pour combler tout le monde", explique Jérémie Brigand, le président de la Communauté de communes du Pays Châtillonnais.

La collectivité a financé ce projet, notamment le matériel et les frais de fonctionnement. "On a tellement de problèmes dans nos zones rurales pour trouver des médecins que les collectivités sont obligées de mettre la main à la poche. Ce n'est pas notre rôle premier mais il faut faire quelque chose", juge Jérémie Brigand, qui espère pérenniser ce dispositif et cette offre complémentaire. "L'idée, c'est d'installer une dynamique. On espère que ça va attirer l'œil d'autres professionnels de santé et les faire venir."

Avec Thomas Chammah et Romain Liboz.

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