Parler les langues et le patois de Bourgogne ce week-end à Marsannay-la-Côte

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Écrit par Cathy Dogon

C'est l'un des trois événements annuels de la Maison du patrimoine oral de Bourgogne. Il met à l'honneur les langues, aujourd'hui peu parlées, de la région. 

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Les quatrièmes rencontres des langues et patois de Bourgogne se déroulent en ce samedi 22 octobre à Marsannay-la-Côte. Organisées par la Maison du patrimoine Oral de Bourgogne et Langues de Bourgogne, le rendez-vous a pour thème cette année "Les climats en bouche".

L'occasion de se remémorer le patrimoine oral bourguignon. Parmi les expressions les plus significatives, les Bourguignons utilisent le verbe nadouiller pour l'expression familière glandouiller, ou encore gambiller pour boiter, frigoler pour faire cuire des châtaignes (c'est de saison !).

Il existe cependant dans la région des différences en fonction des pays. On dénombre quatre patois :
  • parler de Saint-Germain-des-Champs (morvandiau)
  • parler du val de Bargis (nivernais) 
  • parler de Gibles ou de Trivy (charolais)
  • parler poyaudin de Puisaye

"se rapprocher le plus possible de leur prononciation" d'antan

En 1980 déjà, un maire de la région, Louis Devoir, déplorait la disparition de ces palabres. Il avait alors inséré dans le journal communal un lexique. Il y écrivait alors : "c'est un glossaire de quelques mots qui sont de moins en moins employés dans nos conversations. Nous avons essayé, en les orthographiant, de nous rapprocher le plus possible de leur prononciation, ici, dans notre commune de Saint-Germain-des-Champs".

Pour cette partie de la Bourgogne, au XiXè siècle, l'infinitif des verbes du premier groupe et le participe passé se prononçait ' ai ' au masculin et 'ée' au féminin.  Exemple : Le taureau o m'nai ai la fouaîre : Le taureau est emmené à la foire. La vaiche o m'née ai la fouaîre : La vache est emmenée à la foire. 

Du côté de Trivy, les anciens détachent, ou non, les voyelles, notamment avec un tréma : le "nöyé", le son "oi" du français ne se prononçant pas ici. En charolais, la bonne façon de dire est alors "no-yé"

"ne pas laisser s'enfoncer dans l'oubli ce parler" 

Sur certains blogs entretenant le souvenir de ces langues oubliés, le geste est presque politique : "notre époque tendant à uniformiser la langue française" note Emile Bonnot sur sa page, "mon souhait a été de rendre au patois charolais la place qu'il a tenu par le passé et de ne pas laisser s'enfoncer dans l'oubli ce parler qui a été pendant des siècles le trait d'union de notre contrée."