Pollution de l'eau : voici les communes où il est désormais interdit de boire au robinet en Bourgogne et Franche-Comté

Elle s'allonge, la liste des communes de Bourgogne et Franche-Comté à être soumises à une interdiction de consommation de l’eau. Présence de nitrates dangereux pour les nourrissons et femmes enceintes, agents microbiologiques responsables de maladies diverses... France 3 Bourgogne fait le point.

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L'interdiction de boire de l'eau du robinet, c'est déjà une réalité dans de nombreuses communes de Bourgogne et de Franche-Comté. Et depuis novembre, la liste de l'Agence Régionale de Santé continue de s'allonger dans certains départements. C'est notamment le cas pour la Côte-d'Or, où 12 communes sont concernées.

Oigny, village près de la source de la Seine, est la dernière commune en date. L'interdiction de boire l'eau du robinet date du 13 décembre et a été établie suite à des risques microbiologiques pour les usagers. Et si les agents microbiologiques pathogènes sont multiples, ils peuvent être à l'origine de maladies telles que le choléra, la dysenterie ou encore la fièvre typhoïde par exemple. 

Les nitrates en cause principale

Les onze autres communes ont une interdiction ponctuelle suite à la détection de nitrates dans l'eau. La consommation de l'eau potable est donc interdite pour les femmes enceintes et les nourrissons dans ces villages : 

  • Fresnes, réseau Bergerie Flacey, depuis le 12 décembre. 
  • Mont Saint Jean, réseau principal, depuis le 6 décembre.
  • Poiseul la Grange, depuis le 4 décembre.
  • Lux, depuis le 24 novembre.
  • Jailly les Moulins, depuis le 24 novembre.
  • Salmaise, depuis le 24 novembre.
  • Frolois et Corpoyer la Chapelle, depuis le 15 novembre.
  • Source Seine, depuis le 15 novembre.
  • Etalante et Aignay-le-Duc, depuis le 8 novembre.
  • Minot, depuis le 8 novembre. 

Pourquoi de telles mesures concernant les nitrates ? Le risque est double comme l'explique le CNRS : ingérés en trop grande quantité, les nitrates peuvent provoquer un empoisonnement du sang pour les organismes les plus sensibles. C'est pourquoi tous les usagers ne sont pas ciblés par cette interdiction. 

Mais alors, comment expliquer que 12 communes aient rejoint la liste si soudainement ?  "Les non-conformités constatées sur plusieurs communes de Côte-d'Or pour les paramètres nitraites et microbiologiques sont principalement liées au lessivage des sols par les précipitations importantes de ces dernières semaines, associé à des systèmes de traitement de l'eau insuffisants dans certains cas pour éliminer ces polluants (équipements de désinfection, traitement des nitrates...)", détaille l'Agence Régionale de Santé suite à notre prise de contact. 

Des risques bactériologiques en Haute-Saône

Mais la Côte-d'Or n'est pas le seul département concerné. La Haute-Saône a elle aussi cinq communes concernées depuis novembre en plus de celles qui étaient déjà soumises à une interdiction.

Les risques sont différents puisqu'ils sont majoritairement bactériologiques pour trois d'entre elles : 

  • Buthiers, depuis le 15 décembre.
  • Trésilley, depuis le 15 décembre.
  • Vernois sur Mance, depuis le 22 novembre.

Aucun usager ne peut donc consommer l'eau du robinet puisque de possibles bactéries comme le Campulobacter, qui provoque une infection de l'intestin, ou encore la Salmonella, qui se manifeste sous forme de gastro-entérites, ont pu être détectées. 

Reste les communes de Percey-le-Grand, inscrite pour une altération des paramètres physico-chimique (ce qui correspond aux caractéristiques de l'eau et à sa qualité) et Quenoche pour une eau turbide (soit une eau trouble chargée en particules diverses. La turbidité peut indiquer la présence d'éléments pathogènes).

Enfin, pour les plus récentes, une commune du Doubs a elle aussi rejoint les inscrits de cette liste de l'Agence Régionale de Santé. Il s'agit de Servin, pour des risques bactériologiques depuis le 4 décembre 2023.

En tout, sur la région de Bourgogne-Franche-Comté, 109 communes sont listées : 7 dans l'Yonne, 17 en Haute-Saône, 33 communes dans la Nièvre, 4 dans le Jura, 5 dans le Doubs et 43 en Côte-d'Or. Aucune en Saône-et-Loire et dans le Territoire de Belfort. Certaines interdiction durent depuis 2009. Mais pour la majorité d'entre elles, il s'agit d'interdictions ponctuelles.