"Si je crève, ça ne va pas changer grand-chose" : déçu, ce maire ne se représentera pas en 2026

En plein congrès des maires de France, une préoccupation occupe les débats : le découragement des élus locaux. Certains démissionnent en cours de mandat, d'autres savent d'ores et déjà qu'ils ne se représenteront pas. Exemple en Côte-d'Or.

Eringes, 60 habitants, entre Auxois et Châtillonnais (Côte-d'Or). Belle nature, calme absolu, avec en prime un patrimoine exceptionnel et de majestueux remparts. Un cadre idéal pour le premier mandat de maire d'Eric Astolfi, élu en 2020. Mais aujourd'hui, l'élu déchante :

"C'est lourd. On ne dort pas très bien. Je ne m'attendais pas à ça, je m'attendais à beaucoup plus simple."

Eric Astolfi

maire d'Eringes depuis 2020

Novice, ce cadre commercial à la retraite s’est laissé convaincre, et découvre depuis la dure réalité de maire. Au quotidien, il ne se sent pas écouté. "On est par exemple censé refaire la toiture du lavoir communal", explique-t-il. Pour cela, il a demandé une aide de l'État. Sauf que... "On attendait une subvention de 2 600 euros et quelques, et pour le moment on m'a répondu qu'il y avait d'autres priorités."

"Par rapport au discours qu'on nous tient, je suis un peu déçu. Surtout que ce n'est pas une grosse somme", déplore l'élu.

Autre sujet d'inquiétude à Eringes : les six éoliennes qui doivent être installées dans un champ en bordure du village. L'affaire est devant la justice. Eric Astolfi, lui, aimerait connaître les plans de l'État pour son village... Sans succès. "Un référent préfectoral a été nommé, mais ça fait deux mois que j'attends un rendez-vous avec lui !"

"L'impression d'être le grand chef indien de la réserve"

"Je pense que si je représentais 1 500 personnes, je serais peut-être plus facilement reçu", estime le maire de cette toute petite commune. Épuisé, démoralisé... Eric Astolfi ne se représentera pas en 2026. Son sentiment ? "J'ai l'impression d'être le grand chef indien de la réserve. On vient me donner quelques subsides, mais bon... Si je crève, ça ne va pas changer grand-chose."

Pour stopper l'hémorragie, le gouvernement a promis une loi pour l'été prochain, visant à faciliter la vie des maires.

► Avec Vincent Thollet et Rodolphe Augier