La Coupe de la Ligue disparaît, mais la victoire des "Forgerons" de Gueugnon sur le PSG reste gravée dans les mémoires

Après 25 ans d'existence, la Coupe de la Ligue  disparaît du calendrier. Malgré les critiques, cette compétition de football restera dans les mémoires, notamment pour ses surprises comme la victoire des "Forgerons", Petits Poucets de Saône-et-Loire qui ont fait chuter les Parisiens !
 

L'équipe du FC Gueugnon fête sa victoire en finale de la Coupe de la ligue de football face au PSG, le 22 avril 2000, au Stade de France à Saint-Denis.
L'équipe du FC Gueugnon fête sa victoire en finale de la Coupe de la ligue de football face au PSG, le 22 avril 2000, au Stade de France à Saint-Denis. © JACK GUEZ / AFP

"Coupe Machin" et "Coupe Moustache"

"Coupe Machin", "Coupe Moustache", "petite danseuse"... Ce sont quelques uns des surnoms donnés à la Coupe de la Ligue, qui disparaîtra du calendrier après la finale Paris SG-Lyon vendredi 31 juillet 2020.

Cette compétition avait été lancée en 1995 par le président de la Ligue de football professionnel d'alors, Noël Le Graët. La Coupe de la Ligue a globalement réussi son pari en s'inspirant de la "League Cup" anglaise. Mais, elle était régulièrement critiquée pour la place qu'elle occupait dans le calendrier ou pour la concurrence qu'elle faisait à la Coupe de France. Sans compter quelques affiches sans grande saveur.

Malgré tout, certaines éditions restent gravées dans les mémoires comme la victoire improbable des "Forgerons" de Gueugnon face au PSG le 22 avril 2000. Ce jour-là, le FC Gueugnon avait battu le Paris SG (2-0) au Stade de France. Le petit club bourguignon est l'unique vainqueur de deuxième division de la Coupe de la Ligue.
 
Les supporters du FC Gueugnon soutiennent leur équipe, le 22 avril 2000 au stade de France de Saint-Denis, lors du match PSG/Gueugnon comptant pour la finale de la Coupe de la ligue de football.
Les supporters du FC Gueugnon soutiennent leur équipe, le 22 avril 2000 au stade de France de Saint-Denis, lors du match PSG/Gueugnon comptant pour la finale de la Coupe de la ligue de football. © JACK GUEZ / AFP
 

Le passé glorieux des "Forgerons"

Un quart de siècle a passé. Sur les bords de la rivière l'Arroux, le stade Jean-Laville, avec ses 14 000 places et ses deux tribunes rénovées, évoque le passé glorieux des "Forgerons" et leurs 37 saisons en D2. Mais, la pelouse délabrée trahit plusieurs années de crise.

"On a les deux mondes qui se côtoient, le professionnel hérité de notre histoire et l'amateur qui incarne notre présent. Nous sommes plus proches du second", déclare Bernard Canard, le président du FCG.

Près de lui, la Coupe de la Ligue trône à côté d'un fanion de la finale aux couleurs délavées. Le trophée avait été saisi par l'huissier en 2011 au moment de la liquidation du club, consécutive à une relégation en National en 2008 et à deux ans (2009-2011) avec l'ancien attaquant Tony Vairelles propriétaire qui ont précipité sa chute. La coupe a été rendue un an plus tard, en même temps que Gueugnon entamait sa reconstruction.

Aujourd'hui, le club de Saône-et-Loire évolue en National 3 (5e division), avec l'ambition de vite remonter en N2.
 
Vue partielle du stade Jean-Laville à Gueugnon le 25 avril 2000
Vue partielle du stade Jean-Laville à Gueugnon le 25 avril 2000 © GERARD MALIE / AFP


 

"On est toujours l'équipe à battre !"


Dans le stade, avant d'entrer sur la pelouse, les joueurs passent devant la photo de l'équipe demi-finaliste de la Coupe de France en 1991 avec Pascal Dupraz, ou celle qui a disputé l'unique saison du club en D1 (1995-1996) avec l'international Franck Jurietti ou Philippe Correia, l'actuel entraîneur.

"Ça laisse une certaine identité, parce qu'on sait très bien que ça se perd très vite. C'est important pour nous de léguer certaines valeurs", explique Philippe Correia, qui a remarqué que ce passé a un prix : "On est toujours l'équipe à battre !"

"On garde une certaine culture. On fait du simili-pro", estime de son côté l'intendant Michel Berthommier, champion de France de D2 en 1979 avec le FCG, qui avait alors refusé sa montée en D1 pour éviter la professionnalisation du club. C'était une époque où les joueurs travaillaient également pour l'aciérie voisine. Du terrain d'entraînement de la plaine du Vieux-Fresne, on aperçoit toujours la tour de recuit de l'usine aujourd'hui exploitée par Aperam.

 
 
 

"Il faut au moins monter en National 2"

Avec ses 30 salariés, la majorité des joueurs, le FC Gueugnon tente de se structurer, en s'appuyant notamment sur son stade, qui a accueilli des matches amicaux entre équipes pro ou des stages d'été pour les jeunes.

"L'histoire nous aide. Nous ne sommes pas là pour la renier", reconnaît le président Bernard Canard. Mais le club est condamné à ne pas s'enfermer dans ses souvenirs.

Fragilisé par sa liquidation qui l'a contraint à repartir de zéro, le FCG doit continuer à grandir pour tenir le choc économiquement : "La difficulté, c'est de mettre un budget tous les ans dans ce club. C'est une remise en cause quotidienne".

L’arrivée du Covid-19 a provoqué une baisse d'environ 10% du budget, estimé autour de 620 000 euros. La crise a contraint le club à ne pas renouveler ses trois contrats fédéraux, les plus onéreux.

Mais la sortie en juillet d'un nouveau logo, à l'occasion des 80 ans du Football Club Gueugnon, symbolise cet allant que les dirigeants veulent maintenir. 

La rubrique Sportlégende du 19/20 de France 3 Bourgogne sera consacrée à cette finale de légende lundi 3 août 2020.


 

Il faut vite qu'on gravisse les échelons parce que cette notoriété, à un moment, va disparaître. Il faut au moins monter en National 2.

Philippe Correia, entraîneur du FC Gueugnon

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