​​​​​​​Covid-19 : après le déconfinement, comment respecter un mètre de distance dans les bus, tramways, cars... ?

Le déconfinement va débuter le 11 mai. Mais, comment est-ce que cela va se passer dans les transports en commun ? Peut-on vraiment faire respecter une distance de un mètre entre les passagers ? Pour l'opérateur Keolis, présent notamment à Dijon et Besançon, c’est tout simplement impossible.
 

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Archives. © Dalila Iberrakene-Peltier - France 3 Bourgogne

Que va-t-il se passer à partir du 11 mai ?

Keolis - filiale de la SNCF - exploite des métros, tramways et bus dans de nombreuses villes de France (Lyon, Lille, Bordeaux, Rennes...) et du monde.
Keolis assure notamment l’exploitation des bus et trams des réseaux Divia pour Dijon métropole et Ginko à Besançon. Par ailleurs, le groupe est en charge de nombreuses lignes régulières de cars dans la région Bourgogne-Franche-Comté.

Depuis le 17 mars 2020, c’est-à-dire le début du confinement pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, Keolis a maintenu un service aux alentours de 30%.
 

Le retour à la normale sera long 

Il faut maintenant préparer le déconfinement qui passera par un étalement du trafic de voyageurs. Tout ne va pas repartir d’un seul coup. Le retour à la normale sera lent.

"On s’inspire de ce qui a été fait dans d’autres pays et notamment à Shanghai où ils ont repris leur activité économique et sociale il y a environ six semaines. Un mois et demi après, on est à peu près à 55% de fréquentation des transports et les écoles sont seulement en train de rouvrir", a déclaré Patrick Jeantet, président de Keolis, à Radio Classique jeudi 23 avril 2020.
 
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Comment donner confiance aux passagers ?


L’objectif numéro un est de "donner confiance aux passagers qui ont peur de la promiscuité dans un tramway ou dans un bus". Pour cela, il faut imposer le port du masque, déclare le patron de Keolis.

"On considère que cela permettra de ne pas avoir cette distanciation de un mètre qui est impraticable dans les transports publics. C’est impraticable pour une raison extrêmement simple : si vous voulez remplir correctement vos bus ou vos rames de tramway, on ne peut pas respecter la distance de un mètre. Donc, le port du masque permet de sursoir à cette nécessité de distanciation sociale qui doit s’appliquer partout ailleurs."

A noter que l'Elysée a annoncé jeudi 23 avril qu'il "faudra probablement imposer le port du masque" dans les transports publics. C'est une recommandation de l'Académie de médecine qui souhaite que les masques anti-projections soient dès maintenant "obligatoires dans l'espace public".


 
 

Si les transports publics ne repartent pas, attention aux embouteillages !

Pour assurer la sécurité des passagers, Keolis prévoit de renforcer les opérations de désinfection, notamment de tout ce qui est touché par la main. "Car, on a deux moyens d’être contaminé : soit par les projections de salive ce qui peut être évité par le port du masque, soit par le toucher.
On est en train d’étudier la possibilité, en tous cas dans les métros et les trams, d'avoir des équipes volantes qui désinfectent continuellement les rames, toute la journée, avec des produits virucides. Essentiellement les parties que l'on touche, c'est-à-dire les barres de maintien, les poignées, les boutons, etc ».

Bien sûr, il y aura un surcoût, mais il est nécessaire de faire repartir les transports publics, ajoute le président de Keolis.
"Si vous ne le faites pas, vous arrivez à ce qui se passe aujourd’hui à Shanghai où les embouteillages sont devenus extrêmement importants, parce que les gens prennent la voiture quand ils en ont la possibilité."

 
 
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