Covid-19 : contaminations, clusters, relâchement, les indicateurs qui inquiètent en Bourgogne-Franche-Comté

Ce vendredi 14 août 2020, l'Agence régionale de Santé et la préfecture de Bourgogne Franche-Comté ont fait le point sur l'épidémie de Coronavirus. Hausse du nombre de cas positifs, clusters, non respect des règles sanitaires et des quatorzaines, masque obligatoire, voici ce qu'il faut retenir.

© France 3 Franche-Comté
La Bourgogne-Franche-Comté n'est pas un îlot à l'écart du reste de la France. Comme ailleurs sur le territoire, la région fait face à une légère mais régulière hausse des indicateurs de mesure de l'épidémie de Covid-19. Ce vendredi 14 août, 29 personnes sont hospitalisées, selon l'Agence régionale de santé (ARS). C’est cinq de plus que la semaine dernière. On compte en revanche deux personnes en réanimation contre quatre la semaine précédente. Aucun décès n’a été enregistré cette semaine dans la région. Sur le plan hospitalier, la situation est encore stable. Mais d'autres indicateurs sont plus inquiétants. 
 

Des tests positifs en forte hausse

Cette semaine, 17 926 tests ont été effectués dans la région. Un chiffre sensiblement identique à la semaine dernière. Sur ce total, 227 se sont révélés positifs contre 166 la semaine précédente. Sur sept jours, le taux d'incidence a grimpé à 8 cas pour 100 000 habitants, contre 5,7 la semaine précédente. Une augmentation jugée «inquiétante» par l’ARS. «La région Bourgogne Franche-Comté n’est de ce point de vue pas originale, constate Olivier Obrecht, Directeur général adjoint de l'Agence régionale de santé. Les indicateurs se dégradent et même assez vite. » 

Parmi les points de vigilance signalés par l’ARS, l’augmentation du taux de positivité chez les jeunes. C’était déjà le cas la semaine dernière. Mais désormais, le rebond se fait également sentir chez les plus âgés. « On voit frémir dans notre région une augmentation des cas de positivité chez les 65-75 ans, ce qui est plus inquiétant » note l’ARS.  

« Tous les éléments d’inquiétude que l’on avait début février, augmentation des cas, hausse des taux d’incidence, sont en train de se reconstituer »

Olivier Obrecht

 

Autre nouveauté, depuis quelques jours, la propagation du virus se fait sur les 8 départements de la région. Tous ont enregistré des cas positifs. C’est la Nièvre qui présente le taux d’incidence le plus faible avec 5.9 cas positifs pour 100 000 habitants. Le taux le plus élevé est enregistré en Haute-Saône avec près de 12 cas pour 100 000 Habitants. A titre indicatif, le seuil de vigilance est fixé à 10 pour 100 000 habitants. Le taux d’alerte est fixé à 50 pour 100 000 habitants. C’est au-delà de ce seuil que des mesures supplémentaires sont mises en œuvre.

Une majorité de clusters familiaux

Pour éviter une seconde vague de l'épidémie, les autorités sanitaires ont une obsession : repérer et contrôler les clusters. "Nous avons huit situations de clusters dans la région. Mais il n'y a pas de perte de contrôle. Contrairement au reste de la France où les clusters sont d'abord dans le milieu professionnel, nous sommes à l'inverse avec six clusters familiaux, un en entreprise et un dans un centre de vacances", abonde Olivier Obrecht, Directeur général adjoint de l'Agence régionale de santé.
 
Parmi ses 8 clusters, il y a en 7 en Franche-Comté, dont 3 dans le Jura et 3 dans le Doubs, les deux départements les plus concernés. Un autre se trouve en Haute-Saône et le dernier en Côte d'Or. Cette hausse des contaminations au sein du cercle familial s'explique selon l'ARS par un relâchement des gestes barrières en cette période estivale de retrouvailles familiales. Une autre mesure sanitaire est mise à mal par un certain laxisme : l'isolement de 14 jours de toute personne testée positive au Covid-19. "On s'aperçoit qu'il y a un relâchement sur le respect de la quatorzaine. Entre 30 et 40% des personnes qui sont placées en quatorzaine ne répondent pas aux appels des équipes de l'ARS et de l'Assurance maladie qui prennent des nouvelles de leur situation au cours de leur période d'isolement. Ce n'est pas un signe très rassurant", conclut Oliver Obrecht. 
 

Masques obligatoires à Dijon

Conséquence de ces indicateurs jugés inquiétants, même si la situation en Bourgogne Franche-Comté est plutôt meilleure que la moyenne nationale, un renforcement de certaines mesures par les préfectures. « On prépare des mesures pour limiter la propagation du virus, éviter un rebond à la rentrée et une perte de contrôle qui entrainerait un reconfinement. » explique le secrétaire général de la préfecture de Côte d’Or, Christophe MAROT.

En Côte d’Or, par exemple,  le port du masque est désormais rendu obligatoire à Dijon et Semur-en-Auxois ainsi que sur plusieurs marchés de l’agglomération dijonnaise.
 
 
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