Covid-19 : malades chroniques, séropositifs, non prioritaires pour le vaccin, ils l'attendent pour recommencer à vivre

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Écrit par Matti Faye
En Bourgogne-Franche-Comté, l'ARS estime qu'il n'y a pas d'entrave à la vaccination, peu importe où l'on se trouve.
En Bourgogne-Franche-Comté, l'ARS estime qu'il n'y a pas d'entrave à la vaccination, peu importe où l'on se trouve. © KURT DESPLENTER / MAXPPP

La première phase de la vaccination contre le Covid-19 concerne les personnes en Ehpad et le personnel des établissements. Les malades chroniques, plus fragiles face à la maladie, regrettent d'être exclus de cette première étape et font part de leur impatience à pouvoir être vaccinés.

"Tous les jours je prends les transports en commun, je vais travailler. Donc j'ai une grande appréhension de ce virus, étant considéré comme personne vulnérable à haut risque de développer une forme grave. Par contre, je ne suis pas prioritaire pour la vaccination."

Emmanuel Bodoignet est le président de l'association Aides en Bourgogne-Franche-Comté. Il a 25 ans. "Je ne réponds pas du tout aux critères d'âge, reconnaît-il. Mais par contre, je suis séropositif et je souffre d'asthme sévère. Je suis dans la quatrième phase, si on écoute les recommandations de la Haute autorité de santé. C'est-à-dire que d'ici le mois de mars ou d'avril, je pourrais me faire vacciner."

Ça fait dix mois que je fais très attention à tout. Je me prive de sorties, de toute autre chose. Même quand les restaurants étaient ouverts entre les deux confinements, je n'ai pas pu en profiter parce que j'avais trop peur.

Emmanuel Bodoignet, Aides

"Je fais partie, comme des centaines de milliers d'autres personnes, de ceux qui sont très impatients de pouvoir accéder au vaccin, que ce soit celui de Pfizer ou les autres qui sont en cours de validation", poursuit le représentant associatif.

Marcelle Perez, vice-présidente de la Ligue contre le cancer dans l'Yonne se fera aussi vacciner dès que possible. Âgée de 70 ans, elle a été opérée d'un cancer il y a sept ans. "Je suis en rémission mais je suis toujours un traitement", précise-t-elle. Elle aussi se protège au maximum, elle se vaccine par exemple chaque année contre la grippe.

"Au premier confinement, je ne suis pratiquement pas sortie. C'est mon mari qui allait faire les courses, rappelle-t-elle. Là si j'y vais, à la limite je vais à l’ouverture des magasins de façon à ne pas trop longtemps être prise dans la foule." Elle fait aussi très attention pour protéger sa mère, qui va avoir 95 ans, et qui pourra faire partie des premiers à se faire vacciner. "Au début, elle n'était pas très chaude. Mais maintenant oui", confie Marcelle.

La campagne de vaccination contre le Covid-19 qui a débuté partout en France concerne dans un premier temps les personnes âgées en Ehpad et le personnel soignant de 50 ans et plus. Une priorisation qui découle directement du nombre de doses de vaccin disponibles et de la dangerosité du virus pour les personnes les plus âgées. "Aujourd'hui nous avons un rythme de livraison de 500 000 doses par semaine de Pfizer", rappelait mardi le ministre de la Santé Olivier Véran sur RTL. La première phase concerne un million de personnes, selon le ministre.

 

"Dès que ce sera lancé pour nous, je le ferai"

La représentante de la Ligue contre le cancer comprend bien la priorisation décidée par le gouvernement mais ne tardera pas dès que son tour sera venu. "Je suis sûre que dès que ce sera lancé pour nous, personnes à risque et fragiles, je le ferai. J'espère qu'un maximum de personnes ira se faire vacciner et que ce virus disparaisse rapidement."

Je suis très positive. Je fais confiance à la médecine comme je lui ai fait confiance il y a bientôt sept ans à l'annonce de mon cancer.

Marcelle Perez, Ligue contre le cancer

Emmanuel Bodoignet, de son côté, déplore le délai imposé aux personnes fragiles. Il regrette le manque de représentatation des malades chroniques dans les instances chargées de définir la politique de vaccination, à l'origine de cette différence selon lui. "Je pense que les représentants de patients ne sont pas assez influents pour avoir été associés, consultés. Même si dans le comité stratégique de vaccination présidé par le professeur Fischer il y a des représentants de personnes malades, la stratégie était déjà bien établie avant même d'associer les patients", affirme-t-il

"Les recommandations nationales, aussi bien celles de la Haute autorité de santé que celles qui sont mentionnées par le Haut conseil de la santé publique, sont représentatives de la société qui décide et des sachants."

Évidemment, il y a une impatience de la part des associations de malades, des associations de patients à être entendues et à pouvoir participer au débat public.

Emmanuel Bodoignet, Aides

 

"Amplifier, accélérer, simplifier", dit Olivier Véran

Olivier Véran a annoncé mardi matin une accélération de la vaccination. "Avant la fin du mois de janvier, nous autoriserons la vaccination des personnes âgées de 75 ans et plus qui ne sont pas en établissement, qui sont en ville, à la maison", a détaillé le ministre de la Santé sur RTL mardi, disant vouloir "amplifier, accélérer, simplifier" la vaccination. "Ça fait 5 millions de personnes", a-t-il précisé. Il a également annoncé l'élargissement aux pompiers et aides à domicile de plus de 50 ans de la campagne de vaccination, pour le moment réservée aux résidents des Ehpad et aux soignants d'au moins 50 ans.

"Je vais également amplifier les commandes au niveau européen de vaccins pour pouvoir augmenter le rythme et l'intensité de livraison des dotations pour la France et pour l'Europe", a poursuivi Olivier Véran. "Le rythme de croisière de la vaccination" en France va "rejoindre celui de nos voisins dans les prochains jours", a-t-il promis. "On a dépassé les 2 000 vaccinations hier, d'ici jeudi on va augmenter encore de façon très importante, on va être sur une courbe exponentielle", a-t-il dit. 

L'agence européenne du médicament a autorisé ce mercredi un autre vaccin, développé par le laboratoire Moderna, à être utilisé en Europe. Une manière d'accélérer encore le mouvement, avec un produit dont les contraintes de stockage sont moins drastiques que le vaccin Pfizer-BioNTech. Les livraisons de ce vaccin sont estimées à 500 000 doses par mois en France.

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