Covid19 et élections : les maires veulent maintenir les scrutins prévus les 13 et 20 juin

Après un premier report de décembre à mars, puis un second, de mars à juin, les élections régionales et départementales sont pévues les 13 et 20 juin. Il est question de leur report, encore une fois, à l'automne à cause de la crise sanitaire. Officiellement... Les maires veulent leur maintien.

© Vincent Isore, Maxppp

Faut-il ou pas reporter les élections départementales et régionales prévues les 13 et 20 juin ? Si vous êtes un "citoyen lambda", la réponse vous importe peut-être peu mais elle agite les milieux politiques. Vendredi 9 avril, le gouvernement a lancé une consultation. Il interroge tous les maires de France, réponse au plus tard, ce lundi 12 avril, pour qu'ils donnent leur avis sur la question. Problème, les associations d'élus ont déjà donné leur position : les élections doivent être maintenues. Donc, interroger la "base", c'est à dire les maires, qui sont les organisateurs des scrutins, passe très mal.
Argument : comment justifier l'ouverture des magasins et pas des bureaux de vote ? De plus, Emmanuel Macron a annoncé un "presque retour à la normale" à la mi-mai et un vote mi-juin serait impossible ? Surtout si la campagne de vaccination va aussi rapidement que promis...

 

Régions, Départements et Mairies sont pour le maintien

"Territoires Unis", qui regroupe l'association des maires, celle des départements et celle des régions, a publié un communiqué ce matin, au titre explicite : "Le report des élections : échec de la stratégie vaccinale et/ou calcul politique ?" 

Il y est dit : "Au lieu de consulter les maires pour leur demander quels sont les moyens dont ils veulent pouvoir disposer pour assurer le vote dans de bonnes conditions, le gouvernement les rend responsables de la date d’un scrutin pourtant fixée par la loi et dont la modification relève en réalité de sa propre responsabilité ! C’est particulièrement dérangeant, surtout quand on sait qu’ont été organisées ce week-end sans que personne n’en parle plusieurs élections municipales partielles autorisées par les préfets, sans problème particulier, et avec des taux de participation de l’ordre de 70%...
En réalité, le gouvernement n’a peur ni de l’épidémie, ni de la capacité des maires, qui ont pourtant montré leur efficacité et leur agilité pendant cette période de crise, à relever des défis. Ce dont il a peur, c’est du verdict des urnes. Il n’a pas confiance en la capacité du peuple à renouveler démocratiquement les assemblées des Régions et des Départements qui conduisent des politiques essentielles pour le quotidien et l’avenir de nos concitoyens."

Bref, cette consultation des maires passe mal, sur la forme et sur le fond. 

Les maires veulent y croire aussi 

                            

Exemple avec les maires ruraux. Leur association nationale, l'AMRF, l'Association des Maires Ruraux de France, par la voix de son président Michel Fournier, rejette les préconisations du Conseil Scientifique, inapplicables dans leurs mairies de campagne. Mais souhaite le maintien des scrutins...

"Confier les bureaux de vote à des assesseurs vaccinés, c'est possible, installer les isoloirs à l'extérieur, c'est encore possible, sauf s'il pleut trop !" C'est Jean-Paul Carteret, maire de Lavoncourt, qui s'exprime : "Mais nous demander un nettoyage strict des écoles mobilisées pour le vote, on le fait déjà, pour les élèves, tous les jours... Faut arrêter de dramatiser !" Le vice-président de l'AMRF souhaite que les électeurs puissent choisir démocratiquement leurs représentants aux conseils départementaux et régionaux. Pas question d'un report : "Qui peut nous garantir, si on repousse les élections, que la situation sera meilleure en octobre ? Personne ! Moi, la moitié personnes que je croise à Lavoncourt sont vaccinées. D'ici deux mois, ce sera encore mieux. On votera en respectant les gestes barrière, peut-être que les assesseurs auront passé un test 48 heures avant, et on votera sans aucun problème..."

Même si certains élus ne suivent pas aveuglément leurs représentants nationaux, comme le constate également Jean-Paul Carteret :"Ils ont peur des variants du virus et pensent que les vaccins ne protégent peut-être pas assez..."

Romuald Maugain sait ce que "choper la covid" veut dire : 17 jours de coma, la mort vue en face, 4 semaines d'hôpital et, un an plus tard, toujours des soins et un travail repris au ralenti, 4 demi-journée par semaine. C'est le maire de Mouthier-Haute-Pierre dont nous avons déjà parlé car il a été accueilli en héros quand il est sorti de l'hôpital. La covid, il connait... mais, même lui, s'interroge, s'avoue "partagé."

 

"Si les élections sont maintenues, je tiendrai un bureau de vote."                                        

Romuald Maugain, maire de Mouthier-Haute-Pierre, malade qui a passé 17 jours dans le coma

 

Il se félicite "Je suis toujours en vie et c'est déjà pas mal. Il y a un an, à cette période, j'étais dans le coma à l'hôpital Minjoz, à Besançon. Aujourd'hui, je suis en vie et content d'être au boulot ! " Il poursuit : " Les élections ? Tout dépend de la situation sanitaire. Si je suis optimiste, je me dis que, en juin, la situation sanitaire sera meilleure que maintenant. si je suis optimiste mais... Si elles sont maintenues, on mettra en place toutes les mesures nécessaires, je tiendrai un bureau de vote. Quand on est élu, on respecte la loi de la République."

 

 

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