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Doubs : pourquoi le retour de la pluie ne va pas (forcément) endiguer la sécheresse à venir

Photo d'archives. / © Lionel Vadam/MAXPPP
Photo d'archives. / © Lionel Vadam/MAXPPP

C'est difficile à entendre au vu de la pluie tombée depuis ce mercredi 24 avril, mais les sols sont toujours aussi secs en Franche-Comté et le niveau des rivières inquiète. Pourquoi les précipitations à venir ne vont-elles pas suffire à améliorer la situation ? Des experts nous ont expliqué.

Par M.D. avec Franck Ménestret

Après plusieurs semaines sans précipitations, la pluie est de retour en Franche-Comté ! Une bonne nouvelle, serait-on tentés de penser, pour les sols asséchés et les rivières, déjà au plus bas en ce mois d'avril. D'autant plus que les images de la sécheresse de l'été dernier sont encore dans toutes les mémoires : le Doubs 14 mètres sous son niveau habituel à Villers-le-lac, la source de la rivière presque tarie à Mouthe...
 

Mais la pluie à venir va-t-elle suffire à faire le plein des rivières et des nappes phréatiques ? Rien n'est moins sûr...
 
Doubs : pourquoi le retour de la pluie ne va pas (forcément) endiguer la sécheresse à venir

"Dans un premier temps, il y a une perturbation assez étendue qui passe en traversant la région. Et derrière elle il y a "la traîne" : c'est ce qui se passe après une perturbation, une situation changeante, instable avec des averses, explique Brigitte Delsalle, prévisionniste chez Météo France. On attend donc de petites pluies localisées, en général pas très longues qui peuvent tomber à un endroit et pas à un autre."

En clair, les quantités de pluies à venir risquent d'être importantes pour les sols et les rivières... mais pas salvatrices pour autant. Pas de quoi être franchement rassurés pour nos cours d'eau.

 

L'eau absorbée par les végétaux


Si les nappes phréatiques sont encore à un niveau correct, les réserves généralement emmagasinées de novembre à mars sont inexistantes. Et comme la végétation est en plein éveil, la pluie qui arrive risque fort d'être consommée par les arbres et les plantes avant même d'atteindre le sous-sol.
 

"C'est ce qu'on appelle l'évapo-transpiration : pour leur croissance, les végétaux vont aller puiser de l'eau et des nutriments dans le sol, ajoute Sébastien Liboz, hydrogéologue. Donc ils vont avoir une consommation d'eau sur les premiers mètres de sol. Et évidemment, quand il pleut, une partie de cette eau ne va pas s'infiltrer jusqu'au réservoir des nappes et elle va être mobilisée directement par la végétation."

Un arbre d'une quinzaine de mètres consomme entre 200 et 1 000 litres d'eau chaque jour, en moyenne. En clair, le retour de la pluie est certes une bonne nouvelle... mais elle aurait dû arriver plus tôt dans l'année, avant le printemps. De quoi mieux comprendre pourquoi, malgré les violentes pluies orageuses en période de sécheresse, les cours d'eau restent à sec.

 

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