38 kg d'or jamais retrouvés : jusqu'à 21 ans de prison requis contre onze hommes pour "vols aggravés"

En mai 2019, une dizaine de membres du "grand banditisme bisontin" s'étaient rendus coupables de plusieurs braquages, dont le vol de 38 kg d'or, pour un montant de plus d'un million d'euros. Cinq ans plus tard, les accusés ont été condamnés à Nancy (Meurthe-et-Moselle) à des peines allant de 6 mois à 21 ans de prison.

Un délibéré de 10 heures, 148 questions soumises à la cour, 11 accusés... Vendredi 12 avril, la cour d'assises de Nancy (Meurthe-et-Moselle) a délivré son jugement dans un procès pour "vols aggravés" débuté le 25 mars dernier, présenté comme emblématique du "grand banditisme bisontin".

Vol à main armée, braquage, vol à la voiture-bélier... Des peines allant jusqu'à 21 ans de réclusion criminelle ont été prononcées à l'encontre des mis en cause. Que leur reproche-t-on ? Pour répondre à cette question, il faut remonter cinq années en arrière. Le 3 mai 2019, cinq individus encagoulés lourdement armés s'étaient introduits dans les locaux de la société Losange à Châtillon-le-Duc (Doubs), spécialisée dans la conception et la fabrication de bijoux pour des joailliers de renom.

L'or n'a jamais été retrouvé

Ils y avaient dérobé 38 kg d'or, pour un montant total de 1,08 million d'euros. Six employés étaient présents ce matin-là. Ils se sont constitués parties civiles. L'or n'a jamais été retrouvé. En septembre de la même année, les braqueurs s'en étaient pris à la société Technilux de Voray-sur-l'Ognon (Haute-Saône). Un vol à la voiture-bélier dans un magasin d’optique Afflelou, encore à Châtillon-le-Duc, leur ait également reproché.

Les accusés étaient âgés de 25 à 52 ans. À la clôture des débats, cinq d'entre eux ont tenu à réitérer leurs excuses aux victimes, prises en otage le temps du premier braquage.
Les deux principaux accusés, les frères Sliman et Lahouari Founas, absents du procès, ont été condamnés respectivement à 21 ans et 18 ans de réclusion. Le premier purge actuellement une peine de cinq ans d'emprisonnement prononcée en Algérie pour ces mêmes faits. Son petit frère est en fuite.

Quatre accusés éviteront la prison

Quatre des accusés ont été condamnés à des peines moins importantes et devraient éviter la prison. Deux ont notamment été condamnés seulement pour conduite sans permis, à six mois et un an d'emprisonnement, intégralement assortis du sursis. 

Pour rappel, les avocats généraux Vincent Legaut et Hadrien Baron avaient requis des peines allant de deux ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis, à 18 ans de réclusion. Ils avaient souligné "l'extrême gravité des faits" et l'importance du préjudice financier, brocardant le "sentiment d'impunité des accusés". Les condamnés et le parquet ont maintenant dix jours pour faire appel du verdict du vendredi 12 mars.