5 questions à Jean-Marie Baverel, journaliste reporter d'images

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Il est l'un des 12 JRI à France 3 Franche-Comté. Derrière l'objectif de la caméra, se cache un amoureux de l'image. 

En quoi consiste aujourd'hui le métier de JRI à France 3 Franche-Comté ?

Mon travail est varié. Je peux aussi bien couvrir l'actualité sportive que politique, ou l'actualité chaude lorsqu'il se passe un fait divers. Mes prédilections vont vers l'image sportive.

A France 3, un reportage dure en moyenne 1'45. Pour avoir la matière nécessaire au montage, je ramène en général  25 à 35 minutes d'images rushes.

En fait, tout dépend du sujet et du temps de tournage que nous avons. S'il y a urgence, on est capable de tourner les quelques plans utiles en une vitesse record. 


Il faut aussi être très patient pour ne pas rater une image d'actualité. Lors de l'instruction de l'affaire Simone Weber en Lorraine, j'ai passé des heures, des journées à faire le pied de grue sur le trottoir du palais de justice.



Comment devient-on JRI à la télé ? 

J'ai débuté en ce qui me concerne sur le tard après de longues études universitaires en littérature et civilisation allemandes, et histoire de l'art. Je voulais dès le départ faire de l'image. J'ai rejoint un caméra club dès l'âge de 17 ans. Je filmais déjà en tant qu'amateur.
A 33 ans, je suis devenu opérateur de prise de vues à France 3. Très vite, je suis devenu scripte. Puis j'ai financé ma formation au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes (CFPJ) pour devenir JRI. J'ai enchaîné alors les contrats à durée déterminée dans plusieurs stations en Lorraine, en Rhône-Alpes-Auvergne ou Paris. Je suis en poste depuis 1995 à France 3 Franche-Comté. 

Depuis tes débuts à la télévision régionale, en quoi le métier a-t-il évolué ?

A France 3, je n'ai pas connu l'époque film mais uniquement la vidéo électronique. C'est surtout le poids des caméras qui a changé. Au milieu des années 80, la première génération de caméra dite BETACAM pesait très lourd. En reportage, en comptant le pied de la caméra ou les batteries ceinture, le journaliste reporter d'images évoluait sur le terrain avec 20 à 25 kilos de matériel. C'était physiquement dur.
Au fil des ans, le matériel s'est allégé. Aujourd'hui, je travaille avec un équipement de 8 à 9 kilos. Que ce soit dans les salons d'une Préfecture ou lors d'épreuve sportive.



Quels sont tes meilleurs souvenirs de tournage ?

J'ai connu la belle époque. Celle où France 3 couvrait l'aventure des filles du handball à Besançon. Avec l'ESBF j'ai sillonné l'Europe de Bucarest à Kiev, en passant par Podgorica ou la Croatie, la Macédoine, la Serbie ou le Montenegro.
En 1999, j'étais sur le bassin de La Seu d'Urgell en Espagne quand le Franc-Comtois d'adoption Emmanuel Brugvin est devenu champion du monde de canoé-kayak. 
Je suis passionné de vélo aussi. J'ai pu couvrir en 2001 et 2003 les coulisses du Tour de France. 

Ma plus belle rencontre ? Je dirais celle du pianiste Nikita Magaloff lors du festival de musique. Nous l'avons rencontré chez lui en Suisse à Vevey. L'homme nous a joué un morceau. A la fin de la deuxième prise, il nous a lancé un regard espiègle et amusé "ça vous suffit en images ?". Le pianiste russe est décédé deux mois plus tard à l'âge de 80 ans. 

Un regret ?

J'ai 63 ans et serai bientôt en retraite. Je trouve qu'au fil des ans, les journaux télévisés sont de moins en moins exigeants sur l'image. Il y a une forme de banalisation de celle-ci dans les journaux en général et c'est dommage. 


 

 

Comment devenir journaliste reporter d'images ?
La fiche métier de l'ONISEP