À Besançon, contre l'homophobie et la transphobie, un festival, des soirées festives, des débats et une marche militante en mai

À Besançon (Doubs), le Collectif 17 mai organise autour de la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie une série d'événements festifs et militants : cinéma, débat, conférence, soirées, stand-up et marche militante. Un programme riche autour des identités queers et de l'inclusion.

C'est une date symbolique, importante, pour la communauté LGBT+ (Lesbiennes-Gays-Bisexuels-Transgenre et tous les autres). Le 17 mai 1990, l'homosexualité est retirée de la liste des maladies mentales de l'OMS, l'Organisation Mondiale de la Santé. 33 ans plus tard, le 17 mai est devenu la journée de lutte contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie. L'occasion de multiplier les événements, de sensibilisation, de militantisme et de fête. À Besançon, en ce mois de mai 2023, du cinéma à la marche militante, en passant par la Rodia, les manifestations seront nombreuses.

"On veut créer des espaces pour que tout le monde se sente bien" résume Corentin Germaneau, directeur artistique de l'association Le Cercle, et membre du Collectif 17 mai. "Les événements sont ouverts à tout le monde, tous les gens safe [ndlr : respectueux] et intéressés par le sujet" complète Stéphanie Barbot, également membre du Collectif et présidente de Nouvel Esprit.

"On a des droits, mais les enlever, c'est possible"

Le mariage pour tous fête en France son dixième anniversaire, mais pour les membres du Collectif 17 mai, le combat pour les droits des personnes LGBT est loin d'être fini. "Il y a des lois qui sont en place, mais qui ne sont pas spécialement appliquées" remarque d'abord Stéphanie Barbot. Séances annuelles d'éducation à la sexualité à l'école rarement réalisées, circulaire sur l'inclusion des élèves transgenres à l'école difficilement appliquée, la présidente de Nouvel Esprit ne manque pas d'exemples. 

Et puis, "on a des droits, mais les enlever, c'est possible aussi, en fonction de qui passe au pouvoir". "On le voit bien, dans certains pays, ils enlèvent le droit à l'avortement, alors s'ils veulent, ils enlèvent d'autres droits". La militante ne cache pas son inquiétude face à la montée du Rassemblement National dans les urnes. "Quand on voit que le RN a créé une association contre les LGBT, c'est hyper inquiétant". Débats sur l'écriture inclusive, sur l'éducation à la sexualité à l'école, ou encore sur la place des femmes transgenres dans les compétitions de sport... "C'est angoissant, c'est permanent" soupire Stéphanie Barbot.

Que ce soit en France, en Angleterre ou aux États-Unis, pour la présidente de Nouvel Esprit, les personnes transgenres sont particulièrement exposées : "en fait, c'est la dernière minorité, pour qui les droits ont avancé en dernier" explique Stéphanie Barbot. "La transidentité, ce n'est que depuis 2016 que ça n'est plus considéré comme une maladie mentale". Des mégenrages (lorsqu'on utilise les mauvais pronoms pour les qualifier) répétés, à la stigmatisation et aux difficultés d'accès au soin, le quotidien des personnes transgenres, en particulier pendant leur parcours de transition, est un parcours du combattant. "Il faut prôner la bienveillance et que les gens apprennent à être bienveillants" affirme Stéphanie Barbot.

Des débats, du cinéma, des soirées et la marche militante le 27 mai

Du 17 au 27 mai 2023, une dizaine d'événements, qui mêlent le festival culturel "Love for All" et des manifestations militantes, sont organisés par le Collectif 17 mai. Une première grande journée, le mercredi 17 mai, avec une conférence de la journaliste Alice Coffin sur le traitement des représentations des minorités de genre, un concert de chorales contre l'homophobie et une nuit de fête au Privé Club.

S'enchaîneront une soirée électro à la Rodia le 20 mai, "on accueille pour la première fois un rappeur queer" souligne Corentin Germaneau, une scène ouverte le 24, une double soirée projection de cinéma et débat les 25 et 26. "On met à l'honneur la culture drag queer et drag queen" décrit le directeur artistique du Cercle."C'est une aide à la prise de conscience, on est dans un message universel d'être et d'aimer qui on veut".

Point d'orgue : la marche militante du samedi 27 mai. Avec un pique-nique au Parc Micaud, marche en ville et "after" au parc de la Gare d'Eau. Une journée aux allures de gay pride, ou marche des fiertés, mais centrée autour "de la lutte contre l'homophobie et la transphobie" explique Stéphanie Barbot.

Deux autres dates, une soirée de stand-up le 24 mai et une après-midi de clôture du festival Love for All le 4 juin, sont prévues. Enfin, "on va marier symboliquement les gens" se réjouit Corentin Germaneau "on va les faire marier par des drag queer".

Un programme ouvert à tous les publics, dans le respect de l'autre.