• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ÉCONOMIE
  • DÉCOUVERTE
  • JUSTICE
  • SPORT

Anesthésiste de Besançon : une expertise psychocriminologique défavorable et contestée par la défense

Frédéric Péchier en mars 2017 au palais de justice de Besançon avec ses avocats. / © OLIVIER LEJEUNE - maxPPP
Frédéric Péchier en mars 2017 au palais de justice de Besançon avec ses avocats. / © OLIVIER LEJEUNE - maxPPP

Des éléments d'une expertise psychocriminologique de Dr Frédéric Péchier mis en examen pour 24 empoisonnements ont été publiés dans la presse. Sa défense contre attaque.

Par AFP

"Une personnalité complexe, organisée sur un mode pervers, avec une composante narcissique"


L'anesthésiste Frédéric Péchier, soupçonné d'avoir empoisonné 24 patients à Besançon, a "de nombreux traits de personnalité (qui) viennent légitimement alimenter une suspicion", selon une expertise psychocriminologique révélée dimanche et contestée par ses avocats. 

L'Est Républicain a publié ce dimanche 19 mai des extraits d'une expertise de 44 pages rédigée fin avril par deux experts à la demande d'une juge d'instruction. Cette expertise présente Frédéric Péchier comme ayant "une personnalité complexe, organisée sur un mode pervers, avec une composante narcissique".

"De nombreux traits de personnalité et d'événements de vie viennent légitimement alimenter une suspicion quant à son éventuelle culpabilité", selon un extrait publié par le journal sur son site internet.
 


Fréderic Péchier a été mis en examen ce jeudi au terme de 48 heures de garde à vue pour 17 nouveaux cas d'empoisonnement de patients, dont sept n'ont pas survécu. Il a été laissé libre sous contrôle judiciaire mais ne doit pas se rendre sur la commune de Besançon et celle où il vivait. Le médecin avait déjà été mis en examen en 2017 pour sept empoisonnements présumés, dont deux mortels. Le médecin de 47 ans reste présumé innocent.


Une expertise que conteste la défense du médecin


"La seule vocation de cette expertise, c'est de nuire au docteur Péchier et à la prochaine audience devant la chambre de l'instruction", a réagi auprès de l'AFP l'un de ses avocats, Me Randall Schwerdorffer, se disant "consterné" par la diffusion dans la presse du document judiciaire.
 


La chambre de l'instruction doit examiner dans les prochaines semaines l'appel du parquet contre le placement sous contrôle judiciaire de l'anesthésiste. Le procureur, Etienne Manteaux, avait requis son incarcération après sa mise en examen.

"Cette expertise est contestable, aussi bien dans sa qualité que dans son contenu" car les experts se sont appuyés sur des éléments du dossier sans jamais rencontrer M. Péchier, a souligné Me Schwerdorffer. "Je ne sais pas ce qu'est la psychocriminologie. Ce n'est pas une science reconnue, ce n'est pas une science qui fait autorité en matière judiciaire", a-t-il dit.
 

D'autres expertises disent le médecin tout à faire normal selon Me Le Borgne



L'accusation soupçonne l'anesthésiste d'avoir "pollué des poches de soluté de réhydratation ou des poches de paracétamol avec des anesthésiques locaux ou du potassium" de patients âgés de 4 à 80 ans, alors qu'ils étaient opérés entre 2008 et 2016.


Il aurait agi "dans un contexte de conflit aigu avec ses collègues anesthésistes ou chirurgiens", selon le procureur. Pour les experts du rapport, cités par le quotidien, "M. Péchier accorde une grande importance au regard des autres" et "les tensions" entre l'anesthésiste et ses collègues ont "probablement favorisé les passages à l'acte".

"Il existe d'autres expertises au dossier qui le disent tout à fait normal", a rétorqué sur BFMTV, Me Jean-Yves Le Borgne, autre avocat du médecin bisontin. 

A lire aussi

Sur le même sujet

Canicule : la récolte du cassis en péril après les fortes chaleurs

Les + Lus