Banquier, généreux... Qui était Adolphe Veil-Picard, ce bienfaiteur de la ville de Besançon ?

Trois générations de Veil-Picard ont marqué par leur générosité le quotidien des habitants de Besançon (Doubs). Retour sur la vie d'Adolphe Veil-Picard, banquier et bienfaiteur de la ville dont on célèbre cette année 2024 le bicentenaire de la naissance.

Qui connaît vraiment l’histoire de cette famille ayant laissé son nom au quai Veil-Picard de Besançon ? Les historiens de la ville veulent rendre hommage à Adolphe, fils d’Aaron et père d’Arthur. Il a particulièrement marqué le quotidien des Bisontins à la fin du XIXe siècle.  

100 ans jour pour jour après sa naissance, un hommage devrait lui être rendu par la municipalité le 17 mai 2024, au pied de la statue le représentant place Granvelle. Une conférence est également prévue à 15 heures, salle Proudhon au Kursaal.

Une famille généreuse

C’est un admirateur de la famille Veil-Picard, l’historien Lionel Estavoyer a conduit nos journalistes Catherine Schulbaum et Denis Colle sur les pas de cette famille illustre de Besançon.  

L’histoire commence au 49 de la Grande rue. C’est dans cette maison que grandit Adolphe, née en 1824. Deux ans plus tôt, son père Aaron est arrivé d’Alsace.  

Dans cette maison, il fait fortune en développant un commerce de tissu avant de devenir banquier. Plus tard, la famille déménage à deux pas de là, dans un hôtel particulier de la place Pasteur. Une petite plaque discrète rappelle leur présence.  

Le passant qui arpente la Grande rue peut en savoir plus sur la générosité de la famille Veil-Picard en lisant l’inscription au-dessus de la porte de la maison natale. La ville est toujours propriétaire de l’immeuble.

Plus de 2,5 millions de francs or donnés à Besançon

La générosité d’Adophe Veil-Picard ne s’arrête pas là. Comme son père et plus tard son fils, il sera un des bienfaiteurs de la ville. Devenu banquier à son tour, Adolphe est particulièrement généreux. “On considère qu’il aura donné à la seule ville de Besançon plus de 2 500 000 francs or. C’est considérable !" précise Lionel Estavoyer.  

Le banquier financera la rénovation de sa maison natale de sa poche. On estime à 10 000 francs or cette dépense. C’est de cette époque que datent les symboles maçonniques qui ornent la façade. Un signe de son engagement chez les francs-maçons. Le bienfaiteur a également versé 25 000 francs or pour que la ville achète du bois “pour que les pauvres puissent se chauffer” rappelle Lionel Estavoyer. 

Le banquier financera aussi la rénovation de la synagogue et la construction du quai Veil-Pïcard. La ville décidera de lui donner le nom de son bienfaiteur.  

  

Pour son enterrement, plus de 10 000 personnes suivent le cortège funéraire.  

Je suis fasciné par cette famille parce qu’elle a un sens des autres qui est absolument remarquable.

Lionel Estavoyer, historien

Engagé chez les pompiers 

Lors de la conférence prévue à Besançon le jour même du bicentenaire de sa naissance, un engagement méconnu d’Adolphe sera détaillé par Sébastien Freidig, commandant du SDIS 25 et historien amateur.  

À 40 ans, Adolphe Veil-Picard s’engage à la compagnie des sapeurs-pompiers. Il deviendra commandant en second et le premier inspecteur départemental des services de pompiers du Doubs.

Toujours soucieux des autres, “il financera, précise Sébastien Freidig, l’habillement des hommes du bataillon” ce qui correspond à environ 300 hommes. En plus d’être actif chez les pompiers, le banquier financera également l’achat de douze pompes à bras. Avec sa fondation, Adolphe Veil Picard mettra au point un système mutualiste qui assurera une rente aux anciens pompiers.  

La famille Veil-Picard sera implantée à Besançon jusque dans les années 1950 avant de déménager en région parisienne. Le fils d’Adolphe, Arthur, sera un grand collectionneur d’art. La famille a toujours un tombeau familial dans le cimetière israélite de Besançon.