EN IMAGES. "C'est un petit bijou", découvrez l'horloge "exceptionnelle" de l'église de Morbier aidée par la Fondation du patrimoine

La municipalité de Morbier (Jura) a reçu vendredi 5 avril une subvention de 40 000 euros de la part de la Fondation du patrimoine. Une belle enveloppe qui servira à restaurer l'horloge de l'église de la commune, classée aux monuments historiques. Avec le souhait de faire revivre le patrimoine horloger de la ville.

La Fondation du patrimoine pour réveiller un géant de l'horlogerie franc-comtoise, endormi depuis des années ? Dans le Jura, le village de Morbier est le berceau de l'horlogerie française, au même titre que sa voisine, la ville de Morez (aujourd'hui chef-lieu de la nouvelle commune des Hauts de Bienne).

Symbole de cette époque faste aujourd'hui révolue, l'église Saint-Michel de Morbier, édifice impressionnant construit en 1837, qui trône depuis le long de la route qui traverse la cité morberande. En son sein, une horloge monumentale, installée en 1895, longue de 2,20m et lourde de 250 kg, œuvre de l'horloger local Arsène Cretin-l’Ange.

C'est un petit bijou. Ce qui rend cette horloge exceptionnelle, c'est sa beauté. Malgré sa taille, toutes les pièces sont patinées, ciselées.

Denis Camelin,

membre du conseil municipal de Morbier et de l'association horlogerie comtoise

"On a tout un système de rouage extrêmement détaillé" continue Denis Camelin. "C'était la grande époque des horlogers, qui avaient une influence énorme à Morbier. Ils ont voulu en mettre plein la vue avec cette église et cette horloge. Elle met quand même en branle les quatre cloches de l'église, mais aussi les trois cadrans horaires, le cadran lunaire, etc. C'est du haut niveau".

"Les habitants ne connaissent pas l'histoire des lieux"

Un haut niveau reconnu, puisque l'église Saint-Michel et son horloge sont toutes deux classées comme monuments historiques. Problème, l'édifice est vieillissant, et mériterait bien une restauration pour être reconnu à sa juste valeur. "Aujourd'hui, le savoir-faire horloger a quitté Morbier, nous n'avons plus qu'une fabrique" s'attriste Denis Camelin. "Tous les jours, on a plus de 10 000 frontaliers qui passent devant notre église sans savoir ce qu'elle renferme. Et puis les habitants ne connaissent pas l'histoire des lieux. Il faut changer cela".

La parole a laissé place aux actes. Il y a quelques mois, la municipalité a lancé un important projet de rénovation du site. Un investissement lourd, de plus de 140 000 euros, qui comprend la restauration de l'horloge et son installation, un peu plus bas dans l'église, là où le public pourra la contempler. "En septembre prochain, une entreprise viendra démonter chaque pièce de l'horloge, pour l'emmener dans son atelier à Mamirolle et leur donner une seconde jeunesse, tout en gardant son charme d'époque" continue Denis Camelin.

On va aussi aménager une place dans l'église où nous réinstallerons cette horloge. Elle est actuellement sous les cloches et il faut monter 80 marches pour l'admirer. Cela ne lui fait pas honneur, et on ne peut pas en faire profiter le public.

Denis Camelin,

membre du conseil municipal de Morbier et de l'association horlogerie comtoise

Pour assurer le coût d'un tel projet, la municipalité de Morbier a ainsi fait appel à la Fondation du Patrimoine. D'abord en lançant une souscription en ligne, où chacun peut faire un don, et en candidatant au "fonds de soutien métiers d'arts". Une initiative bienvenue. Vendredi 5 avril, le gouvernement a annoncé que le projet de restauration de l'horloge de l'église de Morbier faisait partie des 15 lauréats.

Plus de 54 000 euros déjà récoltés

"C'est un gros soulagement. Cela nous assurera une aide de 40 000 euros" détaille Denis Camelin. "On en est aussi à plus de 14 000 euros sur notre cagnotte en ligne, et on espère arriver à 20 000 euros. La municipalité a mis de l'argent, tout comme l'association horlogerie comtoise et la Drac. Et on espère convaincre le département".

Une mobilisation collective pour faire revivre le glorieux passé horloger de la ville, voilà ce dont il est question. Et le projet de restauration ne devrait pas s'arrêter là. Dans un second temps, la municipalité aimerait rénover le clocheton de l'église et, après cela, construire une petite salle au niveau de l'église qui pourrait servir à exposer quelques pièces d'horlogeries témoignant du patrimoine horloger de Morbier.

Faire revivre la tradition horlogère de la ville

"Quand on sait qu'à Morbier et Morez était produit près de 70 % des horloges d'édifices, et que c'est aussi ici qu'on était créées les horloges domestiques. Faire revivre cette culture prend tout son sens" reprend Denis Camelin. En effet, au milieu du XVIIe siècle, c'est ici que s'est développé un savoir-faire horloger, d'abord détenu par les familles de paysans locaux. Au fil des ans, la fabrication artisanale s'est industrialisée et en 1870, ce sont plus de 100 000 horloges qui étaient fabriquées à Morbier, contre 4 000 en 1670.

Ces entreprises étaient pour beaucoup familiales et ont rayonné sur tout le territoire français, voir à l'international. Des grands noms restent encore aujourd'hui. Le plus connu reste celui des frères Mayet, créateurs de l'horlogerie populaire comtoise. La pierre tombale de Pierre-Claude Mayet (1675 -1751), maître horloger de renom, se trouve d'ailleurs toujours à l’entrée de la nef de l'église de Morbier.

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