Besançon : Jeune homme de 17 ans, tué par balles dans le quartier de Planoise, le tireur présumé a été arrêté

La police présente après le tir mortel de ce 17 mai dans le quartier de Planoise à Besançon. / © Denis Colle - France Télévisions
La police présente après le tir mortel de ce 17 mai dans le quartier de Planoise à Besançon. / © Denis Colle - France Télévisions

Un mineur a trouvé la mort dimanche 17 mai vers 19h40 à Besançon (Doubs). Le tireur présumé a été interpellé en fin de matinée.

Par S.C avec AFP et Bruno Massonnet

Le drame s'est noué en fin de journée, sur la voie publique au niveau du 14 avenue Ile-de-France, lieu connu pour être un des points du trafic de drogue.

A terre, un jeune homme victime d'un coup de feu. La victime touchée au niveau du thorax a été transportée au CHU de Besançon et n'a pas survécu. On ne connait pas le calibre de l'arme qui a été utilisée.

D'après les premiers éléments de l'enquête de la police judiciaire,, "il s'agirait plutôt d'un litige personnel", a relevé Etienne Manteaux, procureur de la République qui ne pense pas à un tir dans le cadre d'une guerre de clans entre trafiquants de stupéfiants.
 
Besançon : un jeune de 17 ans tué par balles dans le quartier de Planoise
Après plusieurs semaines de calme dans le quartier de Planoise à Besançon, un nouvel événement grave s'est produit dimanche 17 mai, un adolescent de 17 ans a été tué par balle devant un immeuble, son meurtrier présumé a été arrêté. Thierry Chauffour, Denis Colle
           
      

Le tireur présumé interpellé moins de 24 heures après les faits

Après le tir mortel, le tireur a pris la fuite à pied. Une autre personne qui se trouvait avec le tireur dans une voiture a pu être interpellée dès dimanche soir a indiqué le parquet.
Ce lundi 18 mai en fin de matinée, un homme de 23 ans, un habitant de Planoise connu par la justice pour des faits de violences et des affaires de stupéfiants a été placé en garde à vue au commissariat. L'homme serait le tireur présumé.  D'après les premiers éléments de l'enquête, il aurait eu un différend avec la victime au pied d'une barre d'immeuble et l'aurait tué avec une arme de poing, à visage découvert.

Trois autres personnes qui se trouvaient avec lui dans une voiture au moment où la victime a été abattue sont toujours en garde à vue, explique une source policière.

 



Qui était la victime ?


Le jeune homme tué par balles était connu de la police et de la justice.L'enquête a été confiée à la police judiciaire, co-saisie avec la sûreté départementale de Besançon.

L'enquête se poursuit ce lundi pour entendre le voisinage et visionner des bandes de vidéo-surveillance.


Des habitants excédés par ces violences


Hier soir dans le quartier alors que la police était toujours sur place, les habitants du quartier confiaient leur ras-le-bol de ces échanges de coups de feu qui retentissent régulièrement ici depuis plusieurs mois. "Cela fait 48 que je suis née ici, avant il n'y avait jamais cela. Maintenant, ça tire. La présence des CRS avait calmé les choses et là ça reprend dès qu'ils ne sont plus là. Il faudrait un peu plus de sécurité. C'est des jeunes qui se tirent entre eux, c'est malheureux" confie à France 3 Franche-Comté une riveraine. "Ca tire, c'est fréquent. C'est inadmissible ce qui se passe. Il y a des jeunes qui partent, comme ça, c'est terrible" ajoute une voisine.


Des habitants de Planoise appellent à un rassemblement ce lundi 18 mai sur les lieux du drame, avec les précautions de distanciation sociale en raison de l'épidémie de coronavirus

          
Drogue, tensions, le quartier Planoise en proie à de nombreux incidents depuis novembre 2019


Entre novembre et mars, le quartier a été marqué par des affrontements armés entre bandes rivales, sur fond de trafic de drogue.
La fourrière municipale a été incendiée, des jeunes ont mis le feu à une voiture volée. Le feu le 31 décembre a brûlé des centaines de véhicules et endommagé une grande surface alimentaire toujours fermée.
Des échanges de coups de feu ont eu lieu régulièrement dans ce quartier où s'était déplacé le gouvernement et du secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.
La préfecture du Doubs à instauré mi-mars un couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans.
Quinze personnes suspectées d'être impliquées dans les règlements de comptes armés, liés au trafic de stupéfiants, avaient également été mises en examen.
Selon le parquet, il était trop tôt dimanche soir pour établir un lien entre ces événements et la mort du jeune homme de 17 ans.
 
© Denis Colle - France Télévisions
© Denis Colle - France Télévisions

 

Un mort par balles début mars en pleine ville


Début mars, Houcine Hakkar, 23 ans, avait trouvé la mort touché par balles. Le jeune homme roulait à bord d'une voiture, avenue Siffert, le véhicule était pris en poursuite.
L'homme a trouvé la mort, victime d'une guerre entre dealer de drogue sur Besançon.


Plusieurs élus de Besançon ont réagi à ce nouveau drame


Le maire de la ville, Jean-Louis Fousseret (LREM), a indiqué à l'Est Républicain qu'il avait demandé la venue de renforts supplémentaires de forces de l'ordre.
          
La députée LREM du Doubs, Fanette Charvier, a de son côté écrit au ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, pour réclamer des "mesures pérennes et globales" afin de "lutter efficacement contre la mainmise des trafiquants de drogue et de garantir la sérénité du quartier au quotidien".

Des candidats aux municipales ont aussi réagi à ce nouveau faits divers qui touche le quartier de Planoise.

Pour Jacques RICCIARDETTI, du Rassemblement National,·"l'insécurité et le chaos à Planoise, ne sont pas une fatalité mais un recul de valeurs républicaines".

Le Républicain Ludovic Fagaut demande à l'Etat de réagir enfin.

Quant au député du Doubs, Eric Alauzet (LREM), candidat également, il a écrit sur sa page Facebook de député : "Un jeune homme de 17 ans a été abattu dans le quartier de Planoise à Besançon sur fond de gangrène liée aux trafics d’armes et de drogues.Il est hors de question de laisser repartir l’engrenage de la violence sitôt le confinement levé !
J’ai immédiatement téléphoné au Ministre Laurent Nunez pour l’alerter. Je lui ai expressément demandé le maintien des effectifs de CRS en place depuis le début de l’année et des effectifs pérennes supplémentaires pour la Police Nationale. Un courrier partira dès demain dans ce sens."

Sur le même sujet

Les + Lus