Besançon : l’association solidarité migrants réfugiés s’inquiète du sort des enfants qui vivent dans la rue

"Nous n'y arrivons plus !" : dans un communiqué publié ce samedi 27 mars, l'association solidarité migrants réfugiés (Solmiré) appelle les pouvoirs publics à protéger des mineurs étrangers qui vivent dans la rue, à Besançon.

       

En 2018, "Solmiré" avait appelé à un rassemblement devant le tribunal de Besançon à l'occasion d'un délibéré concernant l'expulsion du local occupé par l'association.
En 2018, "Solmiré" avait appelé à un rassemblement devant le tribunal de Besançon à l'occasion d'un délibéré concernant l'expulsion du local occupé par l'association.

IIs sont trois, âgés de 15 et 16 ans. Sans papiers, ils viennent de Guinée et de Sierra Leone. Et ils vivent dans la rue, à Besançon.

Selon l’association Solmiré (Solidarité migrants réfugiés Besançon) leur histoire est aussi douloureuse que banale :

Ils sont dans un no man’s land ! Le département refuse de les prendre en charge au titre de la protection de l'enfance en danger, parce qu'il les considère comme majeurs. La préfecture et le 115, en charge de l’hébergement des adultes, les considèrent comme mineurs et refusent aussi leur aide !

Quentin, bénévole de l'association Solmiré

 

Sur la page facebook de l'association, les bénévoles multiplient les appels à l'aide. Un message publié le 25 mars précise : "Nous avons été sollicités hier pour un jeune non reconnu mineur qui se trouvait à la rue. Pour pouvoir l'aider, nous manquons de solution d'hébergement. Si vous pouvez l'accueillir, même sur du court terme, merci de nous contacter":

Bonjour, de nouveau nous avons été sollicité hier pour un jeune non reconnu mineur qui se trouvait à la rue. Pour...

Publiée par SOLidarité MIgrants REfugiés Besançon sur Jeudi 25 mars 2021

 

"Leur jeunesse devrait les protéger"

L'association Solmiré est née en 2016. Cette année-là,  des habitants de Besançon décident de venir en aide à des familles qui vivent et campent dans la rue.

Très vite, leur action se tourne aussi vers des adolescents étrangers isolés et sans domicile fixe. Recherche d'hébergements dans des familles, accompagnement dans les démarches adminstratives et judiciaires : il s'agit d'amener les pouvoirs publics à les prendre en charge et à les protéger. A ce jour, une cinquantaine de personnes ont été aidées par Solmiré.

Pourtant, dans un communiqué, publié ce samedi 27  mars, l'association tire la sonnette d'alarme : "Nous n’y arrivons plus ! Le 16 mars, le 24 mars et le 25 mars, l’association Solmiré a contacté le 115 afin de l'alerter sur la situation de trois mineurs à la rue, de 15 à 16 ans, rencontrés à Besançon. Ces appels à l’aide sont restés sans réponse"

Trois jeunes mineurs de plus :  la trentaine de bénévoles de Solmiré ne peut pas faire face :

 

C'est absurde, leur jeunesse devrait les protéger. Or, c'est tout le contraire qui se produit, tout le monde se renvoie la balle !

Quentin, bénévole de l'association Solmiré

 

L'association en appelle à la ville de Besançon afin qu'un lieu d'hébergement provisoire soit ouvert pour ces jeunes étrangers, dans l'attente de la décision d'un juge pour enfants.

Solmiré s'appuie également sur les recommandations du défenseur des droits, qui incite les services de l'Etat à héberger les adolescents dès lors que leur minorité est contestée. 

Or, comble de l'absurdité, selon Quentin, "parfois, au 115, on veut bien leur proposer un hébergement, mais à condition qu'ils se déclarent majeurs. En mentant sur leur âge, ils perdraient définitivement toute possibilité d'être protégés au titre de l'enfance en danger !"

 

 

 

 

 

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