Besançon : les espaces verts en friches ? Pas de laxisme, non, c'est voulu !

Des herbes hautes, du fouillis dans les "massifs" : c'est fait exprès ! La ville adapte ses espaces verts au changement climatique : l'entretien, revu et corrigé, permet de favoriser le développement du végétal et ainsi protéger insectes, oiseaux et même les habitants ! Étonnant, n'est-ce pas ?

Des herbes folles beaucoup trop hautes, des massifs en ordre très désordonné, un air de "négligé" dans les espaces verts transformés en friches… C’est voulu.

Certains Bisontins jugent que "c’est dégueu…" (sic), d’autres trouvent cette nature presque ensauvagée "très bien"…

Tous les goûts sont… Dans la nature justement.

Vous aimez les jardins à l’anglaise, tirés au cordeau, avec des massifs bien entretenus, un peu comme dans les magazines de jardinage ? Regardez ailleurs. Ou lisez ces explications.

Une nouvelle politique pour les espaces verts

C’est voulu, vous dis-je ! Jean Kessedjan, Chef du service environnement de la ville de Besançon, parle de : "gestion différenciée des espaces… tondes tardives… promotion de l’ensemble des strates végétales…". Selon lui, l’urbain doit s’adapter au changement climatique, que ce soit aux sécheresses ou aux étés trop arrosés, comme en ce moment. Avec une météo bouleversée, les pratiques doivent changer aussi. Les pelouses pas tondues ? Des graminées qui montent en graines ? Justement, les insectes et les oiseaux en profitent pour leur gîte et leur couvert, pardon, leur nourriture, plus abondante dans des herbes hautes que dans du gazon de quelques centimètres.

Avec cette attitude, les jardiniers créent des lieux de vie, développent le végétal et l’animal et enclenchent une dynamique vertueuse. De plus, arbustes et herbes aident les arbres à vivre et, en même temps, rafraîchissent la ville.

En fait, tout ça, c’est pour qu’on ait moins chaud !

Changement des pratiques

Mathieu Schouller, Chef des espaces verts affirme : "On laisse la nature entrer en ville". Quand des fleurs sont installées, les jardiniers choisissent des plantes vivaces qui refleuriront l'année suivante, moins consommatrices d'eau et ils pensent même à les choisir mellifères, pour nourrir les abeilles !

Il faut davantage réfléchir : quand tondre, au printemps, en été, que laisser, que désherber ? Le slogan est : "Observer, apprendre et s’adapter !" Des inventaires sont effectués plusieurs fois par an pour mesurer l’impact des interventions sur la flore et la faune.

À la fin, c’est la biodiversité qui est gagnante… et nous, aussi, un peu !

Besançon : les espaces verts en friches ? Pas de laxisme, non, c'est voulu !

 

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