Besançon : mobilisation pour des jeunes migrants guinéens en fin de contrat d'aide aux jeunes majeurs

A Besançon, associations et syndicats se sont mobilisés ce lundi 31 août devant le conseil départemental du Doubs. Ils dénoncent la fin de contrats d'aide pour 17 jeunes. Explications. 

© Franck Menestret - France Télévisions
Où dormiront-ils ? Qui va les nourrir ? Les aider ? La question se pose pour 17 jeunes migrants venus de Guinée. Arrivés en France mineurs non accompagnés pour la plupart, ces jeunes bénéficiaient jusqu'à hier de contrats d'aide aux jeunes majeurs. Un contrat d'un an qui leur permettait de se loger, de se nourrir tout en suivant une formation. C'est le cas d'Abdoul arrivé en France en 2018 à l'âge de 16 ans, et qui espérait un titre de séjour. 

Ces contrats d'une durée d'un an sont parfois renouvelables, mais pour 17 jeunes, ils viennent de s'arrêter au 31 août. Car ces jeunes font l'objet d'une obligation  administrative de quitter le territoire français, une OQTF. Abdoul a déposé un recours, il attend une audience le 13 octobre devant le tribunal administratif de Besançon. Ce jeune migrant qui a commencé des études de menuiserie se retrouve à la rue. "Je ne m'attendais pas à l'OQTF... je voudrais rester en France, en France, il y a la paix, la solidarité, je pourrais étudier et améliorer mon français, j'aimerais faire de la mécanique automobile" confie le jeune Guinéen. 
 
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Le conseil départemental par la voix d'Odile Faivre Petitjean explique avoir déjà fait beaucoup pour ces jeunes. "Nous avons plus de 180 contrats jeunes majeurs dans le département du Doubs, c'est un département qui accompagne beaucoup" explique la conseillère départementale en charge de la famille et de l'enfance. "Pour un certain nombre de jeunes qui sont sous OQTF, ils n'ont plus de perspective de signer de contrats d'apprentissage, on ne peut plus prolonger ces contrats d'aides aux jeunes majeurs. Cette décision de ne plus les prendre en charge n'est pas notre décision, c'est une décision de la Préfecture" explique Odile Faivre Petitjean pour qui la collectivité n'est plus en mesure administrativement d'aider ces jeunes.
 
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Pour Adeline de l'association Solmiré, la fin des contrats jeunes majeurs s'explique tout simplement par des raisons financières et politiques. Ces fins de contrats concernent surtout des ressortissants guinéens. " Tous les Guinéens sont considérés comme ayant des faux papiers d'état-civil par les police aux frontières, d'où les obligations de quitter le territoire. Nous, on défend le fait qu'ils puissent être hébergés jusqu'à la date de leur recours" explique la militante.

Comme seule solution aujourd'hui pour ces jeunes, le recours au 115 déjà saturé selon Solmiré, et l'aide du réseau associatif ou de connaissances familiales. 

"Le Département du Doubs, sans prendre en compte ces recours et sans attendre leurs issues, va mettre à la rue ces jeunes. Tout l'investissement en formation et intégration des services et des associations est bafoué d'un coup, gaspillé. Je demande l'humanité pour ces jeunes : Notre devoir est de les héberger jusqu'à ce que les procédures soient allées au bout. Nous en avons les moyens, faisons-le !" réclamen également Raphaeël Krucien, conseiller départemental. 

Le collectif d'aide aux migrants Solmiré a pris contact avec la mairie de Besançon pour tenter de trouver une solution d'hébergement pour ces 17 jeunes. Le collectif en appelle aussi à la solidarité des Bisontins qui auraient de quoi héberger temporairement ces jeunes. À défaut de solution, le collectif se dit prêt à planter des tentes pour mettre à l'abri ces jeunes majeurs. 

 
 
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