Besançon : Nicolas Zepeda a répondu aux questions, mais il nie toute implication dans la mort de Narumi Kurosaki

Le Chilien Nicolas Zepeda a été entendu pendant près de 7 heures, mercredi 30 septembre par la juge d'instruction chargée de l'affaire de la disparation de l'étudiante japonaise Narumi Kurosaki, en décembre 2016 à Besançon.

Nicolas Zepeda arrive au palais de justice de Besançon le 30 septembre 2020.
Nicolas Zepeda arrive au palais de justice de Besançon le 30 septembre 2020. © SEBASTIEN BOZON / AFP
7 heures à répondre aux questions dans le bureau de la juge d'instruction. La journée a été longue pour Nicolas Zepeda, extradé fin juillet par le Chili vers la France.
C'est la première fois que le jeune homme de 29 ans s'exprime devant la justice française, après deux mois de détention provisoire.


7 heures d'interrogatoire, et un suspect qui nie toujours avoir tué la jeune japonaise



Durant cet interrogatoire par la juge, aucune information n'a filtré. L'avocate de Nicolas Zepeda, Me Jacqueline Laffont n'a pas souhaité faire de déclarations à la sortie du palais de justice vers 19 heures. 

En début de soirée, un rapide point presse du procureur de la République Etienne Manteaux, permet de mieux cerner ce qui s'est passé dans le bureau du juge. "Il a été interrogé de 10h30 à 18h45.... Pour la première fois, il est confronté aux éléments du dossier. Il a répondu à toutes les questions qui lui ont été posées, livrant sa version des faits. Nicolas Zepeda nie catégoriquement être impliqué de quelque manière que ce soit dans la mort de Narumi Kurosaki. Il a fourni des explications, après, chacun, parquet, partie civile, magistrat instructeur appréciera la véracité, la crédibilité des explications fournies par Nicolas Zepeda" a précisé le procureur en début de soirée.
 
Nicolas Zepeda Contreras et Narumi Kurosaki
Nicolas Zepeda Contreras et Narumi Kurosaki © DR


Les deux jeunes gens s'étaient rencontrés en 2014 au Japon, où il étudiait. Nicolas Zepeda était tombé amoureux de l'étudiante. Mais peu avant la disparition de Narumi, ils avaient pris leurs distances et l'étudiante japonaise avait débuté une nouvelle relation, suscitant la jalousie du Chilien.

Le soir du 4 décembre 2016, ils étaient rentrés ensemble dans le logement de Narumi sur le campus universitaire de Besançon.
Zepeda, dans un courrier envoyé aux autorités chiliennes, avait raconté être allé voir Narumi à Besançon début décembre 2016. Il disait avoir passé une partie de la nuit du 4 au 5 décembre avec elle, mais affirmait être ensuite reparti seul.

Selon Etienne Manteaux, Nicolas Zepeda a de nouveau, lors de l'interrogatoire, reconnu avoir été présent dans la chambre universitaire de la jeune japonaise, mais, il dit être parti en la laissant vivante. Lors de son interrogatoire, le suspect a affiché une "certaine et apparente sérénité". "C'est un homme qui a eu le temps de préparer les réponses. Les questions, il les connaît depuis avril 2019" précise Etienne Manteaux. À cette date, la justice française avait fait le déplacement au Chili pour poser des questions au suspect, il avait alors gardé le silence.
 
Etienne Manteaux, procureur de la République de Besançon
Etienne Manteaux, procureur de la République de Besançon © David Martin - France Télévisions


Vers une reconstitution dans la chambre universitaire de Narumi Kurosaki ?



Nicolas Zepeda sera à nouveau interrogé dans un bref délai. La journée d'interrogatoire n'a pas été suffisante pour aborder toutes les questions.

D'ici fin octobre, fin novembre, le juge d'instruction devrait avoir en sa possession les expertises psychologiques et psychiatriques permettant de mieux cerner la personnalité du suspect.

D'ici la fin de l'année, une reconstitution dans la chambre de l'étudiante pourrait être réalisée a indiqué le procureur. Le suspect explique que les cris entendus la nuit du 4 au 5 décembre sont ceux de Narumi avec qui il avait eu une relation sexuelle. Plusieurs étudiants avaient rapporté, quelques jours après le signalement de la disparition de la jeune femme, avoir entendu des cris de terreur, aucun n'avait osé en pleine nuit donné l'alerte. 

Dans cette affaire, l'information judiciaire pourrait être close d'ici la fin de l'année. La défense peut demander de nouveaux actes comme des contre-expertises. Nicolas Zepeda, mis en examen pour assassinat devrait être jugé ensuite devant la cour d'assise du Doubs. 

 
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