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Besançon : Pourquoi le service des urgences de l’hôpital est-il en grève ?

Hôpital Jean Minjoz à Besançon / © f3fc
Hôpital Jean Minjoz à Besançon / © f3fc

Création de postes et davantage de reconnaissance pour des soins de meilleure qualité : c’est le mot d’ordre du mouvement national de grève en France ce mercredi 15 mai. A l’hôpital Jean Minjoz, des revendications spécifiques apparaissent, comme la réorganisation des urgences.

Par Catherine Eme-Ziri

Un mouvement touche les services d’urgences partout en France.

Selon Sud Santé, 44 hôpitaux seraient touchés en France. La grève a commencé à l’APHP, Assistance Publique – Hôpitaux de Paris et s’étend maintenant dans le pays. Et un collectif « InterUrgences » a été créé.

Les urgences manquent cruellement de personnel selon les syndicats ce qui amène à des surmenages professionnels et une qualité des soins qui se dégrade. D’autant plus que de nombreux lits ont été supprimés dans les services des hôpitaux.

Au centre des revendications : création de postes et prime pour les personnels des urgences, compte tenu de la spécificité de leur travail…


Au CHU de Besançon, l’entonnoir et le bouchon

A Besançon, tous les syndicats appellent à rejoindre le mouvement national.
Les personnels des urgences de l’hôpital Minjoz partagent ces revendications et en ajoutent d’autres : notamment, la réorganisation de ce service, demandée même par l’ARS, l’Agence Régionale de Santé, selon deux infirmières qui travaillent aux urgences, Hélène Dagat et Marie-Claire Roussel.
La situation générale présentée par Marc Paulin de Sud Santé est la suivante : « Davantage de patients arrivent aux urgences car la médecine de ville ne couvre plus les besoins et les soins y sont dispensés gratuitement. On a un effet entonnoir. Et un bouchon : les patients arrivent aux urgences en grand nombre et comme des lits ont été supprimés, on ne peut plus les disperser dans les services… »

Les ambulanciers aussi participent au mouvement. Eric Gibey, ambulancier, témoigne : « Notre fonction n’est pas suffisamment définie. On est considéré comme des personnels non-soignants juste comme des personnels techniques mais, comme il y a moins d’infirmiers, on nous sollicite pour pallier les manques et remplir des tâches de soignants… et on n’a pas le salaire qui va avec… »


Le compte n’est pas bon…

Selon la direction, 40 % des personnels des urgences suivent le mouvement.

Selon Sud Santé, 100 % des personnels du SMUR (Service Mobile d’Urgence et de réanimation) sont en grève… et peine à comptabiliser le nombre de grévistes au SAU (Service d’Accueil des Urgences) car le décompte se fait de manière bizarre...

Difficile de compter, en effet : les cadres doivent demander aux agents s’ils sont grévistes ou pas mais, de toute façon, ils sont réquisitionnés pour assurer le service. Donc, pas de panique, même si la grève est massivement suivie, les malades ne risquent rien.


A écouter : l’interview de Thibaud Binetruy, infirmier aux urgences depuis 4 ans. Il explique le malaise en général et pourquoi le service des urgences à Besançon est en manque d’effectif chronique.
 
Thibaud Binetruy, infirmier aux urgences du CHU de Besançon
Interview . Catherine Eme Ziri, JL Saintain.

 

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