Covid-19 À Besançon : La clinique Saint-Vincent en plein combat contre le Coronavirus

L’entree de la clinique Saint Vincent pendant l’épidémie / © Florence Petit France Televisions
L’entree de la clinique Saint Vincent pendant l’épidémie / © Florence Petit France Televisions

À Besançon, le CHU Minjoz accueille tous les malades du coronavirus et certains d’entre eux sont transférés à la clinique Saint-Vincent. L’établissement privé doit s’adapter et se réorganiser. Pour participer, lui aussi, à la lutte contre l’épidémie. Témoignages.

Par Catherine Eme-Ziri

Le docteur Pierre-Charles Henry est urologue à la clinique Saint Vincent. Son domaine, c’est le cancer de la prostate traité grâce à de toutes nouvelles technologies. Il a arrêté son activité non urgente. Ces dernières semaines, il s’est occupé de logistique ! Après avoir lancé un appel aux dons, juste avant le confinement, il a dû gérer des combinaisons, des masques, des surblouses ou encore des sur-chausses.
Il a distribué le matériel reçu à des Ehpad, à des hôpitaux ou encore auprès de médecins généralistes ou de cabinets d’infirmiers libéraux. Le but : protéger ces soignants.
Joint par téléphone le samedi 4 avril, il s’apprête à commencer une garde de 48 heures.

L’adaptation

La clinique Saint-Vincent a été transformée pour accueillir les malades du Coronavirus. Seuls deux services restent ouverts pour les urgences, la cardiologie et la cancérologie.
Le docteur Henry raconte qu’il est prêt à affronter cette épidémie : « Je ferai les gestes courants et je laisserai faire les spécialistes. On a des cardiologues et des pneumologues. Le problème avec cette maladie, c’est que l’état du patient peut se dégrader très vite, en quelques heures, qu’il soit jeune ou plus âgé. Il faut bien comprendre que si un patient subit une intubation, il doit rester dans un lit de réanimation pendant au moins trois semaines. C’est ça qui est difficile à gérer et c’est pour ça qu’on manque de lit. »
Son état d’esprit juste avant d’assurer sa première garde face a l’épidémie ? « Je ressens un peu de stress, d’appréhension, c’est normal. Ce n’est pas ma spécialité mais j’ai fait médecine pour soigner des gens. C’est mon job, j’y vais. On est toute une équipe et on va au combat. »

La réorganisation à tous les étages

Valerie Fakhoury est directrice générale de la clinique Saint Vincent de Besançon et 
également de la clinique Saint Pierre de Pontarlier qui appartiennent toutes les deux au même groupe, Ramsay Santé.
 Elle se souvient très bien que le « plan blanc » des hôpitaux et cliniques a été activé le 15 mars mais sinon, pour les dates, elle avoue : « Je ne me souviens plus vraiment quand on a accueilli les premiers patients malades. Depuis trois semaines, j’ai l’impression de passer tout mon temps à la clinique. Il a fallu tout réorganiser et ça nous a demandé du temps et de l’énergie. Par exemple, il a fallu organiser la distribution des repas pour tout le monde, malades et personnels, avec des flux entrants et sortants qui ne se croisent pas. »
 Le premier étage est réservé au service de réanimation. Actuellement, 8 lits sont installés, dont 7 déjà occupés, et mercredi prochain 8 lits supplémentaires seront opérationnels.
Sur les deuxième et troisième étages, 52 lits accueillent les malades atteints par le Covid-19. Certaines chambres, occupées actuellement par un seul patient, pourront en accueillir deux si besoin, ce qui portera la capacité d’accueil à 66 lits.
Au quatrième et dernière étage se trouvent les cadres qui gèrent cette nouvelle organisation.

La sécurité des malades

La directrice générale de la clinique est formelle : «  Bien évidemment, comme dans tous les établissements, nous avons dû faire face à des décès. Mais, tout le monde est mobilisé. Nous utilisons les compétences complémentaires des uns et des autres. Nous accueillons les malades en toute sécurité. Nous avons su tirer les leçons de l’expérience de Mulhouse. Un anesthésiste dort à la clinique toutes les nuits. Nous avons su faire monter en compétence les personnels. Les infirmières de bloc opératoire ont même suivi une formation accélérée de deux jours au service réanimation du CHU avec des experts. Les conditions de sécurisation sont maximales. »



La clinique Saint-Vincent avait suffisamment de respirateurs. En revanche, c’est la polyclinique de Franche-Comté qui lui a donné des pousse-seringues dont elle manquait.
Valérie Fakhoury se veut rassurante : « On a l’impression que le confinement fonctionne bien mais il faut rester prudent. »
Si son établissement est débordé, la polyclinique de Franche-Comté pourra, elle aussi, accueillir des malades. Elle est prête également.

 

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