Guerre en Ukraine : à la frontière en Pologne, le convoi citoyen de Besançon prend en charge de premiers réfugiés

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Écrit par Sophie Courageot avec Marion Russel, Eric Defief, Rémy Poirot en Pologne

Le convoi humanitaire et citoyen parti de Besançon avait à son bord, Daria une Ukrainienne résidant près de Besançon dans le Doubs. Lundi 7 mars, dans la nuit, en Pologne, elle a pu retrouver son amie et deux jeunes femmes qui vont se réfugier en France.

Dans la nuit froide. Les regards se cherchent. Et finissent par se trouver. Daria retrouve enfin son amie Natalia. Elle est accompagnée de sa fille Nadia et de sa nièce Katia. Les étreintes sont longues. Le soulagement présent. Les visages à la fois émus, mais tout sourire.

Ces trois femmes ont quitté le secteur de Kiev. Elles ont pris des bus jusqu’à Lviv, et terminé le voyage final à pied pour passer la frontière vers la Pologne. “On ne peut pas les laisser là-bas, il faut les mettre en sécurité” confiait Daria juste avant les retrouvailles.

Au centre d'accueil de Korczowa, des centaines de réfugiés ukrainiens patientent, de longues heures dans le calme. La jeune Katia nous livre ses premières impressions en anglais. “On est un peu fatiguées, mais je suis contente d’être en sécurité. Je me sens un peu triste, car j’ai dû quitter mon pays. Ça a été difficile. Mais maintenant je suis dans un endroit en sécurité. Je suis contente d’être ici” explique la jeune femme.

Daria installée en France va les ramener chez elle à Pelousey près de Besançon. Pour combien de temps ? On verra… le plus important est qu’elles soient là. Peut-être que dans quelques jours, tout sera fini. Elles pourront repartir chez elles si elles ont encore leur maison” ose espérer Daria. La jeune femme d’origine ukrainienne s’est engagée pour accompagner le convoi d’une vingtaine de véhicules parti dimanche 6 mars de Besançon à l’initiative du boulanger Stéphane Ravacley. Elle est bénévole, elle apporte son aide aussi comme traductrice, car elle parle l’ukrainien et le polonais.

Le convoi citoyen de Besançon distribué à la Croix-Rouge

À une vingtaine de kilomètres de la frontière avec l’Ukraine, les bénévoles de Besançon ont commencé à décharger leur cargaison. Plus de 200 m3 de nourriture (pâte, riz, lait pour bébé...), de produits d'hygiène (couches, serviettes hygiéniques...), de matériel médical (médicaments, bandes, pansements...), de couvertures et d'autres biens de première nécessité pour les victimes de la guerre vont être pris en charge par la Croix-Rouge. Cette dernière répartira l’aide ensuite vers l’Ukraine ou la Pologne pour les réfugiés.

Ce trésor humanitaire s'est constitué en quelques jours seulement grâce aux dons de milliers d'hommes, de femmes et d'entreprises qui ont répondu à l'appel du boulanger bisontin sur Facebook le 25 février, au lendemain de l'entrée des troupes russes en Ukraine.

2 millions de réfugiés auront quitté l’Ukraine

Le cap des deux millions de réfugiés provoqués par l'offensive militaire russe en Ukraine devrait être franchi "aujourd'hui" ou "demain", a estimé mardi 8 mars le Haut Commissaire de l'ONU aux réfugiés, Filippo Grandi.

Lundi, plus de 1,7 million de réfugiés ukrainiens avaient déjà été dénombrés, selon le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR).

Le convoi de Besançon devrait prendre en charge des réfugiés pour les ramener vers le Doubs d’ici la fin de semaine. Un voyage retour qui se veut aussi humanitaire.