Chaque année, ces oiseaux migratoires reviennent de leurs territoires d'hivernage pour se reproduire en Allemagne, en contournant le parc jurassien.

Depuis quelques semaines, les cigognes font leur grand retour en Franche-Comté. "Mes collègues, depuis le bureau de Besançon, ont vu passer plus de 2 500 cigognes dans la journée du 15 février", note Samuel Maas, ornithologue à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Franche-Comté.

Ces oiseaux migrateurs, qui vont passer l'hiver dans des territoires où les températures sont plus clémentes, empruntent pour la plupart un chemin particulier pour rentrer se reproduire. "Elles vont contouner le parc jurassien", explique Samuel Maas. "Les oiseaux rentrent par le sud, et suivent globalement l'axe Lons-le-Saunier, Besançon, Montbéliard, avant de sortir dans la trouée de Belfort pour aller en Alsace. Mais on en voit aussi sur la plaine de Pontarlier, sur le premier plateau du Jura, du Doubs." Certains ont déjà pu en observer à Thise, dans le Doubs, comme en témoignent ces photographies partagées sur le réseau social Facebook. 

Un pic de passage en février

La migration de la cigogne et son passage en Franche-Comté a lieu chaque année de mi-janvier à mi-avril, mais "dès février, il y a un pic de passage de quinze jours à trois semaines", explique le spécialiste. Si les lieux d'hivernage sont de moins en moins éloignés (certains oiseaux vont désormais en Camargue se réfugier, contre l'Afrique du Nord ou sub-saharienne il y a encore quelques années), les dates de migrations sont toujours situées à cette période.

Un oiseau qui se laisse porter

Les meilleures conditions de vol ? Le soleil ! L'oiseau se sert notamment des courants d'air chaud pour atteindre une certaine altitude dans le ciel et se laisser porter. "C'est un oiseau assez lourd, il faut qu'il économise de l'énergie. C'est un vol de fainéant", sourit Samuel Maas. 

Généralement, si les conditions météorologiques sont bonnes, les cigognes ne restent pas plus d'une nuit quelque part. Et pour cause, la plupart viennent de loin et ont encore de la route ! "80 à 90% des cigognes vont se reproduire en Allemagne", explique Samuel Maas. 

Plusieurs milliers d'individus chaque année

D'après l'ornithologue, "jusqu'à mi-avril, on va surtout en voir beaucoup et régulièrement dans les trois, quatre semaines qui arrivent, et à partir du 15 mars, cela va être beaucoup plus lâche." Chaque année, "on sait que plusieurs milliers de cigognes survolent la région lors des périodes migratoires", affirme la LPO.

Prudence toutefois si vous croisez un groupe ; l'association recommande de ne pas tenter de l'approcher. "Les oiseaux sont en pleine migration, le temps qu'ils passent au sol à se nourrir est important. Lorsqu'on descend de voiture, ils s'envolent, et les faire décoller est une dépense d'énergie trop importante."

Mieux vaut alors tenter de compter les individus observés, et contacter la LPO Franche Comté au 03 81 50 43 10. L'association pourra alors dépêcher un ornithologue, qui sera en mesure vérifier si les cigognes sont baguées et ainsi récolter des informations (âge, provenance...). 

Partager vos observations de cigognes

Si vous apercevez des cigognes, vous pouvez aider à leur comptage. Il suffit de saisir vos observations :

  • sur la base de données www.faune-france.org
  • utiliser l'application mobile "NaturaList" (Google Play & App Store)
  • contacter la LPO Bourgogne Franche-Comté sur son compte Facebook ou Instagram