Mort subite du nourrisson : 50% des décès pourraient être évités

350 bébés meurent chaque année dans les premiers mois de leur vie. / © Ale Ventura - maxPPP
350 bébés meurent chaque année dans les premiers mois de leur vie. / © Ale Ventura - maxPPP

Chaque année en France, entre 300 et 400 nourrissons décèdent brutalement.  Ce mercredi 18 septembre, le CHRU de Besançon, centre de référence pour la Franche-Comté organise une journée de prévention. Pour redonner de précieux conseils aux parents au moment de coucher leur bébé. 

Par Aude Sillans avec S.C

C’est devenu un enjeu de santé publique mais c’est avant tout un drame pour les parents qui le vivent.  "La mort inattendue du nourrisson est la première cause de décès des bébés entre un mois et un an" rappelle Christine Guillermet, pédiatre au CHRU de Besançon. 

Elle est souvent provoquée par des multiples facteurs, la vulnérabilité liée à l’âge ou à l’état de santé, et l’environnement de l’enfant. C’est sur ce dernier que les parents, grands-parents, et toutes les personnes en charge des nourrissons peuvent intervenir.


Respecter les consignes et ne rien dépenser


A Besançon à la sortie de la maternité et avant le retour à la maison, le personnel du CHRU  rappelle aux parents les consignes de prévention. Le nourrisson doit dormir sur le dos, dans un lit à barreau avec seulement sa gigoteuse. On met dehors les doudous, tours de lits et on n'achète aucun article ou accessoire souvent présentés comme indispensables par les magasins spécialisés.
 
Mort subite du nourrisson : les conseils si vous êtes parents
1500 décès par an en 1980 et encore environ 350 chaque année, la mort inattendue du nourrisson est un enjeu de santé publique. Elle se manifeste chez des enfants à priori en bonne santé, généralement pendant leur sommeil. Les causes sont multiples mais dans 1 cas sur 2 les consignes de couchages ne sont pas respectées. Reportage J.Lidolf, E.Debief avec Docteur Clémence Mougey Chru Besançon Lucile et Florian Larue


Les six premiers mois, il est même conseillé de faire dormir bébé dans la chambre des parents, mais attention,  surtout pas dans le même lit, il risquerait l’étouffement.


8 conseils pour prévenir la mort inattendue du nourrisson

  • Coucher votre bébé sur le dos dans une gigoteuse
  • Pas de doudou
  • Pas de tour de lit
  • Pas de bonnet
  • Pas de couvertures
  • Pas d'objets dans le lit
  • Ne pas surchauffer la chambre
  • Jusqu'à l'âge de 6 mois, le lit du bébé est dans la chambre des parents


Il n'y a pas une cause dans la mort subite d'un enfant. "La mort inattendue du nourrisson, c'est un ensemble d'éléments qui a un moment de grande vulnérabilité de l'enfant peut précipiter le bébé vers une apnée fatale" ajoute Christine Guillermet. "Certains bébés sont plus vulnérables que d'autres. La mort inattendue touche surtout des petits de 2 à 4 mois, des garçons, des prématurés, des bébés de petit poids" explique le pédiatre. 

"On n'arrivera pas à zéro mort inattendue car il y a d'autres causes comme les infections, les problèmes cardiaques ou métaboliques, et il y a des morts qui restent inexpliquées" lance le médecin. 

 
Christine Guillermet est pédiatre au CHRU de Besançon.
Christine Guillermet est pédiatre au CHRU de Besançon.


Une journée pour en parler


Avis aux parents et à tous ceux qui s’occupent de nourrissons, le CHRU de Besançon  organise ce mercredi 18 septembre des ateliers, des animations, une exposition pour prévenir ces drames. C’est de 10h à 17h dans le grand hall de l’hôpital Minjoz. Cette journée s’inscrit dans la semaine nationale de prévention de la mort inattendue du nourrisson, il sera également abordé la question des voyages avec bébé.






 

Mort inattendue d'un nourrisson : comment sont pris en charge les parents ?

A Besançon, centre de référence pour la mort inattendue du nourrisson, les médecins travaillent avec l'association Naître et Vivre.

  • Les centres de référence suivent les parents après le décès de l’enfant et les accompagnent lors des grossesses suivantes.
  • L’accueil du bébé y est alors organisé avec le souci de la sécurité médicale et de l’aide psychologique aux parents.
  • Les équipes des centres de référence comptent en général une psychologue ou psychanalyste dont le rôle est d’aider les parents, et parfois les frères et sœurs, à surmonter l’épreuve du décès.

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