"Nous, on veut continuer à danser encore", chantent des intermittents du spectacle réunis place Pasteur à Besançon

Des professionnels de la culture se sont retrouvés ce samedi 20 mars 2021 place Pasteur, centre historique de Besançon (Doubs), pour un instant de danse et de chant alors que les lieux culturels sont fermés en France depuis le 30 octobre 2020. La maire de la ville Anne Vignot s’est jointe à eux.

La maire de Besançon, Anne Vignot, s'est rendue sur place ce samedi 20 mars 2021.
La maire de Besançon, Anne Vignot, s'est rendue sur place ce samedi 20 mars 2021. © Adrien Gavazzi - France Télévisions

"Nous, on veut continuer à danser encore... Chanter encore!", clame la quinzaine d’intermittents du spectacle réunis ce samedi 20 mars, place Pasteur dans le centre-ville de Besançon (Doubs). Privés de scène de spectacle depuis le 30 octobre 2020 et sans aucune perspective de réouverture des lieux culturels, les artistes se sont rassemblés aux alentours de midi et ont offert un spectacle à ciel ouvert. La maire de Besançon, Anne Vignot, s’est rendue sur place et s’est jointe à eux.

Un moment de légèreté, en ce premier jour de printemps, malgré un message lourd : les intermittents ont repris la chanson "Danser encore", de l’artiste roubaisien HK. Mise en ligne en décembre 2020, elle fait écho aux annonces du gouvernement qui reportaient la réouverture des lieux culturels à une date indéterminée, dans le cadre des mesures sanitaires liées à la Covid-19. Trois mois après, la situation est la même : les lieux culturels sont fermés et une date pour rouvrir n'a toujours pas été annoncée.

Le centre dramatique national occupé

En parallèle, à Besançon, depuis 10 jours, le centre dramatique national est occupé en continu par des intermittents du spectacle et des étudiants, mobilisés pour faire entendre leur voix. "On a le sentiment de ne pas être écouté", souffle Adèle, étudiante en régie du spectacle, vendredi 19 mars au théâtre de Besançon. Et alors que le 11 mars dernier, la ministre de la culture Roselyne Bachelot a assuré 20 millions d’euros supplémentaires d’aide au secteur, cela ne semble pas convenir. "On ne sait pas où ils vont, réagit Adèle. Ce n’est pas notre principale revendication. Nous, c’est le prolongement de l’année blanche que nous demandons." 

Depuis le premier confinement et avec les fermetures des lieux culturels, de mars à juin 2020 puis à nouveau en octobre jusqu’à aujourd’hui, les intermittents du spectacle bénéficient d’une année blanche, c’est-à-dire d’une prise en charge des indemnités chômage jusqu’au 31 août 2021. Mais, pour l’heure, ils ne savent pas si cette mesure sera poursuivie alors même qu’aucune date de reprise de l’activité culturelle n’est connue. Alors, depuis 10 jours, le centre dramatique ne désemplit pas.

Tout se passe très bien. On a des restaurateurs du milieu qui nous soutiennent, donc on a à manger assez facilement. Et les roulements se passent très bien. Nous, on va rester là tant qu’on n’a pas notre année blanche.

Jules, régisseur son

Mobilisation à la Cité des Arts

La mobilisation des "acteur.trices culturel.le.s du territoire de Franche-Comté et membres de la coordination des Intermittent.e.s et Précaires" se poursuit dimanche 21 mars, est-il annoncé dans un communiqué. Un rassemblement est prévu dès 11 heures sur l’esplanade de la Cité des Arts de Besançon avec pour revendications principales : le renouvellement de l’année blanche pour les intermittents du spectacle, le soutient de l’activité des "artistes technicien.ne.s, auteur.trice.s, plasticien.ne.s (…) toutes disciplines et statuts confondus" et la mise en place d’un "accompagnement prioritaire et urgent de la jeunesse en formation et de la nouvelle génération" et la "réouverture la plus rapide possible de nos lieux au public sur la base d’un protocole de reprise d’activité graduée".

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